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Le Foyer Dar al Amal – Habitat kangourou : entraide et cohabitation d’une famille immigrée et d’une personne âgée.

Pascale THYS

07 / 2009

FICHE PROJET

CONTEXTE ET ORIGINES DU PROJET

Le Foyer s’installe en 1979 dans le vieux Molenbeek, son objectif premier est l’émancipation de la femme, essentiellement d’origine immigrée. A l’origine, Le Foyer est un centre d’intégration qui propose une série d’activités, surtout aux femmes immigrées de première génération mais actuellement aussi à celles de deuxième génération afin de les sortir de leur isolement.

« Notre quartier est peuplé à la fois d’immigrés et d’autochtones âgés » explique la directrice du Foyer. Lors des contacts avec le quartier et ses habitants, le service s’est rendu compte qu’il y avait un grand nombre de personnes âgées, d’origine belge, isolées, et insécurisées par l’arrivée massive d’étrangers dans le quartier. Dès lors, chez elles, un certain racisme à l’égard des immigrés se développait. Parallèlement, le Foyer a remarqué l’importance des problèmes de logement dus à la vétusté de l’immobilier pour de nombreuses familles immigrées.

Pour répondre à ces deux aspects, la solution envisagée fut de proposer un habitat kangourou c’est-à-dire un habitat dans lequel un locataire apporte un soutien et un accompagnement à une personne âgée avec qui elle partage un logement adapté moyennant certains avantages tel qu’un logement confortable ou une réduction de loyer. Pour Dar al Amal, l’idée a donc été d’offrir un habitat adapté pour accueillir en colocation une famille d’origine immigrée aux étages et une personne âgée ou un couple de personnes âgées au rez-de-chaussée. La première expérience est menée dès 1986.

OBJECTIFS DU PROJET

L’objectif du Foyer Dar al Amal s’inscrit dans celui poursuivi par le Foyer : soutenir une image positive des populations immigrées et donner une place à la personne âgée, fort présente dans le quartier.

Au travers de l’initiative d’habitat kangourou proposé par Dar al Amal, outre la rencontre entre des générations différentes, il y a la rencontre interculturelle, ainsi que l’offre d’un logement adapté et de qualité tant pour la famille que pour la personne âgée, à un loyer adapté aux moyens des personnes. Un des objectifs est que famille apporte une plus grande sécurité à la personne âgée et que la personne âgée puisse faire appel à l’aide de la famille en cas de besoin.

POPULATION CONCERNEE ou GROUPES CIBLES

Le projet d’habitat kangourou de Dar al Amal est prioritairement réservé à des habitants du quartier. Il s’adresse d’une part à des personnes âgées isolées ou en couple ayant de faibles revenus et d’autres part à des familles nombreuses immigrées éprouvant des difficultés à se loger.

Une condition pour que la personne âgée puisse participer au projet est qu’elle ait un degré d’autonomie suffisant pour ne pas demander une aide trop importante à la famille.

MONTAGE FINANCIER

Au niveau des maisons, la première est une acquisition par donation, la seconde est un achat réalisé suite à une campagne de collecte de fonds qui a rapporté environ deux millions de FB, entre autre par le soutien d’un centre néerlandophone promouvant les projets favorisant l’intégration. Les rénovations ont été réalisées par des entreprises privées et une entreprise de formation par le travail.

Les locataires payent un loyer en fonction de leur revenus. En 2001, dans l’une des maisons, la personne âgée paye 6500 FB par mois et la famille a un loyer de 9100 FB.

PARTENAIRES DU PROJET

Le projet d’habitat Kangourou s’inscrit dans les activités plus larges du Foyer qui comprend un service social, un atelier de quartier, un centre de formation, une école de devoirs, un atelier d’entraide du quartier, … C’est par cet ensemble d’activités que les gens du quartier peuvent se rencontrer et que des familles et des personnes âgées se côtoient. Le service entretient également de bons rapports avec la commune.

DEROULEMENT DU PROJET

Le « recrutement » des familles et des personnes âgées se fait par l’intermédiaire de rencontres dans le cadre des activités proposées aux femmes du quartier, au travers d’activités s’efforçant de tisser des liens entre les familles étrangères et la population belge du quartier, entre autres par une aide concrète à des personnes âgées. Mais il se fait aussi par l’intermédiaire d’activités proposées aux personnes âgées du quartier. Avec l’association, des femmes immigrées aident des personnes âges dans diverses tâches et font par exemple des courses groupées ou du ménage chez les personnes.

