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Quand les Eglises britanniques imposent à la Shell d’améliorer les conditions environnementales de ses exploitations au Nigeria

En Grande-Bretagne, les Eglises sont habilitées à investir leurs fonds propres sur les marchés financiers et peuvent, de ce fait, agir en tant qu’actionnaires. L’Ecumenical Council for Corporate Responsability (ECCR) regroupe certaines d’entre elles ainsi que des particuliers dans le but d’influer sur les politiques sociales et environnementales des entreprises. La puissante Shell a déjà subi la mobilisation de ECCR au sujet de ses exploitations pétrolières au Nigeria

Philippe JACQUOT

12 / 2001

Comment les Eglises peuvent-elles agir sur le contexte social et économique du Royaume-Uni ? En jouant un rôle d’actionnaire responsable, c’est-à-dire en interpellant les conseils d’administration des entreprises sur les efforts faits en matière de développement durable, aux niveaux économique, social et environnemental. La législation britannique permettant aux Eglises et communautés d’investir leurs fonds propres sur les marchés boursiers, elles ont donc cette capacité à intervenir en assemblée générale. C’est ce qu’a fait le ECCR en 1996, lors de l’assemblée générale des actionnaires de la compagnie pétrolière Shell. Dès 1994, des membres de ECCR (aujourd’hui 75 membres individuels et associés dont beaucoup de congrégations, de commissions d’Eglises ou même d’écoles religieuses) prennent connaissance, via une vidéo produite par une organisation non-gouvernementale de défense de l’environnement, des conditions, dégradantes pour la population locale, dans lesquelles sont exploités les gisements de la Shell au Nigeria : oléoducs en mauvais état, dispersion de gaz, etc., conditions bien différentes des exploitations situées en Europe. Une intervention en assemblée générale, en 1995, marque le premier contact direct entre l’association et la Shell. Des membres de ECCR, actionnaires de la société, interpellent directement les cadres, qui se désintéressent de la question. Un membre de la direction vient pourtant les trouver à la suite des débats et un dialogue s’instaure peu à peu. ECCR regroupe des informations concernant les activités de la Shell au Nigeria, en s’adressant à l’entreprise elle-même, mais aussi à des membres d’Eglises locales. Les informations fournies directement par la compagnie ont rapidement permis d’évaluer sa volonté de communication, tandis que les Eglises locales s’attelaient à une tâche d’évaluation. En 1996, le ECCR réussit à mettre à l’ordre du jour de l’assemblée générale le vote d’une proposition imposant à la Shell d’appliquer les mêmes règles de protection de l’environnement dans l’ensemble des pays où elle possède des sites d’extraction. Il a fallu pour cela réunir la signature d’au moins cent actionnaires sous cette proposition, la moyenne du volume d’actions ne devant pas être inférieure à 100 £ par signataire. Pour ce faire, le ECCR a cherché parmi la liste des actionnaires (plus d’un million de noms) quelles Eglises étaient capables, de la congrégation à la communauté de village, de remplir ces conditions minimales. La surprise vient du résultat du vote. Alors que l’abstention fut reine (6-7 pour cent de votes exprimés), le plus souvent, la proposition recueillit 17 pour cent de votes favorables. A sa suite, la Shell s’est engagée à mener une politique plus progressiste et le dialogue entre la direction et le ECCR s’est étendu aux activités de l’entreprise au Cameroun. Le succès est important mais ne va pas jusqu’à bouleverser la politique des entreprises en général. Ce vote acquis par le ECCR n’a pas fait la une des journaux. En revanche, le ECCR constate une prise en compte grandissante, par les actionnaires traditionnels des entreprises concernées, des informations qu’il produit.

Le ECCR s’est créé en 1989 autour d’un groupe d’aumôniers en entreprise (une pratique non systématique mais courante en Grande-Bretagne, autant dans des entreprises anciennes que dans des entreprises récentes telles que Intel), qui se souciaient de l’impact sur un développement durable de l’activité des sociétés dans lesquelles ils intervenaient. Les Eglises ont toujours investi énormément d’argent dans des valeurs boursières et rapidement exprimé un besoin de contrôle social, éthique et moral sur les investissements engagés. La campagne positive menée face à la Shell fait aujourd’hui du ECCR un acteur de lobbying doté d’une petite influence. Certains de ses membres cherchent à investir dans des sociétés afin d’accéder à ses résultats et à son assemblée générale, tout particulièrement lorsque cette dernière est soupçonnée de pratiques condamnables.

Depuis le vote de 1996, le ECCR a développé d’autres investigations, notamment auprès de la British Petroleum. Toutefois se pose toujours la question du contrôle des engagements verbaux pris par la Shell. Là encore, le réseau des Eglises locales installées au Nigeria est sollicité. Au mois d’octobre 2001, trois membres du ECCR ont été reçus par ces Eglises afin d’évaluer les progrès accomplis par la Shell. A l’heure de la rédaction de cette fiche, nous ne connaissons pas encore les résultats de ce déplacement.

Palabras claves

transnacional, energía fósil, accionariado responsable, protección ambiental, comunidad religiosa, presión política


, Reino Unido, Nigeria

Comentarios

Est-il possible d’exporter une telle action vers d’autres contextes nationaux ? Il est intéressant de constater la volonté des membres de cette association de mettre en adéquation leurs valeurs morales et spirituelles avec leurs actions au sein de la société civile, et ce en intervenant au nom même des Eglises. Mais cet activisme chrétien sur les marchés financiers n’est rendu possible que grâce à cette capacité légale, au Royaume-Uni, des communautés religieuses à investir en Bourse. Ceci n’est pas le cas partout, loin de là. L’opportunité de constituer un véritable groupe de lobbying étiqueté chrétien reste donc en suspens dans la plupart des pays.

Notas

Suzanne Ismail, researcher for ECCR. PO Box 4317, Bishop’s Stortford, CM22 7GZ United Kingdom - Tel : +44 (0)1279 718274 - Fax: +44 (0)1279 718097 - www.eccr.org.uk

Cette fiche a été rédigée dans le cadre de l’Assemblée mondiale des citoyens, Lille, décembre 2001.

Entretien avec ISMAIL, Suzanne

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