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Des noix de palme pour vaincre la pauvreté

Mohamed Larbi BOUGUERRA

01 / 1994

Une modeste noix de palme peut-elle améliorer la vie des populations indigènes, laisser de substantiels bénéfices aux détaillants et aux industriels, donner bonne conscience aux consommateurs aisés et contribuer à la préservation de la forêt tropicale humide? Il semble bien que oui même si tout n’est pas rose.C’est en tout cas le sentiment de l’organisation basée à Washington et appelée "Conservation International"(CI). Celle-ci s’est fixée depuis trois ans comme but de faire revivre le marché de la tagua qui est la graine des palmiers de la forêt tropicale humide Phytelepas equatorialis et P. macrocarpa. Séchée, la graine blanche est dure et a l’aspect de l’ivoire. Avant l’avènement des matières plastiques, les exportations de tagua de l’Equateur, de Colombie et de Panama étaient fort prisées par les fabricants américains et européens de boutons. Ces exportations ont plafonné dans les années 20 pour l’Equateur et lui avaient alors rapporté cinq millions de dollars annuellement. Et de fait, 20 % des boutons produits aux E.U étaient en tagua. Les palmiers producteurs de tagua sont abondants dans les zones tampons autour des réserves forestières équatoriennes et colombiennes très riches sur le plan de la biodiversité. Pour préserver ces zones, CI a joint ses efforts ceux à d’une organisation communautaire de développement équatorienne pour créer l’Initiative Tagua. Des centaines de familles récoltent et séchent les noix qu’elles cèdent par la suite à des centres de pesage de la communauté pour un prix fixe. Elles ont ainsi amassé 900 tonnes de tagua et le prix de cession a pu être doublé. Malheureusement, il s’avère que les boutons de tagua résistent mal aux machines à laver modernes performantes. Cependant, cette difficulté a pu être surmontée en fabricant des boutons de formes plus appropriées. La concurrence des producteurs qui vendent en dehors du projet constitue un plus sérieux défi. Par ailleurs, certaines variétés colombiennes peuvent avoir des usages abrasifs dans l’industrie. Reste à améliorer le pourcentage revenant aux communautés habitant les forêts. Dans ce but, on les encourage non seulement à vendre le produit brut mais aussi des objets d’art et d’artisanat ainsi que des boutons faits main.

Key words

environmental protection


, Ecuador, Colombia, Panama

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Biodiversité : le vivant en mouvement

Comments

Pour préserver l’environnement et conduire au développement durable, tout projet- si modeste soit-il- doit être encouragé pourvu qu’il ait l’assentiment des populations et que celles-ci soient correctement rétribuées. Cette expérience a valeur d’exemple à mon humble avis.

Source

Articles and files

KATZ MILLER, Susan, IPC Magazines Ltd in. NEW SCIENTIST, 1993/11/13 (ROYAUME UNI), 1899 vol.140

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