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dialogues, proposals, stories for global citizenship

Faut-il boycotter le tourisme en Birmanie ?

Dora VALAYER

01 / 1997

C’est la question posée par plusieurs organismes suite à l’ouverture de l’"Année du Tourisme" décrétée par la junte militaire de Rangoon. Le SLORC (State Law and Order Restoration Council)de Myanmar (nom par lequel la junte a remplacé celui, traditionnel, de Birmanie)a décrété 1996 "Année du Tourisme". Après de longues années où l’accès à ce pays était strictement limité, la règlementation des visas a été libéralisée, et de nombreux travaux ont été entrepris pour l’accueil des touristes. Par ailleurs, le SLORC a multiplié les relations économiques avec l’étranger, et, en libérant en juillet 1995 Mme Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix et grande figure de la résistance birmane, assignée à résidence depuis 6 ans, il a voulu donner l’image d’un commencement de démocratisation. Toutefois le régime militaire reste très actif, le souvenir des journées sanglantes de répression de la révolte étudiante en 1988 est loin d’être effacé, et la surveillance armée reste intense vis-à-vis des noyaux de résistance (celle des "étudiants" plus particulièrement dans le sud du pays, celle des "minorités ethniques dans le nord).

Les informations ne manquent pas dans la presse internationale pour décrire les conditions dans lesquelles se font, au mépris des droits de l’homme, les aménagements en vue de l’accueil des touristes. Pour dégager les abords des lieux touristiques, des villages entiers ont été rasés et la population déplacée souvent à de grandes distances. Pour mener à bien les travaux de terrassement nécessaires aux réseaux routier et ferroviaire, hommes et femmes de tous âges, et aussi des enfants sont soumis à des travaux obligatoires non rémunérés. Ils doivent pourvoir à leur propre nourriture et fournir leurs propres instruments de travail. Si le chantier est trop éloigné, ils dorment sur place dans des conditions sanitaires précaires qui ont entrainé des épidémies, et les prisonniers (souvent prisonniers d’opinion)travaillent sur les chantiers fers aux pieds.

Cependant, de nombreuses agences de voyages ont inscrit la Birmanie dans leurs programmes destinés aux touristes.

Dans ces conditions, un certain nombre d’organismes posent clairement la question d’un boycott de la Birmanie comme lieu de destination touristique, s’appuyant sur une déclaration de Mme Aung San Suu Kyi qui a elle-même demandé aux compagnies étrangères de surseoir à leurs investissements tant que les proclamations de démocratisation faites par le SLORC n’ont pas été suivies d’un commencement d’effet. L’invitation au boycott figure dans un tract dont le titre est : "Birmanie : Vacances sur fond d’esclavage ? Il est signé par les 7 organisations suisses suivantes : Association Suisse-Birmanie, Swissaid, Tourisme et Développement (Bâle), Pain pour le Prochain (Berne)Gesellschaft für bedrohte Völker (Berne), Fraueninformationszentrum Dritte Welt (Zürich), Arbeitsgemeindschaft gegen Kinderprostitution.

Key words

dictatorship, human rights, people's rights, solidarity


, Myanmar

Comments

Il y a une vingtaine d’années, aux heures noires de l’apartheid, une vaste campagne de boycott de l’Afrique du Sud avait été lancée dans différents pays. L’opinion publique avait alors été sensibilisée par la campagne "Anti-Outspan" de boycott des oranges sud-africaines. La question du boycott est délicate : est-on sûr de son efficacité ? La population n’en souffrira-t-elle pas la première ? Elle présente sans aucun doute l’intérêt d’attirer l’attention de l’opinion publique sur une situation d’injustice. En ce qui concerne la Birmanie, les birmans membres de l’opposition sont satisfaits de cette campagne, mais ils soulignent que la Birmanie a aussi besoin de "témoins", de personnes qui visitent le pays avec un réel souci de dialogue avec les populations locales et d’information sur leurs conditions de vie. Il semble donc plutôt opportun d’encourager le boycott des grkndes compagnies de tourisme qui ont signé des contrats avec le SLORC pour pouvoir investir à une grande échelle, mais de ne pas l’étendre aux petites agences de voyages associatives qui utilisent les pensions de famille et les transports locaux et manifestent le souci de mettre leurs clients en relation avec la population pour un dialogue et une connaissance de la réalité birmane. La brochure "<Burma : The alternative guide>", qui sera sous peu traduit en français, porte des "recommendations" aux touristes pour un comportement "responsable". avant, pendant et après leur voyage.

Notes

Cette fiche a été établie à partir de nombreux documents dont le bulletin d’information Info-Birmanie édité par Agir Ici (14 Passage Dubail - Paris 75010), des informations parues dans le Monde (14 février 1995, 12 mars, 21/22 mai, 12 et 29 juillet 1995), la revue In Focus (Tourism Concern Southlands College - Wimbledon Parkside London SW 19 5NN), la brochure Burma The alternative Guide Burma Action Group Collins Studios Collins Yard, Islington Green, London 2XU et un entretien avec un membre de l’opposition birmane.

Source

Articles and files ; Original text ; Internal document

AGIR ICI in. Info-Birmanie, 1995/11 (France); Notre information est complétée par un dossier établi sur la situation en Birmanie et comportant des coupures de presse et des notes. Nous nous sommes aussi entretenus avec un réfugié politique birman.

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