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Des technologies alternatives en appui à l’agriculture paysanne au Brésil : présentation du Projet Technologies Alternatives

Pierre Yves GUIHENEUF

07 / 1996

Le Projet Technologies Alternatives (PTA)a été créé en 1983 pour répondre aux besoins de techniciens agricoles et d’organismes d’appui au service des organisations paysannes. Le PTA est un réseau d’ONG qui vise à rechercher et diffuser des connaissances techniques adaptées aux conditions économiques, sociales et culturelles des petits producteurs agricoles. Il part d’une analyse critique des modèles de développement de l’agriculture brésilienne, soumis aux intérêts des entreprises capitalistes et des gros producteurs. Le PTA manifeste le souci d’une intégration politique avec les organisations populaires rurales et juge que ses efforts doivent contribuer à renforcer leurs organisations et leurs luttes. Il rejette du même coup la notion de neutralité (ou d’universalité)de la technique et estime au contraire que, pour s’adapter aux nécessité des petits producteurs, il est nécessaire de concevoir une nouvelle technologie. Comment ? En confrontant le savoir empirique des producteurs et le savoir scientifique des techniciens et des chercheurs.

Eduardo Ribeiro, du Centre de technologies alternatives de Montes Claros, résume les principes de son action, qui sont ceux du PTA dans son ensemble : reconnaître le savoir paysan en établissant entre producteurs et techniciens une relation réciproque d’échanges et de solidarité ; mettre en valeur les ressources naturelles en privilégiant les techniques à coûts réduits adaptées aux écosystèmes locaux et aux résultats productifs élevés ; promouvoir une conception globale de l’appui technique, prenant en compte non seulement la production mais aussi le crédit, la commercialisation, la recherche et plus généralement l’organisation des producteurs et leur relation au monde extérieur.

Dans le cadre des activités de ses membres, le PTA s’est intéressé à de nombreux aspects des questions techniques et présente ici certaines réflexions et expériences concrètes : constitution de réseaux d’échange pour faire circuler l’information sur les expériences paysannes, organisation de rencontres, activités de formation et notamment pratiques d’encouragement à la déduction pour mieux faire comprendre les principes de l’agriculture alternative, communication entre techniciens et paysans, etc.

Silvio Gomez de Almeida observe que la confrontation entre le savoir technique (des techniciens)et le savoir populaire (des paysans)est difficile : dans les activités de formation des producteurs, peu de place est faite à leurs savoirs, le technicien étant toujours dans une position centrale y compris quand la méthode est très participative. Des expériences visant à dépasser cette difficulté ont été tentées : par exemple, des techniciens ont été envoyés en formation dans des villages où ils ont essayé de repérer les problèmes et les solutions trouvées par les paysans. Il est envisagé par plusieurs organisations du PTA de former des paysans "retransmetteurs", qui pourraient diffuser des informations et stimuler les expérimentations en milieu paysan.

Le CTA d’Ouricouri a entamé un travail de repérage et d’analyse des innovations proposées aux paysans. Il estime qu’introduire un changement technique ne se résume pas à mettre au point un mode d’emploi, car l’innovation est aussi un choix culturel, un calcul économique et une pièce qui doit s’intégrer dans le puzzle complexe que représente le système de production. La validité d’une technique évaluée dans un centre d’expérimentation ne suffit donc pas à en juger a priori l’intérêt pour les producteurs. Il recommande que les travaux de recherche soient menés en milieu réel grâce à des expérimentations conduites par les paysans eux-mêmes. Cette recherche participative a été expérimentée en apiculture avec des résultats intéressants, non seulement du point de vue des techniques mises au point, mais aussi du point de vue de la formation des producteurs (capacité à observer, chercher, etc.).

Key words

agriculture, countryman farming, farmer, traditional techniques upgrading, farming technique, countryman knowledge


, Brazil

Comments

Le projet du PTA est à la fois de "faire émerger" les savoirs des paysans et de "faire passer" auprès d’eux une certaine conception de la "bonne" technologie. Cette apparente contradiction est-elle stérilisante ou au contraire dynamisante ? Les échanges entre paysans et techniciens montrent déjà que la chose n’est pas simple. La diversité des membres du réseau peut expliquer en partie certaines différences d’approche sur ce point, auxquelles viennent se rajouter des divergences quant au lien entre technique et politique (la technique est-elle une façon d’éluder les questionnements politiques ? Permet-elle au contraire de les faire émerger ? Permet-elle de poser les bases d’un nouveau modèle traduisible par des propositions politiques ? ). Ce dossier n’épuise certainement pas toute la richesse de l’activité du PTA.

Source

Book

PRADY, Geneviève, SAUTIER, Denis, ASPTA=ASSESSORIA E SERVICIOS A PROJETOS EM AGRICULTURA ALTERNATIVA, Des technologies alternatives en appui à l'agriculture paysanne au Brésil, FPH in. Document de travail, 1992 (France), n° 25

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