Avant de parler du projet à des familles et à des personnes âgées, le service a fait l’acquisition d’une maison et a rénové et adapté l’habitation au projet. La maison est aménagée de façon à offrir un appartement au rez-de-chaussée destiné à accueillir une personne ou un couple, les étages sont aménagés pour accueillir une famille avec enfants. La maison est constituée de deux entités indépendantes et chaque appartement dispose d’une cuisine et de sanitaires privatifs. Les deux entités sont reliées par un interphone pour permettre à la personne âgée de se mettre facilement en communication avec la famille.

Quand le service a disposé de maisons et qu’il a eu fini les rénovations, l’assistante sociale a proposé le projet à une famille à faibles revenus en difficultés de logement, représentée dans les faits par la mère de famille. L’intervenante sociale a alors favorisé la rencontre avec une personne âgée par l’intermédiaire de ses activités. Sans pour autant faire une guidance individuelle, le souci essentiel de l’intervenante sociale est de présenter les deux locataires potentiels afin d’éviter les incompatibilités de caractère. Si les premiers contacts sont bons, elle leur propose alors de vivre ensemble.

Le contrat de location est signé entre l’asbl et les deux autres partenaires. Ce contrat dépasse largement le cadre locatif. Il y est clairement spécifié que si la famille n’a pas la charge de la personne âgée, elle est toutefois tenue de lui apporter sécurité. Dans le contrat, il est spécifié que la famille ne peut jouir du logement que dans la mesure où elle le partage avec une personne âgée au rez-de-chaussée.

Une fois que les personnes sont installées dans la maison, l’intervenante suit les locataires durant les premiers temps pour s’assurer que la cohabitation s’installe bien. Elle reste ensuite à la disposition des locataires en cas de nécessité.

Fiche de perception du projet par les acteurs

RESULTATS QUANTITATIFS

Dans la maison inaugurée en 1986, une famille occupe l’appartement depuis le début. Elle est composée du couple et de cinq enfants. Depuis le lancement du projet, une première personne âgée a occupé le rez-de-chaussée pendant environs 6 ans. Elle a ensuite dû quitter l’appartement car elle nécessitait un suivi plus conséquent. Elle est décédée un an ou deux après. Après une période de battement, une deuxième personne âgée a occupé l’appartement.

Une expérience similaire a été lancée dans une autre maison et accueille une famille et une autre personne âgée. Actuellement, les deux familles sont d’origine marocaine et les personnes âgées sont belges.

RESULTATS QUALITATIFS

Aux dires de la mère de famille, la personne âgée se sent plus en sécurité, et elle sait qu’elle peut compter sur une aide en cas de besoin. Mais c’est aussi un échange de services et un nouveau lien social. « J’ai eu deux jumeaux peu de temps après notre installation dans la maison, explique la mère de famille, la personne précédente s’est beaucoup occupée de mes enfants quand ils étaient tout petits. Elle les gardait lorsque j’allais faire des courses ou rechercher les grands à l’école. Elle était devenue une grand-mère pour les enfants. Elle montait pour boire le thé ou pour faire les devoirs avec les enfants. »

La famille veille sur la personne âgée et le voisinage est indirectement sensibilisé. « Quand je croisais des voisins en rue, explique-t-elle, il y en avait parfois qui me disaient qu’ils avaient vu Madame se promener tard le soir. Quand je suis rentrée, je lui ai dit qu’elle ne devait plus faire ça parce que ça pouvait être dangereux de se promener seule dans le quartier le soir ».

Du côté de la famille de la personne âgée, malgré des réticences au début, elle a été contente de l’initiative, tout au moins pour des raisons pratiques.

EFFICACITE DU PROJET

Si l’initiative reste à petite échelle, elle semble toutefois efficace tant pour les familles que pour les personnes âgées.

LA PARTICIPATION

Comme l’expliquait la maman, au début, les enfants étant petits, il y avait un véritable échange de services entre la femme immigrée et la personne âgée. Cette dernière gardait par exemple les enfants en bas âge en journée, alors que la famille veillait à répondre aux besoins de la personne. Pour la mère de famille qui s’occupe de façon privilégiée de répondre aux demandes de la personne âgée, cela nécessite d’être à l’écoute, de prendre du temps avec la personne.

AVANCEES AU NIVEAU DU DROIT

Les baux sont relativement classiques entre les locataires et le Foyer Dar al Amal. Toutefois il y des différences entre les deux protagonistes. Pour la personne âgée, il s’agit d’un bail de 9 ans. Pour la famille, il s’agit d’un bail d’un an renouvelable tous les ans et qui devient par la suite à durée indéterminée. Le contrat de la famille comporte en outre une clause morale (et non légale) qui stipule le projet d’accueil d’une personne âgée et de la sécurité que le locataire doit apporter à la personne âgée. En principe, la famille ne peut occuper la maison qu’avec un partenaire âgé au rez-de-chaussée.

