Llamamiento

para contribuciones

Dosiers en curso

2008 / 2009

- Hacia unos eslabones sostenibles: de la producción al consumo

español   français   english   português

dph participa en la coredem
es.coredem.info

buscar
...
diálogos, propuestas, historias para una Ciudadanía Mundial

Témoignage d’une ouvrière chinoise travaillant pour l’industrie électronique

Chantal PEYER

12 / 2009

Jia a 19 ans. Elle travaille dans une usine à Zhongshan (Chine) qui fournit Fujitsu Siemens et Acer. Comme beaucoup d’ouvrières, elle a quitté son village dans l’espoir de trouver un avenir. Arrivée à l’usine, elle a découvert une réalité où chaque hausse des commandes signifie une baisse de ses droits. Rencontre. (1)

Comment êtes-vous arrivée à Zhongshan ?

Pour suivre l’école, dans mon village, nous devions payer 800 yuans (80 euros) par semestre. Pour mes parents, qui sont fermiers, cela représentait une somme importante. Alors, j’ai arrêté de suivre les cours. Puis, quand j’ai eu 12 ans, ma mère est tombée malade. Pour soigner son cancer et payer les médicaments, nous nous sommes endettés. Quand elle est morte, j’ai décidé de quitter le village. Je me suis inscrite dans une école professionnelle (vocational school) qui forme et recrute des ouvrières pour les usines électroniques. Je n’ai suivi que quelques semaines de cours, mais cela m’a permis de trouver un emploi dans une usine à Zhongshan.

Qu’est-ce que vous faites à l’usine ?

Au début je travaillais dans la ligne d’assemblage. C’était ennuyeux : 13 heures par jour, toujours le même geste. Je n’étais pas du tout heureuse, mais j’avais besoin de gagner de l’argent, alors je suis restée. Après deux ans, j’ai pu changer de poste et devenir responsable d’une ligne de production. Je n’ai pas eu une grande augmentation, seulement 16.5 yuans (1,65 euro), mais le travail est moins répétitif.

Lorsque vous avez été engagée, vous avez signé un contrat de travail ?

Oui, j’ai signé un document, mais je ne me souviens pas bien ce qu’il contenait. Je n’en ai pas reçu de copie, alors je ne peux pas vous dire.

Comment se passe une journée, à l’usine ?

En principe, le matin nous nous levons vers 6h00 : il faut faire la queue pour aller à la douche du dortoir. Nous commençons le travail à 7h45 et durant la journée nous avons deux pauses de 45 minutes, pour le repas de midi et le souper. Le soir, nous travaillons jusqu’à 20h00, 21h00, 22h00, parfois 23h00, cela dépend de la quantité de commandes passées à l’usine. Avant de nous coucher nous mangeons, nous discutons un peu. Il n’y a pas de télévision à l’usine, seulement un coin avec quelques livres, alors nous restons plutôt dans les dortoirs.

Est-ce que vous devez faire beaucoup d’heures supplémentaires ?

Cela dépend des périodes. Le mois dernier, j’ai travaillé 258 heures, dont 90 heures supplémentaires. Je n’ai pas eu beaucoup de jours de congé, car j’ai travaillé tous les samedis et deux dimanches. D’autres mois, quand les affaires vont mal, le responsable de la ligne d’assemblage nous renvoie en début de journée, sans que nous ayons pu travailler. Cela devient difficile pour le salaire…

Est-ce que vous pouvez refuser de faire des heures supplémentaires ?

Non ! Et en période de haute production, si nous voulons quitter l’usine, la direction refuse. Pour nous obliger à rester, elle nous impose une amende : elle retient le dernier salaire. C’est beaucoup d’argent un mois de salaire. Si un ouvrier essaye malgré tout de partir, le garde à l’entrée reçoit l’ordre de le retenir. Pour partir, il faut alors faire plusieurs aller et retour, en cachant ses bagages.

Et qu’en est-il du salaire ?

Nous gagnons 3.9 yuans (0.60 CHF) par heure. Sur le mois, le salaire dépend des commandes et de la quantité d’heures supplémentaires que nous devons faire. Au début, c’était difficile, car je renvoyais beaucoup d’argent à la maison, pour mon père. Maintenant, il a pu rembourser ses dettes. Je peux faire un peu d’économies. J’aimerais reprendre les études, mais je n’arrive pas à trouver le temps.

 

1 Témoignage recueillis en août 2007. Jia est un prénom fictif.

Pain pour le prochain (PPP) - Service des Eglises protestantes de Suisse pour le développement, Av. du Grammont 9, CH-1007 Lausanne, SUISSE - Tél. : 021 614 77 17 - Fax : 021 617 51 75 - Suiza - www.ppp.ch - ppp (@) bfa-ppp.ch

contacto mapa del sitio menciones legales