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Autorécupération dans le Centre Historique de Rome

Enrico SIMEONE

1999

Le contexte

Lieu : Rome, Italie

Rione Trastevere

L’Italie vit, depuis quelques années, une situation d’habitat précaire qui atteint son apogée dans la ville de Rome.

La situation de Rome est alarmante :

  • Le manque de logements oblige près de 1 000 familles à vivre dans des logements inappropriés.

  • Dans les « résidences », 1 200 familles reçoivent une allocation logement (4 300 personnes) que la municipalité « loge » pour la modique somme de 32 milliards de lires par an.

  • Près de 3 000 logements sont occupés de manière « abusive », parmi lesquels 500 familles sont logées dans 30 écoles désaffectées.

  • Il y a un mécontentement dû aux conditions d’habitat précaire à cause des expulsions, et la tendance fortement spéculative dans Rome.

  • En seulement dix ans, ont été lancés 145 000 avis d’expulsions, et plus de 100 000 ont été exécutés ou résolus par une mise en vente.

  • Plus de 300 000 personnes se sont progressivement éloignées du Centre Historique avec plus de 15 000 000 de m3 d’habitat transformés en bureaux.

  • Plus de 187 000 logements sont vides ou inutilisés.

  • Dans le Centre Historique, la densité d’habitat par hectare est passée de 273 en 1951 à 91 en 1991. Il y avait, en 1951, 77 000 logements occupés et près de 1 000 inoccupés, tandis que en 1991 on trouve respectivement 64 000 utilisés et près de 9 000 logements inoccupés.

Le 14 juillet 1989, un groupe d’expulsés et sans logements, après quelques mois d’assemblées préparatoires avec l’Unione Inquilini, décida d’occuper le bâtiment principal de la Place Sonnino, l’ancien couvent Santa Agata, qui fait partie du plan de récupération du Centre Historique — maintenant abandonné par la municipalité — afin de l’autorécupérer pour des logements, dans le but de contribuer à repeupler le Centre Historique.

Le groupe est formé par 12 familles qui, après l’occupation, se sont constituées en coopérative dans le but d’obtenir les avantages de la loi régionale et du conséquent décret public municipal sur l’autorécupération des bâtiments publics abandonnés. La coopérative a obtenu la garde de l’immeuble en question et l’attribution individuelle des appartements se faisait sous la supervision des membres de la coopérative.

Ce serait beau d’affirmer que l’idée est originale, néanmoins elle fut transformée sur la base d’autres expériences européennes (Allemagne, Hollande) et de manière particulière à partir de l’expérience de Bologne.

À Bologne, donc, la coopérative CNOP réussit à obtenir en 1982 le premier décret public de l’administration municipale, dans laquelle ont participé d’autres coopératives qui ont réalisé à la fin le projet.

Le projet prévoit l’attribution des immeubles au moyen d’un décret public pour coopératives et associations similaires, qui s’engagent à réaliser le projet de récupération du second oeuvre de l’immeuble en accord avec l’administration municipale, laquelle s’engage à réaliser la récupération du gros oeuvre. Dans le cadre de la récupération du second oeuvre, le partenaire en pré-attribution participe financièrement et avec l’apport de son travail à la réalisation du chantier. À la fin des travaux, l’organisme propriétaire attribue individuellement aux partenaires les appartements, en calculant le loyer social et en retirant les frais dépensés.

Après l’occupation, dans le but de diffuser et de renforcer le projet d’autorécupération du second oeuvre de l’immeuble, la coopérative en collaboration avec la Unione Inquilini, a réuni des centaines de familles dans des assemblées pour réaliser diverses occupations d’autres bâtiments abandonnés et de propriété publique dans le centre historique. Ces occupations furent suivies d’autant d’expulsions.

En 1996, un bâtiment abandonné du gouvernement régional a été occupé, ce qui entraina la création d’une nouvelle coopérative, « Corallo », à Saint Thomas d’Aquin, qui est en train de travailler sur un projet de récupération.

Deux conventions nationales eurent lieu successivement à Rome sur l’autorécupération bio-compatible, dans lesquelles participèrent les conseillers au logement de Rome et de la région de Lazio avec des organisations de lutte de la ville, des architectes et des experts aussi bien du secteur public que du secteur privé. Dans la période récente, il y a eu des occupations symboliques et des conférences de presse pour faire pression sur les gouvernements locaux afin d’obtenir l’approbation des dites lois.

Immédiatement après les occupations, en plus de proposer comme exemple notre expérience publiquement, nous avons proposé notre projet aux autorités compétentes avec l’Unione Inquilini, en présentant aussi un schéma de faisabilité pour la récupération et l’attribution de l’immeuble de la Place Sonnino.

Ces dernières années, nous avons discuté avec tous les assesseurs et conseillers municipaux qui se sont succédés dans le temps, en recevant toujours l’intérêt et l’estime pour l’initiative, mais sans déboucher sur aucune action concrète. C’est seulement après le mandat du Conseil antérieur que commença le processus administratif pour faire les attributions.

La coopérative «Vivere 2000 » fut fondée en 1990. En font partie les occupants de la Place Sonnino, d’autres personnes sans logement et des gens qui sont solidaires avec le mouvement de lutte pour le logement.

Parmi les 12 familles occupantes, la moitié d’entre elles proviennent d’expulsions réalisées. On trouve deux retraités : l’un est avec sa femme handicapée et titulaire d’une pension de retraite et l’autre était concierge de la municipalité ; deux artisans, l’un du secteur municipal et l’autre un menuisier avec une femme et deux enfants. On trouve aussi deux artistes, une femme sculpteur de presque soixante ans en attente d’une pension de retraite et un peintre avec sa femme et deux enfants. On trouve enfin un agent social sans revenus fixes. Il y a trois mineurs en âge scolaire et quatre jeunes encore étudiants ou à la recherche de leur premier emploi.

La moyenne des revenus par famille dépasse de peu le million de lires.

Les forces politiques, à l’exception de la Rifondazione Comunista qui a présenté une proposition de loi nationale et a appuyé la proposition complète, n’ont pas été au-delà d’une sympathie générale.

On a cherché aussi à montrer à la ville qu’il est possible d’animer à nouveau des centaines d’espaces habitables abandonnés à la dégradation ou à la spéculation.

L’autorécupération bio-compatible par les coopératives d’auto-restructuration, en plus de donner une réponse immédiate au problème du logement, rassemble toute une série d’autres aspects tel que le respect de l’environnement (d’un point de vue historique ou du point de vue de la pollution), l’économie d’énergie, la réutilisation du territoire, le repeuplement des quartiers centraux de la ville chaque jour plus utilisés par les commerces et les bureaux, l’utilisation sociale de ces immeubles et enfin et non le moindre, le problème de l’emploi.

Coopérative Vivere 2000 - Via G. Modena, 90/a — 00153 Rome, ITALIE - Tel : (39) 06 589 66 32 - Fax : (39) 06 488 23 74 (c/o Unione Inquilini, Roma) Siège légal : Via Cavour, 101, 00153 Rome, ITALIE 711 - Italie

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