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Récolter l’eau de pluie (Notre Terre n°26, déc. 2008)

Réalisé par le CRISLA

12 / 2008

Notre Terre est une sélection trimestrielle d’articles (effectuée par le CRISLA, et traduite en français par Gildas Le Bihan), de la revue indienne écologiste et scientifique Down to Earth, publiée par le CSE, Centre for Science and Environment.Pour en savoir plus

Les lacs et étangs urbains faisaient partie de la culture traditionnelle indienne. Dans les régions sèches, ils servaient à stocker l’eau de pluie, ils permettaient de recharger les nappes phréatiques. Et là où les pluies étaient abondantes, et les cours d’eau stables, ils servaient à amortir les inondations et à épurer les effluents. Avant que l’État ne prenne le contrôle des espaces communautaires dans les villes, la population entretenait régulièrement ces plans d’eau. Depuis beaucoup ont été victimes d’eutrophisation et d’envasement, des modes d’urbanisation.

En Inde, à partir du XIXème siècle, les politiques de gestion de l’eau suivent deux tracés qui s’entrecroisent.

  • L’État, et lui seul, prend en charge l’approvisionnement en eau. Le Pouvoir colonial étend son emprise sur toutes les ressources aquatiques. Après l’Indépendance, les fonctionnaires du nouvel État prennent la suite. Les communautés locales et les ménages ont cessé d’être les premiers responsables de l’approvisionnement en eau et de sa gestion.

  • Deuxièmement, alors qu’auparavant on utilisait largement les eaux de pluie et d’inondation, on s’est mis à prélever de plus en plus les eaux de surface (cours d’eau essentiellement) et souterraines.

Les effets de cette mutation sont aujourd’hui évidents :

  • Pour tout ce qui concerne l’approvisionnement en eau, on est complètement dépendant des services publics. Et les Administrations concernées ne semblent pas disposées à faire évoluer les choses.

  • On a tellement pompé dans les cours d’eau que la plupart des bassins hydrologiques du pays sont dans une situation difficile.

  • Pour stocker l’eau, on a eu surtout recours à de grands barrages, avec de grands réseaux de canaux pour sa distribution. D’où d’importants déplacements de population et des dommages écologiques, notamment la salinisation des sols.

  • Les ressources souterraines ont été fortement surexploitées.

Chaque année, il y a un été en Inde, et avec lui le manque d’eau. Les puits, les étangs, les mares s’assèchent, et les robinets aussi. Les femmes prennent la route avec toutes sortes d’ustensiles à la recherche de l’indispensable liquide. Les camions-citernes des municipalités et les trains d’eau du gouvernement se mettent à sillonner le pays en tous sens. Les gens s’assemblent aux carrefours, sur les places, devant les bureaux de l’administration locale. Ils se plaignent, s’agitent, lancent des pierres. Il se produit parfois des échauffourées, des blocages de route, des émeutes qui peuvent faire des victimes. Cela ressemble à une guerre de l’eau larvée. Quand les conditions météorologiques s’aggravent la pénurie d’eau prend une tournure dramatique, comme au Gujarat en 2000.

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