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Formation de parajuristes : l’expérience de l’auto-formation par l’échange

Ateliers de formation et d’échanges organisés en Afrique de l’Ouest par Juristes Solidarités et ses partenaires africains

2000

En septembre 1997 est lancé en Afrique de l’Ouest le projet Renforts, aboutissement d’un long processus de collaboration engagé depuis le début des années 90 entre Juristes-Solidarités et ses partenaires africains. Ce projet s’organise autour d’une activité commune : la formation de parajuristes. Renforts, qui prendra fin en 2000 avec la création du Réseau Africain des Structures de Promotion de l’Action Parajuridique (RASPAP), a permis à 22 associations africaines, réparties en deux pôles géographiques (pôle Bénin-Togo et pôle Mali-Sénégal-Burkina Faso-Niger-Guinée) de valoriser leurs pratiques de formation, d’auto-évaluer celles-ci au regard de l’expérience des autres, puis d’harmoniser certains aspects de l’action parajuridique qu’elles menaient séparément.

L’une des principales caractéristiques des ateliers de formation et d’échanges organisés dans le cadre du projet Renforts, consistait à ce que le travail de formation ne s’inscrive pas dans une logique qui fasse appel à des intervenants non praticiens ou extérieurs aux groupes considérés. Il s’agissait, en somme, de mettre en place une formation par l’auto-formation à partir des savoir-faire et acquis de l’expérience de chacun, dans le but de les mutualiser et de les capitaliser. Ceci, en vue notamment d’améliorer les méthodes pédagogiques et de démultiplier les effets des actions de formation.

Deux années de projet Renforts et neuf ateliers plus-tard, que peut-on dire de cette expérience d’auto-formation par l’échange, au regard des objectifs assignés au départ et de l’évolution suivie par le projet ?

Globalement, le souci de privilégier la réflexion des associations et la valorisation de leurs propres pratiques a été préservé. Notons qu’en parallèle, et à la demande des participants, quelques personnes-ressources (universitaires, juristes, agents de l’Etat, membres d’ONG non participantes, journalistes...) sont venues exposer et/ou échanger, à l’occasion de la tenue de certains ateliers.

Le principal défi aura consisté à impliquer l’ensemble des associations participantes à tous les niveaux d’exécution des ateliers ; que ce soit dans la préparation (choix des thèmes à traiter, élaboration des documents introductifs, contributions personnelles), dans la conduite des ateliers (prise en charge de l’animation, organisation d’activités) ou dans l’évaluation de ces derniers (évaluation collective et individuelle).

Les résultats de la démarche restent de l’avis des associations participantes satisfaisants et positifs. Avec le recul, on peut retenir que l’optimisation de ces résultats dépend pour une large part des éléments suivants :

  • la familiarisation des participants avec le type d’atelier proposé,

  • le choix des thèmes ; avec la nécessité de ne retenir que ceux pour lesquels l’ensemble des associations a développé une réelle pratique,

  • la préparation individuelle des thèmes d’échanges avant l’atelier (étude de sa propre pratique, problèmes rencontrés, réflexions à mener...),

  • la confiance des participants dans leur propre capacité d’analyse et de réflexion,

  • la capacité de l’équipe d’animation à motiver et impliquer les participants.

Par ailleurs, le fait de compter essentiellement sur les ressources internes au groupe en matière d’animation et de formation comporte aussi des risques ou en tout cas certaines dérives, comme :

  • celui de sacrifier l’approfondissement d’un thème aux impératifs d’auto-formation (implication de tous, priorité aux ressources internes) ;

  • ou celui encore de léser les associations les plus expérimentées dans la réciprocité de l’échange.

Ces risques ont été parfois exprimés et vécus au cours de l’expérience du projet Renforts. Pour autant, cela n’a pas empêché les ateliers de fonctionner. De façon parfois empirique, les débats se sont organisés, et chacun a puisé dans ses propres ressources et celles de l’association qu’il représentait pour alimenter l’échange, proposer, et en définitive, aboutir avec les autres à la recherche de réflexions et solutions communes.

{En réalité, tout dépend de ce qui est finalement recherché dans un projet. Dans le cas présent, la possibilité pour les associations de pouvoir valoriser leur travail, d’être parties prenantes dans l’analyse des thématiques et l’amélioration de leurs pratiques, était considérée comme aussi que de la seule valeur ajoutée dans la connaissance de thèmes spécifiques.

Dans ces conditions, le travail qui incombait à l’équipe d’animation du projet aura été d’essayer de faire en sorte que chaque association puisse y trouver son compte, quelle que soit, notamment, la richesse de son expérience dans les domaines considérés.}

Juristes Solidarités - Espace Comme vous Emoi, 5 rue de la Révolution, 93100 Montreuil, FRANCE - Tél. : 33 (0)1 48 51 39 91 - France - www.agirledroit.org/fr - jur-sol (@) globenet.org

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