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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Principaux enjeux de l’économie solidaire au Brésil

Pauline GROSSO, Rosemary GOMES

04 / 2003

1. Constituer un grand mouvement national convergent doté de sa propre identité

Les différentes pratiques qui cherchent, sous des noms divers, à intégrer un mouvement d’identité rompant le confinement dans lequel la majorité est cloîtrée, se multiplient.

Dépasser l’isolement, s’efforcer d’être vu et faire progresser l’identité du mouvement de l’économie solidaire, sont des tâches qui exigent de réutiliser ou encore de créer des expériences de coordination, de réseaux et de forums. Mais il s’agit aussi de relever le défi de rechercher une unité ou une convergence par le respect de la diversité et de la spécificité de chaque organisation. Il faut surtout combattre notre culture corporatiste afin de surmonter les intérêts sectoriels et donner un visage et une voix à un nouveau « sujet social » représentatif des travailleurs et travailleuses de ce secteur propre à l’activité humaine : l’économie solidaire.

2. Rechercher des alliances avec des mouvements sociaux brésiliens proches de l’économie solidaire

Les luttes sociales au Brésil, soutenues par des dynamiques distinctes, sont de plus en plus engagées par des secteurs de la société qui s’instituent et affirment une autonomie propre aux mouvement sociaux. Leurs calendriers se rencontrent à des moments précis de conflits généraux, comme le combat contre la dette extérieure et contre l’ALCA (Area de Libre Comercio de las Americas).

Beaucoup de ces mouvements sont, de par leur nature, porteurs de la lutte des travailleurs et proposent des solutions de plus en plus associées à l’économie solidaire. Parmi eux, on retrouve en particulier :

  • les mouvements de lutte pour la terre et la production (MST, CPT, MLST, MAF, etc)

  • les mouvements des groupes atteints par des politiques de développement erronées sur le plan de la préservation de l’environnement (Articulação do Semi-Árido - Coordination du Semi-Aride, Cerrado – Maquis, Amazonia – Amazonie, Movimento dos Atingidos por Barragens – Mouvement des Gens Touchés par les Barrages, etc)

  • les mouvements de travailleurs urbains pour le droit au travail de rue : Comissão Nacional dos Recicladores de Lixo – Commission Nationale des Recycleurs de Déchets, ou au droit au logement : les sans-abris et le Forum das Cidades - Forum des Villes

  • le mouvement de la lutte pour le droit à l’alimentation : le Forum da Segurança Alimentar - Forum de la Sécurité Alimentaire, Mutirão – participation au travail communautaire – le mouvement pour la citoyenneté de Betinho, etc.

Dotés de propositions d’économie solidaire, ce sont des mouvements dont le rapprochement servirait à renforcer l’identité du nôtre, lui-même allié à eux et leur apportant sa contribution particulière.

3. Devenir une référence pour les couches de travailleurs de l’économie populaire qui échappent aux types de rapports du travail capitaliste proprement dit, mais qui ne sont pas encore de type solidaire

Les différentes formes non capitalistes de travail humain forgées surtout par l’exclusion des travailleurs, soit de l’emploi formel, soit de la chaîne de production capitaliste, garantissent très précairement la survie de cette catégorie. On y rencontre des initiatives urbaines et rurales d’activités familiales, de métiers d’arrière cours, de vente ambulante, de services, une grande partie du monde du travail non déclaré, des micro-unités de production, de l’artisanat, etc.

Elles constituent les cibles incessantes de politiques visant à les inclure idéologiquement dans l’optique de dépendance du grand capital. Elles servent souvent à justifier la sous-traitance, la souplesse du travail, un vernis de coopératisme-associativisme, les politiques compensatoires. Elles pourraient s’affirmer sur le terrain de l’économie solidaire, si cette dernière présentait des propositions de leur inclusion dans une autre chaîne de production, non dépendante, mais solidaire.

4. Établir, comme droit de la citoyenneté, l’appui des politiques et programmes gouvernementaux pour l’économie solidaire

Il s’agit de travailler dans ce cadre opportun de l’arrivée d’un nouveau gouvernement fédéral favorable, dans celui d’expériences de politiques publiques dans des dizaines de municipalités et dans quelques gouvernements des états pour asseoir le mouvement de l’économie solidaire comme un mouvement de propositions.

Le mouvement a rassemblé un ensemble d’initiatives systématisées par la Deuxième Réunion Plénière de Décembre 2002 à São Paulo et y a annexé une lettre adressée au Gouvernement Lula, remise au gouvernement de transition de l’époque, fait qui a mené à la création du Secrétariat National à l’Économie Solidaire.

