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L’industrie française de l’armement

06 / 1993

Dans sa communication au colloque ECCAR de Juin 1993 à Paris, Claude Serfati présente ce qu’il avait appelé le "mésosystème de l’armement" dans un livre écrit avec François Chesnais en 1992. Ce système comprend la Délegation Générale à l’Armement, avec son corps de concepteurs, les ingénieurs de l’armement, mais aussi ses bataillons dans les arsenaux du GIAT ou de la DCN, les groupes industriels de l’armement et les laboratoires publics.

Cet ensemble, relativement homogène par la circulaion des cadres techniques qui l’animent, fait preuve d’une grande cohésion et d’une relative autonomie par rapport aux aléas politiques ou économiques.

En effet le cycle de production des systèmes d’armes est de 25 à 30 ans et soustrait cette industrie aux lois du marché. Représentant actuellement un effort annuel de plus de 100 milliards de F, l’investissment de défense qui n’a pas diminué malgré la crise, devrait même augmenter pour passer à 150 milliards dans les 4 ans, si l’on voulait maintenir les engagements des précédentes lois de programmation militaire.

C. Serfati analyse également le poids de ces objectifs de défense dans notre industrie: 5% des effectifs industriels, 35 % de la dépense nationale de recherche-développement, montrant ainsi la mobilisation importante du potentiel scientifique et technique national.

A ce point de l’analyse, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante: l’effort consacré à la recherche-développement militaire a-t-il des retombées positives sur l’industrie civile? C. Serfati explique que, si la réponse a pu être affirmative pendant longtemps avec la création de pôles de compétence en nucléaire, aérospatial et télécommunications en France, elle est beaucoup moins évidente aujourd’hui avec le développement de technologies "baroques" spécifiques au militaire. Les notions de transfert de technologie ou même de technologies duales sont actuellement remises en cause par la plupart des analystes de l’innovation.

Le développement de nouvelles armes nécessitera donc de plus en plus d’effort, sans que les retombées civiles puissent compenser le drainage des ressources financières et des ressource humaines que cela représente. La France pourra-t-elle toujours se le payer?

Palabras claves

investigación


Francia

Comentarios

De l’examen des flux budgétaires, on peut déduire que les études amont confiées par la Défense aux laboratoires civils sont équivalentes et sans doute supérieures à l’ensemble des travaux de recherche confiés à l’industrie par ces mêmes laboratoires. Deux questions se posent alors à l’observateur:

  • quelle a été l’influence de cette emprise du militaire sur les orientations de la recherche civile pendant ces dernières années? Cela n’a-t-il pas dissuadé par facilité les laboratoires à rechercher des coopérations avec l’industrie civile?

  • quelle sera l’influence d’une réduction des crédits de recherche et développement sur les laboratoires dont ils constituaient une ressource renouvelable chaque année?

Une plus grande transparence statistique de la part de tous les acteurs publics permettrait de répondre à ces deux questions, avec le complément d’enquêtes régulières auprès de ces acteurs (DGA, Universités, Laboratoires CNRS...)

Notas

Communication au Colloque ECCAR de Juin 1993 à Paris. Voir aussi le livre: F. CHESNAIS et C. SERFATI "L’armement en France", Nathan, 1992. Claude Serfaty est chercheur au CEREM, Université de Paris X.

Fuente

Actas de coloquio, encuentro, seminario,…

SERFATI, Claude, ECCAR,ESPACE EUROPE,BP 47,38040 GRENOBLE CEDEX 9 (France)

Ecole de la Paix - 7 rue Tres-Cloîtres, 38000 Grenoble, FRANCE - Tél. : 33 (0)4 76 63 81 41 - Fax : 33(0)4 76 63 81 42 - Francia - www.ecoledelapaix.org - ecole (@) ecoledelapaix.org

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