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Dosiers en curso
2007 / 2008
Políticas del agua: la urgencia de cambiar conceptos y prácticas
Hacia unos eslabones sostenibles: de la producción al consumo
Le 23 avril 1993, j’ai rencontré à l’Université de Berkeley à San Francisco le Dr Arif Gamal, d’origine soudanaise et qui travaille à la célèbre unité californienne de protection intégrée et biologique. Il m’a montré les diapositives relatant une expérience d’aide aux paysans soudanais de la région de Wadi Eramly (5000 habitants), à 65 km au nord de Khartoum. Ces paysans souffrent de la sécheresse et sont complètement abandonnés à eux-mêmes. Le Dr Gamal m’a expliqué que le principe de départ de l’expérience était d’écouter les paysans, de ne jamais leur demander de travail supplémentaire ni d’argent. On a d’abord montré aux paysans qui cultivent la pomme de terre la façon de faire du compost pour améliorer leurs sols et augmenter leurs rendements, notamment par la rotation. On leur a ensuite montré qu’ils pouvaient se passer de l’achat des semences en constituant eux-mêmes des provisions à cet effet comme on leur a montré comment produire des primeurs et être les premiers sur le marché. Plus tard, on s’est attaqué au problème essentiel: réduire les épandages de pesticides coûteux pour leurs portefeuilles et dangereux (voire mortels)pour la santé. On leur a appris à compter les coccinelles qui ne sont présentes en quantité respectable que si la culture est infestée. La coccinelle est en effet entomophage. Les comptages importants seuls devaient conduire à l’épandage d’un insecticide peu coûteux et environnementalement bénin. C’est ainsi que les paysans sont passés de 10 à 2 applications par saison et ont réalisé le rôle des insectes bénéfiques comme les abeilles et la nécessité de leur protection. L’expérience a aussi permis de créer "des écoles sous les arbres" où les travailleurs sociaux d’OXFAM rencontrent les paysans et les écoutent. Ces mêmes sites servent aussi comme école classique pour les enfants. L’expérience a tenu aussi à associer les femmes et à leur faire jouer un plus grand rôle dans la communauté. Elles se sont mises à produire du savon puis à le vendre pour acheter des machines à coudre, ce qui a permis à la communauté de réaliser d’importants bénéfices et d’offrir aux femmes une meilleure position au sein de celle-ci.
Le Dr Gamal était trop modeste pour se prononcer sur le sucès de l’expérience. Celle-ci continue et doit être évaluée l’année prochaine. Il n’en demeure pas moins que les diapositives m’ont permis d’apprécier la réhabilitation de l’environnement. Cette expérience prouve qu’il est possible de sevrer sans grand dommage les paysans du tiers-monde de l’effet des pesticides si l’on adopte cette démarche d’écoute des paysans et qu’on leur permet de toucher du doigt les résultats. Il est à noter enfin que l’expérience s’est voulue aussi globale et s’attaque aux multiples problèmes du paysan soudanais et de son écosystème très particulier.
Entretien conduit par Larbi BOUGUERRA
Documentación gris
BOUGUERRA, Mohamed Larbi
