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La formation à partir d’échanges entre paysans

Bernard LECOMTE, Brigitte REY

10 / 1996

Mamadou Goïta, formateur malien qui a travaillé au Togo, au Burkina Faso et au Mali, relate quatre expériences de formation à partir d’échanges entre paysans.

1."Je suis arrivé au Burkina, par exemple, à conduire toute une session par discussions entre les participants. Chaque participant devait s’exprimer sur sa pratique, sa façon de mener ses activités; décrire quelles difficultés ils ont eues, éventuellement quelles solutions ils ont pu, eux-mêmes, trouver et mettre en oeuvre et quels sont les résultats de ces solutions. C’était pour moi très enrichissant car j’y ai beaucoup appris. Chacun apportait ses idées et les autres enrichissaient le débat. J’avais voulu faire durant trois jours cette discussion, mais on est arrivé à quatre jours et demi sur les cinq jours prévus pour la session. Il restait peu de place par rapport aux outils "préfabriqués" et à certaines "informations" que j’avais prévu de donner aux gens !"

2."J’ai observé, au Mali, des formations faites entre paysans, sans formateur externe, dans le cadre de la gestion de caisses villageoises d’épargne et de crédit. Deux paysans ont animé une session de formation pour d’autres paysans. Il n’y avait pas de formateur extérieur, "quelqu’un avec ses livres". Ils ont pu développer, avec les autres paysans, le contenu de la formation. Ce n’était pas dans une salle avec un tableau, mais sous un arbre avec des discussions assez riches. Peut-être que cela prend plus de temps, mais les gens étaient beaucoup plus détendus que dans une salle. Ils s’exprimaient, ils pouvaient de temps en temps contredire le paysan formateur, ils pouvaient apporter des exemples pour appuyer ce que le paysan formateur disait. C’étaient plus des échanges-formation qu’une distribution de l’information dont le technicien est le seul détenteur."

3."J’ai vu aussi Adama Ouedraogo dit "Grand-Passage" former quelqu’un dans sa ferme à Ouahigouya au Burkina. C’était quelque chose de très intéressant et de très pédagogique. D’abord, on sent qu’il n’y a pas une barrière entre lui et ceux qui viennent pour la formation. Il discute avec eux : "qu’est-ce que tu fais chez toi ? Vous avez telle chose chez vous, comment avez-vous fait ? Qu’est-ce que vous avez eu comme avantage avec cette méthode ? Comme inconvénient ? Quelles sont les difficultés par rapport à telle ou telle autre chose ?" C’est une discussion qu’il engage avec les participants et, à partir de là, il essaye d’évoquer son expérience. Et cette expérience est, bien sûr, analysée (par les autres et lui)pour voir effectivement toute la démarche d’essais, d’échecs souvent, de réussites ensuite. Ce qui est merveilleux en lui en tant que paysan-formateur, c’est qu’il laisse toujours les autres s’exprimer, dire ce qu’ils savent et l’analyse se fait après pour "se compléter" et "s’orienter" par rapport à un thème spécifique."

4."C’est un peu la même chose dans les chantiers-écoles que j’ai vus au sein des groupements Naam au Burkina. C’est sur le terrain; les paysans travaillent (par exemple pour construire des diguettes anti-érosion)et, en même temps, ils apprennent les courbes de niveau, le ruissellement, etc. C’est pratique et on laisse le temps aux participants pour échanger et "vivre" les situations. Au cours des chantiers-écoles, les gens ont la possibilité d’observer et d’expliquer certains phénomènes, de pouvoir discuter avec les autres paysans sur ces phénomènes-là et ensemble de trouver des solutions aux différents problèmes identifiés".

Palabras claves

agricultura campesina, campesino, extensión agrícola, conocimiento campesino, intercambio de saber


, Burkina Faso

Comentarios

Un formateur décrit comment il a découvert puis pratiqué le travail d’accoucheur de savoirs et nous parle de son modèle de référence en ce domaine.

Notas

Interview de Mamadou Goïta par Bernard Lecomte, Bonneville, décembre 1995

Entretien avec GOITA, Mamadou

Fuente

Entrevista

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - Francia - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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