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La consommation des drogues en Afrique de l’Ouest

12 / 1994

On pourrait penser qu’elle est la conséquence de l’offre de certains produits ou des retombées de leur trafic international de transit. Mais on peut également constater qu’il existe un usage très répandu de substances locales qui ne font pas l’objet d’un trafic : décoction à base de datura metel, solvants, colles, etc. Cela tend à montrer qu’il existe bien une "demande" de drogue qui est le produit de la situation économique et sociale traversée par ces pays. D’autre part part c’est au niveau de la consommation que les observations et les données sont les plus évidentes et elles pourront nous amener à mieux comprendre certains phénomènes concernant la production et le trafic.

La consommation des drogues est à la hausse dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest. Même dans les pays de la région où l’usage des drogues n’est pas un problème majeur - Mauritanie, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mali ou Burkina Faso - , sa progression ne laisse pas d’être inquiétante. Ailleurs on assiste à une véritable explosion du phénomène : à l’usage généralisé parmi la jeunesse des solvants, du cannabis et des psychotropes, s’ajoute la progression de l’héroïne, de la cocaïne et l’apparition du crack. On remarque que là où la marihuana est accessible et bon marché - Guinée, Sierra Leone, Togo, Nigeria ou Ghana - les solvants ne sont quasiment pas utilisés. Ailleurs ils constituent la première étape vers l’escalade des drogues dures chez des enfants à partir de huit ans.

Un second phénomène est l’évolution de l’usage du datura metel. Pris au cours de rituels par les paysans, il est devenu dans certains pays et dans le même milieu, un stimulant consommé au moment des travaux agricoles. Enfin, dans un certain nombre de cas, il s’est transformé en drogue extrêmement dangereuse pour les gamins de la rue.

Partout les psychotropes - amphétamines et substances analogues (Pémoline); barbituriques (binoctal, secobarbital); tranquilisants (diazépam, rohypnol, valium)- sont en vente dans les marchés et font l’objet d’une consommation généralisée. Un de leur usage est particulièrement surprenant et inquiétant. Dans les pays du Sahel - est du Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger - des ruraux s’intoxiquent, sans en être conscients, aux amphétamines afin d’être à même, durant la courte saison des pluies, d’accomplir les durs travaux des labours. Ce phénomène est par contre inconnu, plus au sud, dans les pays humides de la façade atlantique. On peut remarquer que les pays européens et les Etats-Unis, qui ne sont pas directement concernés par ce phénomène, n’exercent guère de pressions sur les gouvernements de la région pour qu’ils prennent des mesures.

Enfin le plus inquiétant est l’avancée de la consommation de la cocaïne et de l’héroïne qui, jusque là réservée à des milieux favorisés - expatriés, commerçants libanais, fils de la grande bourgeoisie africaine - est en train de toucher les milieux populaires dans des pays tels que le Sénégal, la Côte-d’Ivoire, la Guinée, la Sierra Leone, le Togo, le Tchad, le Ghana ou le Nigeria. La stratégie des trafiquants est d’abord de l’offrir à des prix très bas qui sont progressivement relevés - sans atteindre cependant ceux qui se pratiquent en Europe - lorsqu’il existe une clientèle "accrochée". Comme ailleurs, les toxicomanes, pour se procurer l’argent nécessaire, doivent entrer dans la délinquance.

Palabras claves

cannabis, heroína, cocaína, delincuencia, droga, condiciones de trabajo, toxicomanía, consumo de droga


, África Occidental

Comentarios

Un autre phénomène est le rôle joué par les Européens - expatriés, touristes ou routards - dans la diffusion de l’usage des drogues. Dans deux pays au moins (Guinée-Bissau et Togo), certains cultivent le chanvre indien. Mais le plus grand nombre vient chercher en Afrique de la drogue bon marché pour leur consommation personnelle. Mais comme ils en font profiter leurs amis africains peu fortunés, ou les prostitués des deux sexes qu’ils fréquentent, ils participent à la contamination d’une fraction de la population locale.

Il existe enfin, dans un certain nombre de pays, une "toxicomanie de guerre" observée par ailleurs, en particulier dans le cas de la guerre civile libanaise.

Notas

Les sources d’information de cette fiche sont confidentielles et non communicables.

Fuente

Investigación

OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - Francia

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