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Accord de pêche Sénégal-CEE

02 / 1994

Le 20 avril 1992, le Parlement européen s’est prononcé sur l’accord de pêche entre le Sénégal et la CEE. Le vote a finalement été reporté au mois suivant. A cette occasion deux points de vue contradictoires se sont exprimés :

1. La Coalition pour les accords de pêche équitables (CFFA)affiche son mécontentement en publiant le texte suivant :

"Prévu pour deux ans, cet accord concède un accès accru des chalutiers européens aux ressources du Sénégal, alors que certaines d’entre elles sont en voie d’épuisement. Bien que vivement critiqué par les pêcheurs, au Sénégal comme en Europe, cet accord a déjà fait l’objet, quatre mois avant le vote, d’un premier versement de 16 millions d’écus par la CEE au gouvernement sénégalais, au mépris des règles les plus élémentaires de la démocratie ! Les accords de pêche n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation sérieuse, mais coûtent des centaines de millions de francs au contribuable européen.

Ainsi, Herman Verbeek, rapporteur du Parlement européen, a lui-même préconisé le rejet pur et simple de cet accord qui aboutirait à une augmentation de 57 % de certains quotas de pêche accordés à la CEE dans les eaux côtières du Sénégal contre l’avis de l’Institut officiel de recherche de ce pays.

Le CNPS (Collectif national des pêcheurs artisanaux du Sénégal)est très préoccupé par les conséquences de cet accord sur l’avenir des ressources pêchées par les 40 000 pêcheurs piroguiers sénégalais qui jouent un rôle important pour assurer la sécurité alimentaire de la population.

Pierre Gillet, de l’ICSF (Collectif international d’appui à la pêche artisanale), considère que l’accord serait un "véritable désastre pour le Sénégal".

L’ICSF, comme le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), fait partie des organisations non gouvernementales internationales qui ont constitué la CFFA afin d’oeuvrer pour que les accords de pêche contribuent positivement à la gestion des ressources et au développement des pays qui dépendent de la pêche.

Or, la CFFA identifie, parmi les conséquences de la politique actuelle de la CEE :

- une surexploitation des ressources qui contribue à l’épuisement des stocks, dans les pays du Tiers Monde comme en Europe ;

- de faibles revenus pour les pêcheurs du Tiers Monde qui ne leur permettent pas d’accéder aux bénéfices du développement ;

- en Europe, des importations de poissons à bas prix qui menacent les pêcheurs européens de banqueroute.

Les enjeux de la crise de la pêche sont complexes et exigent que l’ensemble des accords de pêche de l’Europe avec les pays du Tiers Monde soit réexaminé et reformulé".

2. Par contre, les armateurs espagnols affichent leur satisfaction et n’hésitent pas à reconnaître leurs responsabilités dans l’épuisement des stocks.

Edelmiro Ulloa, secrétaire de l’ANAPA, évalue très positivement l’accord obtenu, dont la première conséquence est le retour à l’activité de la flotte espagnole, paralysée depuis le mois de mai dernier.

Le porte-parole des armateurs indiquait ainsi que la majeure partie des modifications introduites dans le protocole, reprenait les observations formulées par les armateurs, tant en ce qui concerne l’accroissement des captures de certaines espèces que la réduction d’autres. Malgré l’avis favorable que reçoit l’accord de pêche avec le Sénégal, E. Ulloa considère que "cette zone de pêche n’est pas des plus intéressantes dans les conditions actuelles, car on observe un certain épuisement et une baisse des rendements".

Palabras claves

tratado económico

pesca

tratado internacional

relaciones micro macro

reglamentación


Europa

Senegal

Comentarios

En France, des campagnes d’opinion ont été lancées par les associations Agir-ici, CCFD, ICSF et Solagral et par le Réseau solidarité en direction de Manuel Marin, Commissaire européen chargé de la politique de la pêche, et de Jean-Yves Le Drian, secrétaire d’Etat chargé de la mer, pour demander que la négociation des accords de pêche CEE-Sénégal prenne en compte : une exploitation raisonnable des ressources de poisson, les intérêts des pêcheurs artisanaux et une plus grande cohérence dans la politique européenne de la pêche.

En Espagne, en Italie, au Portugal, cette campagne a également été soutenue par des associations.

Mais tout ce mouvement est resté sans effet et les nouveaux accords sont entrés en vigueur pour deux ans, d’octobre 1992 à octobre 1994.

Ces accords doivent être renégociés en 1994.

Article repris de la revue Mar, numéro de novembre 1992.

Notas

Article paru dans la revue Mar, novembre 1992 et traduit en français par Odile Schmitt.

Fuente

Artículos y dossiers

PECHE ET DEVELOPPEMENT, 1993/04 (France), N°23

CRISLA (Centre d’Information de Réflexion et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique d’Asie et d’Amérique Latine) - 1 avenue de la Marne, 56100 Lorient, FRANCE - Tel : 08 70 22 89 64 - Tel/Fax : 02 97 64 64 32 - Francia - www.crisla.org - crisla (@) ritimo.org

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