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Au Liban, l’action de formation mise en oeuvre par l’association Cités est basée sur l’idée que la réconciliation et la reconstruction nationales naitront d’un travail en réseau

Bérengère CORNET

03 / 1994

Au Liban, l’individualisme a d’abord un caractère culturel. Il serait lié à une certaine tradition commerciale laissée aux Libanais par leurs ancêtres Phéniciens. Il se traduit par une certaine tendance à la sectorisation, au repli sur soi.

Le développement national ne conduit pas toujours au renforcement de la communication. Les institutions n’échangent quasiment pas entre elles, ce qui est paradoxal lorsque l’on considère la petite taille du territoire sur lequel elles sont implantées. Les structures évoluent parallèlement, sans aucune transversalité, chacun travaillant à sa propre réussite.

Les 17 années de guerre civile, qui se sont traduites par des tensions inter-communautaires et individuelles extrêmes, n’ont fait que renforcer cet état de fait.

Le projet mis en oeuvre par les CITES, auquel le CCFD apporte son soutien financier, va à l’encontre de cette tendance. Il est pourtant né en 1988, c’est à dire en pleine période de guerre. A travers un programme de formation à la fois pédagogique et technique d’enseignants, il s’agit de préparer les personnes à participer à la reconstruction de leur pays. L’objectif est de travailler pour l’ensemble du Liban, pour toutes les « cités », pour toutes les communautés.

La méthode proposée est celle du travail en réseau qui entend substituer à l’approche institutionnelle et individualiste traditionnelle, la mise en commun d’expériences, de méthodes et de réflexions. Pendant les conflits, les enseignants ne pouvaient pas sortir de leur région; tout était cloisonné. Avec le projet, ils sont amenés à se déplacer pour participer à des réunions d’échanges avec d’autres.

L’objectif est de pousser chacun à sortir des retranchements à la fois physiques, psychologiques et idéologiques dans lesquels il s’est replié. Il s’agit dans un premier temps d’inviter le professeur à sortir de sa classe pour participer à une table-ronde, l’obligeant à prendre l’habitude d’écouter, de dialoguer, d’animer. Il s’agit ensuite de le pousser à sortir de son établissement pour échanger avec d’autres enseignants de la même discipline, ce qui implique des échanges inter-régionaux et inter-communautaires. L’objectif final est de permettre à l’enseignant d’appréhender son statut comme celui d’un véritable acteur de développement, plus seulement préoccupé par sa propre réussite.

L’objectif est de passer d’une conception individuelle à une conception « groupale » autour d’un projet mobilisateur et unificateur: la reconstruction nationale. On peut également penser que cette action en direction des enseignants aura une influence directe sur la formation et la socialisation des élèves qui n’ont, pour la plupart, connu que la guerre.

Avec la fin des combats, ces échanges se multiplient d’autant plus naturellement que le processus a été amorcé depuis plusieurs années déjà et dans un contexte autrement plus difficile.

Le projet de formation des CITES, parce qu’il favorise la consolidation de la société civile libanaise affaiblie par 17 ans de guerre civile, contribue du même coup à la réconciliation et à la reconstruction nationales.

CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) - 4 rue Jean Lantier, 75001 Paris, FRANCE - Tel 44 82 80 00 - Fax 01 44 82 81 43 - France - www.ccfd.asso.fr - webmaster (@) ccfd.asso.fr

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