Récemment, au début de mars 2003, le Secrétariat National à l’Économie Solidaire, en cours de légalisation, a réuni des organisations du groupe de travail brésilien pour discuter de sa constitution, de son rôle et de ses tâches immédiates. Certains consensus et propositions se sont distingués de ce séminaire de deux jours :

Quelques consensus et propositions de dialogue du groupe de travail brésilien avec la future équipe du Secrétariat National à l’Économie Solidaire

1. Le Secrétariat devra veiller essentiellement à l’élaboration et à la coordination de politiques publiques pour l’économie solidaire.

2. Autant pour le Mouvement que pour le Secrétariat, il est important et urgent de procéder au bilan des pratiques des politiques publiques en cours dans les municipalités et états pour que leurs leçons et leur apprentissage soient mieux accumulés et socialisés.

3. Il faut réunir, systématiser et créer ou renforcer des mécanismes d’information et de communication qui rendent visible l’économie solidaire, permettent la socialisation et soutiennent les politiques par des subsides.

4. L’appui aux organisations d’incitation se réalisant, il devra obéir à la logique de programmes de soutien à des réseaux et/ou des chaînes de production à définir dans des espaces de transparence et dans des partenariats où diverses organisations pourraient subsidiairement et solidairement apporter leur contribution et/ou en tirer profit.

5. Il est prioritaire de réserver un lieu de participation et de contribution de l’économie solidaire au programme Fome Zero - Faim Zéro auprès du CONSEA (Conseil National de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle), par un groupe spécial dans lequel le Secrétariat et le Mouvement pourraient avancer des propositions.

6. Il est indispensable que le Secrétariat entreprenne la mise en place de groupes de travail spéciaux interministériels avec la participation du Mouvement et en particulier avec les thèmes présentés et systématisés à la Première Réunion Plénière de São Paulo (marque légale, financement, chaîne de production, connaissances et rapports entre état et société) ; ces groupes permettraient d’entamer des processus de proposition de politiques, d’expérimenter l’exercice d’espaces de coordination et de négociation puis de proposer des éléments pour que soit par la suite constitué le Conseil National de l’Économie Solidaire, institutionnellement prévu par le Gouvernement Lula.

7. Les domaines interministériels de dialogue les plus favorables et prioritaires sont l’ensemble des secrétariats dans le Ministère du Travail lui-même, le Secrétariat des Politiques pour l’Emploi ; dans le Ministère de Combat Contre la Faim, le CONSEA ; le Ministère de Développement Agraire ; le Ministère de la Ville et le Ministère de l’Éducation, le Conseil de Développement Social.

 

Le Mouvement souhaite un certain appui, au moins de coordination, de ce Secrétariat avec d’autres instances gouvernementales pour la réalisation de la Troisième Réunion Plénière Nationale du 27 au 29 juin à Brasilia, point de convergence des débats des états sur la constitution du Forum Brésilien d’Économie Solidaire.

5. Constituer le Forum Brésilien d’Économie Solidaire en instrument de mobilisation du mouvement et de dialogue auprès du gouvernement fédéral

La Deuxième Réunion Plénière de l’Économie Solidaire réalisée à Porto Alegre pendant le Troisième Forum Social Mondial comptant près de 1200 participants, a établi les orientations pour la construction du Forum Brésilien d’où sont issus quelques engagements :

1. Réaliser des débats sur des bases étatiques quant à la constitution du Forum Brésilien autour de trois points : l’identité du mouvement et la nature du Forum ; la composition du Forum ; la relation avec le gouvernement.

2. Réaliser la Troisième Réunion Plénière Nationale à partir des résultats des débats des états en juin 2003 pour consolider les déterminations sur le Forum Brésilien et son fonctionnement.

3. Jusqu’en juin, le groupe de travail brésilien élargi s’engage à animer la mobilisation autour du Forum, en mettant à sa disposition ses bases étatiques, en garantissant le flux d’informations avec les participants des plénières 1 et 2 et les réseaux des organisations participantes et en maintenant le dialogue avec le futur Secrétariat National à l’Économie Solidaire.

Mots-clés

économie solidaire, économie sociale


, Brésil

dossier

Économie solidaire au Brésil et en France

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

Ensemble de textes du GT-Brésilien (ADS-CUT/ ANTEAG/ AB-CRED/ CARITAS BRASILEIRA/ FASE-NACIONAL/ IBASE/ PACS/ RBSES/ Rede de ITCPs/ UNITRABALHO)

Preparatórios para a III Plenária Brasileira de Economia Solidária – Rumo ao FBES – Forum Brasileiro de Economia Solidária

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