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Commerce équitable en France

Qu’entend-on par commerce équitable en France ?

Pauline GROSSO, Rosemary GOMES

04 / 2003

Concept

Le commerce équitable se définit comme un partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, en visant une plus grande égalité dans le commerce international. Il contribue au développement durable à travers l’offre de meilleures conditions d’échanges et une plus grande garantie de leurs droits aux producteurs marginalisés. Les organisations du commerce équitable sont activement engagées dans le soutien aux producteurs, dans la sensibilisation et dans la réalisation de campagnes pour le changement des règles et des pratiques du commerce international conventionnel.

Les objectifs du commerce équitables peuvent être résumés par :

  • Obtenir un prix et des conditions plus justes pour des groupes de petits producteurs

  • Faire évoluer les pratiques commerciales vers la durabilité et l’intégration des coûts sociaux et environnementaux, tant par l’exemple, qu’en militant pour un changement des législations

  • Rendre plus conscients les consommateurs de leur pouvoir pour favoriser des types d’échanges plus justes

  • Favoriser le développement durable et l’expression des cultures et des valeurs locales, dans le cadre d’un dialogue interculturel

La France est à la traîne des pays impliqués dans le commerce équitable en Europe avec 9% du volume des échanges et un taux de notoriété de 24% (sondage IPSOS – octobre 2001) contre 86% pour la Grande Bretagne ou 62% pour la Belgique, 120 boutiques de commerce équitable contre 4500 pour l’ensemble de l’Europe.

Depuis les années 70 jusqu’au milieu des années 90, le commerce équitable était considéré comme étant l’apanage des seuls militants défendant un idéal. Aujourd’hui, nous avons donc deux approches distinctes du commerce équitable en France : d’une part la filière intégrée et les boutiques spécifiques, d’autre part la distribution en grandes et moyennes surfaces (via le label Max Havelaar). Depuis 2000, de nombreuses entreprises gérées par des jeunes ont vu le jour. Elles sont en train de re-dynamiser le commerce équitable (en utilisant, comme Alter Eco, des méthodes empruntées au marketing, notamment au niveau de la communication en direction des médias).

Acteurs : qui pratique le commerce solidaire en France ?

La plupart des acteurs du commerce équitable sont réunis au sein du collectif Plate-forme pour le Commerce Equitable / PFCE.

La création de cette plateforme en 1997 est une date très importante. Pour la 1ère fois, les principaux acteurs du commerce équitable en France décident de mener des actions de promotion et de défense du commerce équitable ensemble. Devant les limites d’une plate-forme non structurée et sans moyens efficaces, il a été décidé, en juillet 2000, de créer une coordination nationale avec des salariés.

Depuis, deux actions sont menées par les membres de la PFCE chaque année :

  • Un sondage IPSOS réalisé en octobre sur la notoriété du commerce équitable en France qui est présenté aux medias lors de la Semaine de la Solidarité Internationale.

  • La Quinzaine du Commerce Equitable – du 2 au 20 mai cette année - pendant laquelle se déroulent quelques 200 actions dans toute la France.

La Plateforme pour le commerce équitable réunit des :

  • Importateurs : Solidar’Monde, Artisal

  • Importateurs-détaillants : Artisanat-SEL (VPC), Azimut-Artisans du Népal, Andines, Alter Eco, Boutic Ethic, Artisans du Sahel, commercequitable.com et Sira Kura.

  • Boutiques : Artisans du Soleil, Ti ar Bed, Artisans du Monde (près de 100 boutiques).

  • Associations de promotion : Aspal (Association de Solidarité avec les Peuples d’Amérique Latine), Yamana.

  • Associations de labellisation : Max Havelaar.

  • Structures de solidarité : Echoppe (ECHanges pour l’Organisation et la Promotion des Petits Entrepreneurs), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Ingénieurs Sans Frontières.

Au total, ce sont treize membres acteurs et neuf membres sympathisants qui constituent aujourd’hui la Plate-Forme. Une trentaine d’autres structures sont actuellement candidates à la PFCE

Illustrations de pratiques de commerce solidaire en France

Un exemple de filière intégrée : les boutiques Artisans du Monde

Un exemple de distribution en grande surface : le label Max Havelaar

Max Havelaar présente la particularité de promouvoir la distribution de produits alimentaires dans la grande distribution. Ainsi, l’association Max Havelaar (nom tiré d’un personnage de roman hollandais, qui s’est insurgé contre la politique coloniale de son pays en Indonésie) promeut son label dans la grande distribution. Ce label répond à un cahier des charges et à des critères très précis (critères généraux et critères spécifiques au produit). Il est apposé sur des produits : café, thé, chocolat, cacao, miel, jus d’orange, banane, fleurs coupées, riz et mangue séchée. Max Havelaar mène des campagnes de sensibilisation auprès du consommateur pour que celui-ci devienne demandeur de produits équitables. Sa notoriété grandissante fait aujourd’hui de Max Havelaar l’acteur le plus connu du commerce équitable en France avec le réseau de boutiques « Artisans du Monde ».

Propositions de travail et demandes de politiques publiques en matière de commerce solidaire en France

1. Nécessité d’élargir la définition du commerce équitable en dépassant la dimention Nord/Sud pour inclure également les dimensions Nord/Nord (cf. notamment l’expérience des Jardins de Cocagne en France) et Sud/Sud (cf. par exemple la mise en place du label mexicain de commerce équitable ou des Cercles de certification mutuelle de petits producteurs au Brésil)

2. Nécessité de synergies avec d’autres pratiques d’économie solidaire : monnaies sociales, finances solidaires, travail collectif... (ex. financement du commerce équitable par les finances solidaires)

3. Renforcement des capacités d’information et de communication des producteurs (en rendant notamment accessibles à tous les nouvelles technologies de l’information)

4. Recherche d’alternatives dans le domaine de la certification et de la distribution (notamment pour les produits d’artisanat, les produits manufacturés, les produits alimentaires complexes, le tourisme...)

5. Définition d’un statut juridique pour le commerce équitable et pour les normes qu’il contribue à établir. Permettant de distinguer les formes du commerce équitable de celles du commerce traditionnel, tout en reconnaissant la diversité des pratiques.

Axes stratégiques

1. Favoriser la participation (notamment celle des producteurs dans la définition de stratégies et dans les processus de certification) et la communication entre les partenaires du commerce équitable.

2. Promouvoir l’information aux consommateurs et la reconnaissance publique du commerce équitable

3. Mettre en place des alliances opérationnelles contribuant à la progression du commerce équitable, notamment en développant les synergies avec le mouvement de l’agriculture biologique (travail sur le contenu et les coûts des deux labellisations, relation au consommateur, distribution des deux types de production...)

4. Développer des outils et des méthodes de suivi et de monitoring des règles et pratiques du commerce international, notamment grace à la construction d’indicateurs d’équité et de durabilité.

Mots-clés

commerce équitable, économie solidaire


, France

dossier

Économie solidaire au Brésil et en France

Source

Livre

GROSSO Pauline, Compte-rendu de l’atelier Commerce équitable et finances solidaires, Forum Social Mondial III de janvier 2003, Rio, mars 2003, 3 p.

JOHNSON Pierre (coordonné par), Commerce équitable, Cahier de propositions CPP41 de l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, Paris, nov. 2001, 44 p.

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