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L’agriculture en Afrique subsaharienne : entravée mais vivace

Marguerite BEY

11 / 1993

Malgré une dépendance alimentaire croissante, le tableau sombre de l’Afrique subsaharienne que l’on a l’habitude de dresser, est à nuancer selon les pays. Du fait de l’absence de politiques cohérentes, des pays comme le Cameroun ou le Togo, ont fait appel à des importations massives de céréales, qui ont provoqué des crises de surproduction internes. A l’inverse, un pays comme le Rwanda a encouragé l’agriculture familiale intensive, permettant ainsi d’atteindre un taux de croissance de la production vivrière supérieur au taux de croissance de la population. La politique d’ajustement structurel a supprimer les subventions aux intrants, ce qui a provoqué l’augmentation des coûts de production des cultures vivrières. Ainsi, le développement d’une agriculture "moderne" favorisée par le programme d’ajustement structurel tend à marginaliser les petits producteurs au profit d’entrepreneurs urbains. Même si elle ne représente qu’une minorité, la population urbaine a un poids économique et social de plus en plus fort. Afin de contrer cette domination, des associations fédératives ont été crées au Burkina Faso, au Zimbabwé et en Centre Afrique. Elles ont pour but d’organiser les producteurs en vue d’atteindre la sécurité alimentaire. Au Zimbabwé, l’Etat a renoncé à la réforme agraire malgré une répartition ségrégationniste du patrimoine foncier, et ils ont mis en oeuvre une politique de promotion de l’agriculture paysanne noire en y intégrant la recherche et de nouvelles modalités de financement empruntées aux fermiers blancs. Ainsi, l’Association Nationale des Agriculteurs, forte de 3000 membres est un véritable partenaire de l’Etat, et ensemble, ils ont pu augmenter la production céréalière de 8% par an.

Le manque de fiabilité des données fournies par les dirigeants constitue un handicap pour l’agriculture de l’Afrique subsaharienne. En outre, il existe peu d’informations sur le travail des femmes, le rôle des enfants, etc. Ainsi, des vérités partiales et partielles sont données par les statisticiens sur l’agriculture africaine.

Palabras claves

agricultura

cereal

cooperativa

agricultura de exportación

política de precios

asociación

asociación de productores

autosuficiencia alimentaria


África al sur del sahara

Burkina Faso

Ruanda

Zimbabwe

Comentarios

Ce qui entrave une bonne politique agricole dans un pays subsaharien, c’est la dépendance alimentaire, c’est à dire l’importation massive de denrées de base qui provoque l’asphixie des producteurs locaux. Pour remédier à cela, il faut permettre aux paysans de s’autogérer et favoriser la formation de "linkages", c’est à dire de ponts avec les dirigeants, les bailleurs de fonds. Ces ponts étant les O.N.G, les associations villageoises, les groupements fédératifs (comme le NAM au Burkina Faso)qui disposent d’une autonomie de décision et de manoeuvre. Il faut ensuite réduire autant que possible l’importation de denrées alimentaires afin de soutenir la production locale et encourager l’augmentation de la productivité des paysans locaux.

Fuente

Artículos y dossiers

BARROT, Pierre; LEPLAIDEUR, Agnès, LA DOCUMENTATION FRANCAISE in. PROBLEMES ECONOMIQUES, 1991/10/16 (France), N°2245

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