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Naissance et croissance d’une union de comités paysans, le CODEB (Bédogo, Tchad)

Une description par son ancien président

Vincent GUELMIAN, Benoît LECOMTE

03 / 1998

Vincent Guelmian, paysan, ex-président du CODEB (Comité d’Organisation pour le Développement de Bédogo): "Le but de cette association est d’animer la population de Bédogo pour lutter contre la désertification. Avant dans notre zone, les arbres étaient très serrés mais les parents les ont détruits. Nous avons donc pris l’initiative de lutter contre la désertification, car certains détruisaient même les jeunes rhoniers et les arbres fruitiers. Nous l’avons fait pour construire des bâtiments scolaires pour nos enfants. Nous sommes en retard du côté scolaire. Un autre objectif, c’est l’animation des paysans pour leur faire connaître le danger qui nous guette ; nous avons fait cela il y a 15 ans déjà. Nous avons atteint plus de 2000 membres. Dans notre région, la majorité des gens nous connaissent.

Avant, les fils de Bédogo devaient faire 15 ou 30 km pour aller à l’école, donc peu de gens se déplaçaient pour suivre les cours. Par chance, le gouvernement nous a donné une école officielle en 1965. Comme nous étions des exilés au Nigeria, j’ai invité mes frères et tous les ressortissants de Bédogo qui étaient au Nigeria et je leur ai expliqué "on est dans un pays étranger. Un de ces 4 matins, nous serons renvoyés du Nigeria pour regagner le village. Il faut que l’on cotise de l’argent que nous enverrons au village pour que les parents construisent des bâtiments scolaires pour nos enfants. Sinon, à notre retour au village, c’est nous qui devrons chercher des seccos et du bois pour la construction d’écoles et cela va être difficile ". Certains ont dit : "Non, ce n’est pas bon" ; d’autres ont pensé que c’était une bonne idée. C’est ainsi que nous avons collecté de l’argent et acheté des tôles et du ciment au Nigeria pour les envoyer à nos parents pour qu’ils construisent une école. C’était en 1982, au début de l’association. En 1983, nous avons été renvoyés du Nigeria et sommes revenus au village où nous avons constaté que les parents continuaient toujours à couper des arbres. Nous avons donc convoqué les chefs de villages et certains notables pour leur expliquer la désertification. Ils étaient d’accord avec nous et, ensemble, nous avons décidé d’interdire de couper des bois, des feuilles de rhonier, etc. Si quelqu’un est vu en train de couper, on prend son nom qu’on donne à son chef de village qui le convoque et lui inflige une amende. Alors, les gens ne l’ont plus fait. C’est la première activité que nous avons menée.

En 1988, nous avons cherché à remplacer les arbres que nos parents avaient détruits. Ici l’eau est rare. Nous avons appris qu’il y avait une formation à N’djaména sur les pépinières. Nous y avons envoyé 3 membres (dont 1 femme). Ils sont revenus et nous avons installé la pépinière en 1988-89. Ensuite, certains villages des environs l’ont vue et nous ont envoyé des gens pour savoir comment suivre cette formation. Mais nous n’étions pas capables de les aider à vivre parmi nous pour faire cette formation. Heureusement, nous en avons informé Pain pour le Monde (PpM) que nous connaissions par des ressortissants vivant à N’Djaména. Celle-ci nous a appuyés avec divers matériels pour installer solidement notre pépinière. Et nous avons formé une cinquantaine de villages voisins dans ce domaine.

Depuis 1989, CODEB a mené beaucoup d’activités : promotion féminine, caisse d’épargne, artisanat. Nous avons formé des forgerons, creusé des puits et construit des bâtiments scolaires. Nous avons eu des subventions pour équiper certains groupements en matériel agricole (boeufs et charrettes).

PpM nous a donné une aide pour faire un puits ouvert, cela pour 6 millions CFA (60 000 FF). Avec le reliquat de ce puits, nous avons pu construire un centre d’animation. En 2ème phase, PpM nous a aussi appuyés pour la formation des stagiaires en pépinières et pour le matériel agricole. En 3ème phase, nous avions dit à PpM que nous avions besoin de quelqu’un pour nous former à gérer cet argent, car 6 Millions, c’était gros pour nous les paysans. C’est alors qu’Eirene (une ONG européenne de volontariat) nous a appuyés avec un couple de volontaires qui nous ont beaucoup aidés. Ils ont logé avec nous et nous ont formés dans beaucoup d’activités. Ils nous ont donné du financement pour le matériel agricole, des fonds pour faire 7 puits et des bâtiments scolaires. Après 3 ans, nous avons eu deux nouveaux volontaires qui ont fini eux aussi. Les volontaires, c’est fini depuis longtemps mais avec Eirene ce n’est pas fini, car ils avaient financé des projets du temps des volontaires qui ne sont pas encore terminés. Nous avons eu d’autres partenaires locaux comme l’ASSAILD (Association d’Appui aux Initiatives Locales de Développement), INADES Formation et parfois l’ONDR (Office National de Développement Rural), mais ce sont des partenaires pour la formation et l’animation qui ne financent pas le CODEB".

Palabras claves

organización campesina, desertificación, desarrollo local, educación permanente


, Chad, Bedogo

Comentarios

L’histoire de l’initiative de villageois tchadiens qui travaillaient au Nigeria et qui se sont cotisés pour construire une école dans leur village d’origine. A partir de là (1982), ils ont monté une association pour l’organisation du développement et obtenu de l’aide extérieure, soit sous forme de dons, soit sous forme de coopérants étrangers venus les appuyer.

Notas

Notre interlocuteur a expliqué longuement sa propre évolution, mais aussi ce qu’il avait observé comme effets positifs et négatifs des apports d’aide. Plusieurs fiches DPH ont été établies :

n° DPH : 7.467; 7.505

Entretien avec GUELMIAN, Vincent réalisé en février 1998 à Bédogo

Fuente

Entrevista

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - Francia - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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