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La Méditerranée dans la révolution technologique

Mohamed Larbi BOUGUERRA

07 / 1993

Les nouvelles technologies (électronique, nouveaux matériaux, espace, biotechnologies..)encore balbutiantes à la fin de la deuxième guerre mondiale ont pris depuis les années 80 un essor tel qu’elles conditionnent aujourd’hui la quasi-totalité de la production industrielle internationale. Mais comme pour les technologies classiques antérieures, cette expansion ne s’est pas effectuée de façon homogène. La région méditerranéenne, entendue ici comme rassemblant les pays d’Europe du Sud et ceux du monde arabe est dans une large mesure restée à l’écart d’une course de vitesse qui se joue essentiellement entre les Etats Unis, la CEE et le Japon. Examiné à travers les exemples de l’aéronautique et de l’électronique, le pourtour méditerranéen offre en effet le tableau d’une zone en état de forte dépendance technologique. Si la situation est dans une certaine mesure rattrapable pour la rive nord qui profite de la dynamique européenne et qui pourrait arriver à trouver certains créneaux de spécialisation, elle est beaucoup plus grave pour le monde arabe. Cet état de fait est principalement dû à des choix initiaux orientés vers les industries de transformation des matières premières, agricoles et minières et qui n’ont (à l’exception de l’Algérie et de l’Egypte)accordé que très peu d’intérêt aux nouveaux secteurs de pointe pensant que ceux-ci leur parviendrait par le biais des transferts de technologie. Mais, en l’absence de politiques scientifiques cohérentes à long terme et de mobilisation par les Etats de moyens financiers et humains nécessaires, les transferts, lorsqu’ils ont eu lieu, n’ont pu entraîner la dynamique d’innovation nécessaire, transformant dans les meilleurs des cas ces pays en zone de sous-traitance et d’assemblage. La créativité scientifique n’est donc pas seule en cause. Il s’agit plutôt pour ces pays de mettre en place de véritables politiques de recherche destinées à accompagner les emprunts technologiques afin de les adapter à leurs ressources et à leurs besoins.

Palabras claves

transferencia de tecnología

formación


Paises mediterráneos

Paises árabes

Egipto

Argelia

Túnez

Comentarios

Cet ouvrage est préfacé par le grand économiste Samir Amin. Il nous laisse un peu sur notre faim car il ne cherche pas les raisons profondes de ce qu’il faut bien appeler le statut inférieur de la Science et de la technologie dans les pays arabes étudiés. La Tradition dans ces pays n’accorde pas un rang social élevé aux travaux manuels. Le"savant" est un homme versé dans les sciences coraniques et religieuses.De plus,pendant la colonisation tous les artifices ont été utilisés pour écarter les "indigènes" de la technique. Après les indépendances, rien de sérieux n’a été fait pour remédier à cette situation. Résultat: en 1993, en Tunisie, les candidats au baccalauréat Lettres représentent 68% alors que les scientifiques comptent pour 32%(soit 23929 sur un total de 75605 aspirants au bac). Le grand mérite de l’ouvrage est de dégonfler le mythe du transfert de technologie même s’il omet de traiter des nouvelles entraves mises sur la route de ceux qui veulent accéder aux techniques nucléaires pacifiques ou faire des insecticides.

Notas

Collection:FORUM DU TIERS MONDE

Fuente

Libro

YACHIR, Fayçal, L'HARMATTAN, 1992 (France)

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