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Les marchés de consommation familiale au Venezuela

Trait d’union entre le rural et l’urbain

Hélène HOLLARD

05 / 1998

Les ferias, ou marchés de consommation familiale, existe depuis une quinzaine d’années dans la province nord ouest du Venezuela. Issues du mouvement coopératif, elles sont une réponse à la crise économique que connaît le pays dans le contexte de l’après-rente pétrolière. Les clients, principalement d’origine modeste, peuvent y acheter des produits alimentaires à des prix assez bas.

Le programme feria a commencé entre une coopérative de Barquisimeto (1 million d’habitants)et une coopérative de maraîchers de la région. Aujourd’hui ce sont une vingtaine de ferias qui fonctionnent, représentant environ mille producteurs et approvisionnant soixante mille familles.

L’originalité de ce mouvement est d’articuler des organisations de producteurs agricoles et des mouvements de consommation urbains (90 % des habitants sont des urbains). Les ferias parviennent à proposer des prix intéressants en contournant les intermédiaires.

Améliorer le revenu du producteur et l’alimentation du citadin

Les intentions des organisateurs des ferias se résument en trois points :

-l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs. Ils proposent une alternative aux pratiques des intermédiaires qui prennent une part considérable des marges et vont jusqu’à refuser d’acheter pendant un certain temps pour faire monter les prix aux consommateurs ; certains producteurs peuvent perdre ainsi jusqu’à 40 % de leur production. Ce système ne permet pas de revenus décents et empêche l’accès au crédit ;

-l’amélioration de la consommation alimentaire des populations urbaines : réduction des coûts et accroissement de la diversité de l’alimentation ;

-la viabilité des petites exploitations agricoles : consolidation des organisations coopératives et amélioration de la maîtrise des facteurs de production.

Le fonctionnement des marchés

Le fonctionnement des marchés est simplifié au maximum. Un prix unique des fruits et légumes frais au kilo est fixé dans chaque feria pour le consommateur, qui est une moyenne pondérée des prix payés aux producteurs pour les différents produits, sur la base de leur prix de revient et d’une certaine marge bénéficiaire. Il existe des ferias de toutes tailles avec un volume moyen de cinq cent tonnes par semaine.

Le programme feria est constitué par l’ensemble des groupes qui le forme sans qu’il existe de structure administrative. Ce type de fonctionnement, non hiérarchique et basé sur les besoins communs, est très efficace et renforce la participation active de tous.

Ce fonctionnement a plusieurs caractéristiques :

-des réunions ouvertes à tous : producteurs, consommateurs et travailleurs des ferias. C’est lors de ces réunions que se fixent les prix, que sont prises les décisions, que s’effectuent leur suivi, que s’évaluent les difficultés et les avancées, que se règlent les problèmes (par exemple par une exclusion)et que se diffuse l’information. Les décisions sont prises en consensus, ce qui renforce l’adhésion de tous et désamorce les conflits. C’est également un lieu de formation continue (alphabétisation, technique...)et d’échanges d’expériences...

-des mécanismes visant à éviter les principaux problèmes de la société : la relation inégale, le vol, la corruption et la prise de pouvoir par une personne ou un groupe de personnes. Pour cela, l’accent a été mis sur la transparence du fonctionnement et des prises de décisions, sur la décentralisation, sur la rotation des responsabilités afin d’éviter toute spécialisation rendant une personne indispensable, sur des évaluations fréquentes et régulières entre tous. Tout ceci assure la pérennité de ces marchés.

Les services des marchés se diversifient

D’autres activités sont créées au fur et à mesure des besoins :

-accès au financement pour les producteurs à partir de ressources alimentées par les ferias et gérées lors d’une réunion mensuelle où sont fixés les taux d’intérêts ;

-formation et assistance technique : échanges entre groupes de producteurs puis avec des membres de coopératives françaises suivi de l’engagement de techniciens ;

-transformation des produits agricoles : elle est assurée par des agriculteurs ou des artisans ; des groupes urbains ou ruraux ont créé des ateliers de fabrication, par exemple les pâtes alimentaires, le pain...

-production biologique : des résultats catastrophiques liés à une agriculture moderne, que ce soit pour le sol, l’eau, la santé des producteurs et de la population rurale et urbaine ont amené les ferias à une réflexion sur un mode production moins dangereux, plus durable et plus économique. Cette réflexion est suivie d’actions d’information, de production, d’expérimentation et un projet de compostage des déchets organiques des marchés a vu le jour ;  - manutention des produits : vu les problèmes de qualité et de pertes au transport et sur les marchés, des efforts ont été faits pour l’emballage et les contrôles de qualité de la récolte à la vente ;

-les centres de collecte : les producteurs y amènent leur marchandises et y achètent des produits transformés pour achalander les épiceries rurales qu’ils organisent.

Key words

fair trade, local market, agriculture and feeding, innovation, fight against poverty, cooperative system, self management, local development


, South America, Venezuela

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Pour un commerce équitable : expériences et propositions pour un renouvellement des pratiques commerciales entre les pays du Nord et ceux du Sud

Comments

Le producteur n’est plus vu comme celui qui veut vendre son produit le plus cher possible, ni le consommateur comme celui qui va essayer de le payer le moins possible, mais les deux sont partenaires, compagnons de travail. Cette organisation est en perpétuel recherche d’équilibre, en effet leur désir d’ouverture vers l’extérieur nuit à la bonne gestion par les personnes concernées. Une démocratie participative qui peut faire pâlir d’envie nos démocraties ! Une expérience qui nous montre que la solidarité peut être un moteur efficace de l’activité économique.

Source

Original text

TerreFerme, Chemin neuf, 30260 Corconne, France. Tél. (33)04 66 77 13 11. Fax : (33)04 66 77 12 06.

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