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Dosiers en curso
2007 / 2008
Políticas del agua: la urgencia de cambiar conceptos y prácticas
Hacia unos eslabones sostenibles: de la producción al consumo
En Colombie, l’étude de la conformation d’unités régionales a jusqu’à présent été délaissée. Il est donc difficile de retracer l’évolution socio-économique des régions que ce soit au cas par cas ou de façon comparative. Cette lacune est d’autant plus dommageable que « la Colombie est un pays dont le territoire est beaucoup plus vaste que sa Nation, et la société plus solide que son Etat ». Jusque 1890, on peut en effet estimer que moins du quart du territoire était « véritablement intégré à la Nation ». Le reste constitutait une périphérie faiblement peuplée et n’entretenant que de minimes relations économiques et sociales avec le centre. Or, au cours du XXème siècle, ces régions font l’objet d’une colonisation accélérée et encore non achevée.
Dans ce contexte, il est utile de retenir l’idée d’une dichotomie entre « l’espace national effectif ou intégré » (ENE), où l’Etat exerce sa domination avec légitimité, et « les espaces diffus ou discontinus » (ED), qui restent en marge de la domination étatique.
Sur les fronts pioniers, on assiste d’abord à l’opposition des intérêts privés des agents de la colonisation (paysans, grands propriétaires fonciers, entrepreneurs agricoles et industriels, commerçants, grands capitaux nationaux ou internationaux…), entre eux et avec l’Etat. De fait, cette confrontation tourne rapidement à l’affrontement armé et à la « guerre de conquête ». D’une part parce que l’absence initiale d’Etat, ou la précarité de sa présence, signifie l’inexistence d’instruments de médiation des conflits. D’autre part parce que les modalités de l’intégration à l’ENE sont en jeu: l’intégration des régions de l’ED à l’ENE signifie en effet non seulement la subordination économique, politique et juridique de la formation sociale émergente aux classes dominantes de l’Etat mais aussi, et immanquablement, une remise en cause des rapports de force et des alliances préalablement établis entre celles-ci et les autres classes (au sein de l’ENE). Cette remise en cause est d’autant plus brutale que l’Etat ne jouissait jusqu’alors que d’une légitimité restreinte.
En règle générale, aux premiers agents de cette violence structurelle viennent alors et dans un second temps se surajouter de nouveaux agents de violence tels que « la guerrilla, les groupes para-militaires et les groupes de justice privée au service des grands propriétaires, des industriels ou des trafiquants de drogue… » qui cherchent à tirer parti de la situation initiale pour faire avancer leur propre cause.
Ébauche pour la construction d’un art de la paix : Penser la paix comme stratégie
De façon certes très théorique, Gonzalez Arias ouvre ici une piste extrêmement prometteuse quant à l’analyse des origines de la violence en Colombie. Il est clair que l’expansion de la frontière agricole et l’intégration toujours plus forte de ces zones au système des échanges marchands capitalistes repose la question de la construction de l’Etat-Nation et de celle du Droit -questions qui à tort ont pu être considérées comme closes-. Tout se passe comme si on n’était pas ici en période d’aménagement ou de redéfinition de l’un et de l’autre mais bien au moment de leur fondation. Il est peu surprenant dès lors que l’usage de la force prime souvent sur celui du droit, d’autant que par ailleurs l’expéricence acquise au sein de l’ENE est celle d’un Etat oligarchique à légitimité restreinte. Une réflexion à suivre mais qui d’ores et déjà démontre l’utilité de soutenir les actions fondées sur des pratiques démocratiques.
Libro
GONZALEZ ARIAS, José Jairo, CINEP, El estigma de las Repúblicas Independientes: 1955-1965, CINEP, 1992/11 (Colombie)
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