LE PROJET COMME PROCESSUS

Le projet offre durablement du logement tant à la famille qu’à la personne âgée. En outre, la rencontre interculturelle peu amener à faire évoluer les mentalités.

DIFFICULTES RENCONTREES, BLOQUAGES OU HANDICAPS

Immeuble :

Il n’est pas évident de trouver des maisons bon marché, unifamiliales, offrant des possibilités de rénovation. Pour ce type d’immeuble, le patrimoine communal est restreint.

Le coût de la rénovation augmente quelque peu du fait de la nécessité de l’adaptation d’un appartement pour une personne âgée.

Normes en matière de logement :

Les normes en matière de logement posent des difficultés notamment concernant le nombre de pièces en fonction du nombre d’enfants. Pour 5 enfants, la famille devrait normalement disposer de 6 à 7 pièces. D’où la difficulté de louer à des familles qui s’agrandissent après avoir loué.

Moyens financiers des locataires :

Tant les personnes âgées que la population immigrée du quartier ont globalement peu de moyens pour se loger.

Contrat « Kangourou » :

Au moment du décès de la personne âgée, la situation a été délicate car le contrat de location de la famille stipule le projet d’accueil d’une personne âgée. C’est une fragilité du projet, on ne peut habiter la maison qu’avec le partenaire du rez-de-chaussée. Cet aspect est délicat car il touche à la sphère privée et émotionnelle. En effet, il n’est pas facile pour une famille, dans le cadre d’un contrat de location, de devoir remplacer une personne à qui elle s’est attachée affectivement par une autre personne suite à son départ sous peine de risquer de devoir déménager. Lorsque la situation s’est présentée, le service a décidé d’attendre un peu que les choses passent. « Ils ne nous ont pas obligé, explique la mère de famille. Mais on sait qu’on est dans cette maison et qu’en-bas il y a un appartement pour une autre personne. Quand on a rencontré la nouvelle personne d’abord ça a été un peu dur puis maintenant ça va bien. »

Entourage de la personne âgée :

Une des difficultés du projet peut être la résistance de la famille de la personne âgée qui peut être méfiante de voir que la famille « de la maison » prend de plus en plus de place dans la vie de son parent.

ATOUTS DU PROJET OU CAUSES DE REUSSITE

L’habitat Kangourou s’intègre dans un projet plus global. En amont, le Foyer Dar al Amal est un lieu favorisant les rencontres multi-culturelles. Il est un moyen de recruter des familles pour qu’elles rencontrent les personnes âgées au travers de diverses activités.

Pour la directrice du projet comme pour la mère de famille, « Le projet est un projet naturel ». « Chez nous, explique la maman, on s’occupe spontanément des personnes âgées. » Ce projet s’inscrit dans la culture méditerranéenne, ce qui facilite la mise en Ĺ“uvre d’un tel projet.

Tant la famille que la personne âgée jouent des rôles naturels (aide mutuelle, « grand-mère »,…).

La directrice pense qu’une personne âgée seule est probablement plus adaptée au projet qu’un couple.

 

PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENTS FUTURS DU PROJET

La directrice prospecte pour développer le projet d’une troisième maison incluant la domotique pour les personnes âgées. Actuellement, mises à part quelques adaptations, il s’agit d’appartements standards. Elle nourrit le projet de réaliser un modèle en matière d’adaptation du logement pour les personnes âgées.

Palabras claves

lucha contra la marginación social, innovación social, inmigrado, mujer, acompañamiento social, vínculo social


, Bélgica, Bruxelles

dosier

Innovation sociale en matière de lutte contre l’exclusion sociale via le logement et l’insertion socio-professionnelle

Fuente

Entrevista

AUTEURS DE LA FICHE

3 personnes : une maman d’une famille locataire, une assistante sociale et la directrice

AUTEUR MORAL

Foyer Dar al Amal

COORDONNEES UTILES

Foyer Dar al Amal

Rue des Ateliers 25

1080 Bruxelles

Tél. : 02 411 74 95

Fax : 02 411 04 39

Habitat et Participation - Place des peintres 1/004, 1348 Louvain-La-Neuve, BELGIQUE - Tél. (32) 10 45 06 04 - Fax (32) 10 45 65 64 - Bélgica - www.habitat-participation.be - hep (@) tvcablenet.be

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