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L’accès des jeunes au logement de droit commun

Le comité local pour le logement autonome des jeunes de Lyon - Rhône, France

Luc BRONNER

06 / 1997

Dans les premier et neuvième arrondissements de Lyon, les réflexions conduites par des travailleurs sociaux dans le cadre du développement social urbain avaient mis en relief les besoins des jeunes en matière de logement. L’accès à un logement autonome pour les 18-30 ans est parsemé de difficultés. Les obstacles sont difficilement surmontables pour ceux qui choisissent ou qui se trouvent dans l’obligation de quitter le domicile familial. Les parcours résidentiels qu’entament les jeunes sont caractérisés par l’importance des formules d’habitat adapté, de type logement collectif ou <logements intermédiaires>(sous-location, bail glissant...). Comment soutenir ces jeunes dans leur démarche de recherche d’un logement autonome ? c’est l’objectif des comités locaux pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ premier et neuvième créés respectivement en 1991 et 1992.

Le partenariat, fondement de la dynamique CLLAJ.

Depuis leur création, les CLLAJ ont développé un ensemble de dispositifs uvrant à l’accès au logement des jeunes. En prenant pour exemple le CLLAJ premier, on peut relever trois angles d’interventions complémentaires.

Dispositif de réservation de logements pour les 18-30 ans auprès des propriétaires privés

Lorsque les difficultés d’accès au logement ne sont pas liées à un quelconque facteur <rationnel>(chômage...)ou, au contraire, lorsque la situation est extrême, seul un système particulièrement incitatif est opérant. Le parc privé lyonnais comporte encore un nombre important de logements dont le loyer peu élevé rend possible le logement de personnes à faible ressources, à condition toutefois de convaincre le propriétaire de louer son bien. C’est à cette tâche que s’est attelé le CLLAJ premier, en instaurant un système de réservation de logements. Il alloue au propriétaire une aide financière pour que celui-ci s’engage, sur trois ans, à louer son bien à un jeune. Cette aide, plafonnée à 15 000 francs, doit être utilisée selon des modalités définies dans le contrat. En complément, le CLLAJ s’engage à assurer un suivi des jeunes locataires, ce qui constitue un argument essentiel pour convaincre le propriétaire de louer son bien. Quant aux jeunes, ils participent activement à cette démarche puisqu’ils sont souvent à l’origine du contact avec le bailleur.

Les jeunes sont reçus au cours de permanences animées par un binôme : une salariée du CLLAJ et un partenaire d’une structure d’insertion (mission locale...)établissent une évaluation complète de sa situation, l’informernt et l’orientent.

Dispositif de logements temporaires

Dès la création du CLLAJ, des logements temporaires ont été utilisés pour trouver les réponses adaptées. Dans la plupart des cas, ils représentent une solution d’attente ou de transition avant le relogement dans un habitat autonome et sont une première étape de l’apprentissage de la vie en autonomie. Ils sont gérés par une association partenaire pour que le CLLAJ puisse se concentrer sur sa fonction d’accompagnement et d’accès au logement. L’occupant du logement bénéficie, quel que soit son statut, de l’Allocation logement temporaire, versée par la Caisse d’allocations familiales.

Atelier collectif de recherche de logement

L’expérience accumulée par le CLLAJ pendant ses premières années de fonctionnement a mis en évidence la nécessité de rendre les jeunes acteurs de leur recherche. Avec un objectif double: les accompagner sans les assister et créer une dynamique à partir de leur demande. C’est pourquoi, le CLLAJ a décidé de constituer un atelier de recherche de logement, destiné à des jeunes disposant de ressources relativement stables, bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI)ou appuyés sur un garant privé, voire seulement en attente d’un soutien, d’une remotivation ou de discussions en groupe pour rompre leur solitude. Là encore, le dispositif s’inscrit dans une logique partenariale, puisque plusieurs associations ou institutions (CCAS, bailleur privé...)participent. Cet atelier hebdomadaire est animé par une équipe de trois personnes qui apportent aux participants des conseils dans leur recherche (travail sur la présentation, droits et devoirs des locataires...).

Le CLLAJ Premier a prouvé son efficacité et sa capacité à conduire une réflexion et des actions en faveur des jeunes.

õ Le système de réservation de logements auprès de propriétaires privés s’est révélé efficace pour les jeunes les plus en difficulté qui trouvaient là une solution à leur difficulté. Réussite due sans doute à la forte implication des jeunes et des propriétaires. Ainsi, en 1994, le CLLAJ a réservé 18 logements, dont trois à titre transitoire, qui ont bénéficié à 24 ménages jusque-là en situation de précarité.

õ Quant aux 22 logements transitoires mobilisés par le CLLAJ premier, ils ont accueilli 25 jeunes en très grande difficulté. La moyenne d’occupation -six mois- témoigne de l’importance des obstacles rencontrés pour reloger les jeunes concernés. Car le profil des jeunes demandeurs a évolué rapidement, les personnes accueillies souffrant de situations toujours plus problématiques. Souvent bénéficiaires du RMI (40 % d’entre eux), titulaires de l’Allocation parent isolé (16 %)ou en emploi précaire (16 %), ils n’ont que très rarement eu l’usage préalable d’un habitat autonome (16 % seulement). L’intervention de l’association est relativement efficace dans la mesure où 30 % des jeunes ont pu être relogés.

L’atelier de recherche de logement a réuni 94 jeunes ménages en 1996, qui ont participé en moyenne à trois séances. Une cinquantaine ont trouvé un logement, notamment des jeunes en très grande difficulté qui ont vécu cette expérience comme un succès personnel valorisant.

Key words

housing, young person, access to housing


, France, Rhône-Alpes, Lyon

Comments

Le bilan des actions conduites depuis 1992 est positif, mais ne concerne qu’une partie de la ville de Lyon. D’où l’élargissement du périmètre d’intervention à l’ensemble de la commune avec le "CLLAJ neuvième". Les deux structures ont fusionné pour fonder une structure unique sur Lyon, alors que les moyens matériels et humains ont été regroupés et les moyens financiers augmentés. L’objectif du nouveau CLLAJ reste sensiblement identique.

Notes

Contact : Valérie CALMELS, CLLAJLyon, 53, Montée de la grande côte, 69 001 Lyon.Tél. : 04.72.07.87.17

Entretien avec CALMELS, Valérie

Source

Interview

(France)

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