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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Réseau de Développement Local Intégré-Dlis

Pauline GROSSO, Rosemary GOMES

04 / 2003

Raison d’être et objectifs du réseau DLIS

La constitution des acteurs locaux en protagonistes de changements (le protagonisme local) ; l’articulation entre organisation/coopération (ou construction de capital social) et apprentissage/connaissance (ou formation de capital humain) ; l’encouragement à l’entrepreneurisme intégré à des réseaux et des chaînes de production ; la création sur le territoire de nouveaux modèles socio-productifs et de reproduction environnementale ; l’exercice de l’indivisibilité et de l’exigibilité des droits (économiques, sociaux, culturels et environnementaux) ; la création de nouveaux espaces publics de décision et de gestion ; le changement de culture politique par le dépassement du sectorialisme et la déconstruction du clientélisme ; la recherche de durabilité dans les processus locaux.

L’association à un degré majeur ou moindre de ces éléments – pris sous des angles et par des «portes d’entrées» variés – est aujourd’hui présente dans diverses propositions et initiatives pour constituer la référence thématique du réseau présenté ici. Celui-ci étant conçu, dans ce sens global, comme un réseau autour du développement local, intégré et durable.

Sur le parcours brésilien, ce thème s’inscrit par un effort de construction mené sur différents fronts, ces dernières années surtout, avec des progressions, des obstacles et des enjeux qui se redéfinissent d’une époque à l’autre. Depuis la seconde moitié des années 90, se dessine un décor qui rassemble, entre autres traits généraux : d’abord la constitution d’espaces élargis de jonction, de débat et de propositions au sujet du thème, ensuite l’exercice de stratégies d’appui au développement local, de portée nationale ou macro-régionale et enfin l’apparition d’une gamme polycentrique d’initiatives sous l’angle du développement local.

Qu’est-ce qui rend ce réseau souhaitable et possible, ou même nécessaire ?

Deux phénomènes contradictoires en apparence, peuvent être identifiés dans la période actuelle. D’une part, la diversité : la réalisation de multiples propositions et initiatives concernant le développement local partant d’acteurs divers, dotés de leurs propres dynamiques et caractéristiques.

D’autre part, l’isolement, c’est-à-dire des informations et des connaissances qui s’intègrent et dialoguent peu, confinées dans des univers institutionnels à demi-communicables, qui, à distance, semblent résonner comme une Tour de Babel du développement local.

Face à ce double phénomène, un chemin double, lui aussi, doit être suivi : dans un sens, il s’agit de faciliter un apport plus grand en densité et consistance pour la question du développement local ; dans un autre, il favorise le transit et la communication entre acteurs et lieux différents. Ce sont des démarches inséparables, imbriquées : la consistance suppose une transmission et une ample circulation permet un cadre générateur de connaissances et de changements.

Dans cette optique, les objectifs généraux du Réseau DLIS peuvent ainsi être synthétisés :

  • produire une qualification et une consistance plus grande pour la question du développement local ;

  • faciliter et étendre le dialogue entre acteurs hétérogènes qui travaillent et opèrent sur le thème ;

  • permettre un accès à des informations utiles et des services importants pour des personnes/organisations intéressées ou engagées dans la promotion du développement local ;

  • encourager une culture de travail coopératif vers d’amples secteurs - travail en réseau.

Nature et caractéristiques du Réseau DLIS

En premier lieu, on propose un réseau d’information et de connaissance concernant le développement local. Son principe est alors la connaissance partagée et étendue. Une connaissance qui ne se passe pas – au contraire, a besoin – de contribution théorique et de recherches, mais une connaissance non dissociée des processus et pratiques qui se font, et surtout sur les lieux.

Ce qui est proposé pour se démarquer est le traitement systématique de questions et de points sensibles liés au développement local. Cela signifie, non seulement d’accompagner l’état de l’art autour du thème, mais aussi d’incorporer et d’entraîner la masse critique existante, à partir des questions qui mobilisent les différents participants du réseau.

