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Un arbre indien permet le traitement des déchets nucléaires

Mohamed Larbi BOUGUERRA

12 / 1993

Un produit d’origine végétale - tiré des graines d’un arbre originaire des forêts de l’Andhra Pradesh dont le nom scientifique est Strychnos potatorum-est capable de débarrasser les déchets nucléaires de toutes traces d’uranium ainsi que d’autres isotopes radioactifs à longue période. Ce produit a été identifié grâce à des chercheurs indiens appliquant les techniques de la biologie moderne à une méthode traditionnelle de purification de l’eau sale. On pense qu’il est en mesure aussi d’éliminer le mercure, le cadmium et d’autres métaux toxiques des effluents industriels. Des applications potentielles dans l’extraction minière sont aussi possibles car le produit se lie à des métaux tels l’or, l’argent, le cobalt, le nickel et le cuivre. La plante ne se rencontre en fait qu’en Inde, au Sri Lanka et en Birmanie. Pourtant, depuis des siècles, les tribus des forêts de l’état indien de l’Andhra Pradesh étaient familières de cette précieuse propriété des graines dont la poudre transformait en eau claire et potable l’eau boueuse des puits et des torrents. Cette pratique est encore courante. Les graines provoquent la précipitation des fines particules suspendues en masses compactes au fond des récipients. Une coopérative de l’état a recruté des spécialistes pour l’étude systématique de cette graine. C’est ainsi qu’après deux années de recherche a été isolé le biofloculant dont une molécule est capable de se lier à 20 voire 25 molécules de métal. On pense que certaines protéines sont présentes et ce sont elles qui confèrent cette propriété de floculation élevée. Ces protéines sont uniques, affirme un biochimiste de l’Université de Washington à Seattle aux E.U. On envisage, à l’heure actuelle, d’isoler le gène responsable de cette propriété afin de produire ces protéines par la biotechnologie. L’affinité du produit est très élevée vis-à-vis de l’uranium d’où l’intérêt de l’Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne pour la plante. Celle-ci va autoriser la fabrication d’acier sans cobalt. Irradié, ce dernier rend radioactif les produits sidérurgiques et on ne sait pas s’en débarrasser. L’affinité du biofloculant pour le cobalt permet tous les espoirs.

Key words

traditional knowledge enhancement, drinking water, biodiversity


, India, Sri Lanka, Myanmar, Andhra Pradesh

Comments

Les produits biochimiques capables de se lier aux métaux ne sont pas une nouveauté. On en a décrit certains dans les fiches du Réseau de Tunis. Néanmoins, c’est la première fois qu’une substance biologique d’origine végétale capable de se lier à autant de métaux est décrite. Au delà de l’usage dans le traitement des produits radioactifs- aussi important soit-il- les perspectives pour procurer de l’eau potable dans le Sud sont très utiles quand on pense que deux milliards d’êtres humains n’ont pas accès à cette source de vie et que les maladies hydriques- transmises par l’eau- telles le choléra, la fièvre typhoïde, l’hépatite virale-causent d’effroyables dégâts du Pérou à l’Egypte et de l’Algérie au Bangladesh. Reste à savoir si une eau rendue claire par la grâce de Strychnos potatorum est bactériologiquement et virologiquement saine.

Source

Articles and files

JAYARAMAN, K.S., Macmillan Magazines Ltd in. NATURE, 1993/10/28 (ROYAUME UNI), 6649

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