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Éléments d’incitation à l’économie solidaire au Brésil

Pauline GROSSO, Rosemary GOMES

04 / 2003

Par un système de finances solidaires

  • Dans l’économie solidaire, prévaut le droit des communautés et des nations à la souveraineté de leurs propres finances. Voici quelques-uns des éléments incitant à une politique autogestionnaire de financement de l’investissement, du plan local au national :

  • Sur le plan local, micro et territorial : les banques coopératives, - les banques éthiques, les coopératives de crédit, les institutions de microcrédit solidaire et les entreprises mutualistes, toutes avec l’objectif de financer leurs membres et non pas de concentrer des profits grâce à de hauts taux d’intérêts, sont des composants importants du système socio-économique solidaire et permettent l’accès populaire à un crédit basé sur l’épargne de ces membres.

  • Sur le plan national, macro et structurel : la décentralisation responsable des monnaies nationales en circulation et l’incitation à un commerce juste et solidaire se servant de monnaies communautaires ; par voie de conséquence, une maîtrise financière des communautés, un contrôle et une régulation des flux financiers pour qu’ils jouent leur rôle de moyen et non de but de l’activité économique ; l’application de limites aux taux d’intérêts et aux profits extraordinaire à fond monopolistique, le contrôle public du taux de change et l’émission responsable de monnaie nationale pour éviter toute activité spéculative et défendre la souveraineté du peuple sur son propre marché.

Par le développement de chaînes de production solidaire

L’économie solidaire permet de joindre étroitement les différents maillons de chaque chaîne de production, sous forme d’agents qui se soutiennent et se complètent :

  • Par la jonction de la consommation solidaire avec la production, la commercialisation et les finances, de façon organique et dynamique, du niveau local au global, l’économie solidaire accroît ses chances de travail et d’échanges pour chaque agent, sans écarter l’activité économique de son but premier qui est de répondre aux besoins productifs et reproductifs de la société et de ses propres agents économiques.

  • Conscient de faire partie d’un système organique et global, chaque agent économique cherche à contribuer à son propre progrès et à celui de l’ensemble par une mise en valeur des avantages coopératifs et de l’efficacité systémique qui débouchent sur une meilleure qualité de vie et sur du travail pour chacun et pour tous.

  • Le partage de la décision entre les représentants de la communauté sur l’efficacité sociale et l’usage des excédents permet que les investissements se réalisent selon les conditions générales de vie de tous et la création d’autres entreprises solidaires, en accordant un caractère dynamique à la reproduction sociale.

  • L’économie solidaire propose une activité économique et sociale enracinée dans son cadre le plus immédiat ; elle a la territorialité et le développement local pour points de repère et garde des liens de consolidation avec des réseaux de la chaîne productive (production, commercialisation et consommation) présents dans différents pays, sur une base de principes éthiques, solidaires et durables.

  • L’économie solidaire favorise le développement des réseaux de commerce à des prix justes, en visant une répartition équitable des bénéfices entre groupes et pays.

  • L’économie solidaire, sous ses diverses formes, est un projet de développement destiné à promouvoir les personnes et groupements sociaux en leur soumettant des moyens, des ressources et des outils pour produire et distribuer les richesses, avec pour but la suffisance répondant aux besoins de tous et le développement véritablement durable.

Par la construction d’une politique d’économie solidaire dans un état démocratique

  • L’économie solidaire représente aussi un projet de développement intégral qui ambitionne la durabilité, la justice économique, sociale, culturelle et environnementale ainsi que la démocratie participative.

  • L’économie exige le respect de l’autonomie des réalisations et des organisations des travailleurs, sans la tutelle d’états centralisateurs et loin des pratiques coopératives burocratisées qui refoulent la participation directe des citoyens travailleurs.

  • L’économie solidaire demande d’abord la responsabilité des états nationaux pour la défense des droits universels des travailleurs que les politiques neo-libérales s’emploient à écarter.

  • Elle préconise un état consolidé par les relations démocratiques, maîtrisé par sa propre société et mis au service de cette dernière, transparent et digne de foi, capable d’agencer la diversité qui la constitue et de veiller à la justice sociale et à la réalisation des droits et des responsabilités citoyennes de chacun et de tous.

  • Dans les rapports entre les peuples, la principale valeur de l’économie solidaire est la souveraineté nationale dans un contexte d’interaction respectueuse de la souveraineté des autres nations. L’état renforcé par des relations démocratiques est apte à mettre en oeuvre, moyennant un dialogue avec la société, des politiques publiques consolidant la démocratie participative, la démocratisation des fonds publics et des bénéfices du développement.

  • Ainsi, l’économie solidaire peut s’organiser elle-même en un secteur économique de la société distinct de l’économie capitaliste et de l’économie étatique, en renforçant l’état démocratique par l’apparition d’un nouvel acteur social autonome, capable d’établir de nouvelles règles de droits et une régulation de la société à son propre profit.

Mots-clés

économie sociale, économie solidaire, système de production, finance solidaire


, Brésil

dossier

Économie solidaire au Brésil et en France

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

GOMES Rosemary ; GT-Brasileiro de ECOSOL / FSM, Do Fórum Social Mundial ao Fórum Brasileiro de Economia Solidária, Rio de Janeiro, janeiro de 2003 (BRASIL)

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