En deuxième lieu, l’idée proposée est celle d’un réseau de travail au sens large ou, on doit le dire, « un réseau qui travaille ». Même si cela semble redondant, cette insistance sur le mouvement, le flux, l’initiative et l’échange est fondamentale dans la clarification des propos et de la nature du Réseau DLIS. Le perfectionnement de l’usage d’internet est un aspect essentiel, mais les possibilités de cet outil ne sont pas seulement en elles-mêmes productrices de participation. Ce réseau ne se définit pas exclusivement comme un réseau virtuel : c’est un réseau social, avant tout. Il est donc mû par des personnes dotées de leur propre densité, de leurs liens entre les organisations et au dedans, ainsi que de leurs capacités d’initiative de « proposeurs », multiplicateurs, chercheurs et agents de processus de développement local. Ou bien, ce sont simplement des gens activement intéressés par le thème et par les possibilités d’agir en réseau sur lui.

En troisième lieu, on propose non pas l’unisson mais un réseau mixte et pluriel. Mixte dans le sens de regrouper des personnes et organisations de natures distinctes de la société civile, du secteur productif et du domaine de l’état, dans les trois sphères (législatif, judiciaire et exécutif). Pluriel, dans le sens d’intégrer les différences et de travailler les divergences. Comme il a déjà été dit, seule une morphologie de réseau, à la différence d’une pyramide, d’un arbre, d’un cercle ou d’une toile, peut contenir une véritable diversité fonctionnant comme un tout, de façon à ce que la polyphonie ne signifie pas pulvérisation ou cristallisation de polarités.

Les liens souples qui caractérisent un réseau permettent la cohabitation de proximités et de distances entre ses participants, d’après leurs penchants et leurs intérêts. Cependant, une réelle dynamique de réseau tend à faire en sorte que les relations construites dans le processus, prévalent sur les dispositions déjà existantes en produisant une ambiance de totale transparence, à l’inverse de la logique du « tout garder pour soi » par une incitation à la réciprocité ouverte.

Provoquer un déplacement de comportement face à la culture de méfiance et l’esprit de clocher, ne signifie pas inhiber conflits et divergences. Au contraire, le débat et la visibilité des différents points forts est l’aspect essentiel de la vie de ce réseau. Toutefois, les domaines de consensus et les zones de conflit, bien que naturellement constitué ici, ne recouvrent pas ce caractère différent propre à un réseau créateur de nouveaux modes de production et de communication.

La possibilité pour des acteurs hétérogènes de travailler ensemble débouche également sur un effort de perte de défense personnelle et sur un exercice de tolérance et de détachement institutionnel, quoique évidemment non dissocié des motivations et intérêts réels des personnes et organisations prises individuellement ou comme domaine particulier de jonction. Cette ouverture, plus qu’une question de générosité qui ne germe pas artificiellement, est une question d’intelligence stratégique, surtout face à la force potentielle de la thématique du développement local, en tant que changement paradigmatique et culturel.

En quatrième lieu, sans porter atteinte à la diversité, un réseau suppose d’avoir sa propre identité qui est pour une large part une identité de propos ou un projet commun qui induit à la participation. En ce qui concerne le Réseau DLIS, cela signifie en gros : d’abord, l’harmonie entre éléments et principes liés à l’idée de développement local intégré et durable dans une optique d’approfondissement démocratique, de pleine citoyenneté et de préparation de solutions durables de développement, à contre-courant de mécanismes débouchant sur l’exclusion sociale et la dégradation de l’environnement, ensuite, l’identification aux objectifs généraux de ce réseau et enfin, le partage de principes essentiels de fonctionnement, esquissés dans le paragraphe suivant.

En cinquième lieu, relier ce réseau à d’autres est essentiel à l’esprit de la proposition. Un réseau en tant que tel, n’occupe pas de place, ni ne livre des combats de cantonnement et de délogement. Le Réseau DLIS projette plus que de cohabiter avec d’autres réseaux, de contribuer à les alimenter (surtout ceux d’un haut degré de densité commune), la réciproque étant aussi vraie. Il nous faut stimuler la lucidité stratégique et la capacité pratique dans ce sens, en raccordant ce réseau à d’autres réseaux et à des domaines de jonction qui engagent plus directement le développement local ou qui se relient intimement à lui sur les thèmes de la gestion locale, du micro-crédit, de la socio-économie solidaire, du calendrier socio-environnemental, avec des réseaux de formateurs locaux, etc.

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