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Partager les ressources de la montagne

Les montagnes disposent de ressources naturelles dont l’exploitation devrait être partagée afin d’asseoir la paix sociale et l’harmonie entre les communautés présentes et futures.

Joseph FUMTIM

11 / 2006

Mombo, un territoire de montagne aux ressources convoitées

Mombo est une commune située dans le département du Moungo (dans la province du littoral, zone ouest du Cameroun), précisément sur « la dorsale camerounaise », c’est-à-dire la longue chaîne de montagnes qui occupe la partie occidentale du Cameroun et présente de hauts massifs comme le Mont Cameroun, 4 100 mètres. les habitants de Mombo, environ 20 000, sont des producteurs (éleveurs et agriculteurs) dont près de 40 % vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Mombo a la particularité de bénéficier d’un réseau routier favorable et d’abriter des opérateurs économiques et industriels dont la plupart exploitent des produits miniers. En effet, la Cimencam (Cimenteries du Cameroun) y exploite de la pouzzolane, produit utile dans le bâtiment et le revêtement des routes ; et « Les brasseries du Cameroun » possèdent à Tangui, village de la commune, une unité d’exploitation d’eau minérale naturelle justement baptisée « Tangui », dont la commercialisation et la réputation ont depuis longtemps franchi les frontières du pays.

Exploitation et paupérisation des paysans

Ces entreprises sont installées dans cette localité depuis une vingtaine d’années et entretiennent des relations plus ou moins harmonieuses avec l’Etat, dans la mesure où elles paient régulièrement les taxes fiscales liées à leur fonctionnement ainsi que des redevances dues à l’exploitation des ressources.

Il faut signaler qu’au Cameroun, les communes ne perçoivent qu’environ 10 % de ces redevances, dont une partie sinon la totalité est exploitée pour l’entretien des routes qui desservent, pour la plupart, les zones d’exploitation.

Organiser le développement de la localité pour que les ressources soient profitables à tous

Lorsque Djouokou Jean Blaise prend les rênes de la mairie de Mombo en 2002, il observe que Cimencam et Tangui honorent régulièrement les différentes taxes à l’Etat et à la commune. Cependant, il note une absence de cadre de concertation permettant à la commune et à ses structures d’appuyer un certain nombre de projets de développement qui ont directement un impact au niveau des populations. Le maire et son équipe engagent alors des discussions avec Cimencam et Tangui pour qu’ils s’impliquent dans des projets communautaires. Un cadre formel de concertation est créé pour organiser de façon durable le développement de la commune. D’autres acteurs étatiques et para-étatiques emboîtent le pas, comme le FEICOM (Fonds d’Equipement et d’Intervention inter-communal), qui soutient des projets de développement impliquant les communes. Le cadre de concertation comprend aussi la société civile et les ressortissants non-résidents de la localité.

Les retombées de cette initiative sont aujourd’hui visibles. Dans son sillage, la société Cimencam a financé l’électrification du village Djoungo, principal site d’exploitation de la pouzzolane. Cette électrification a eu un impact direct sur les populations, les enfants pouvant, par exemple, continuer à étudier la nuit grâce à la lumière électrique. De plus, les jeunes et les femmes ont entrepris des activités génératrices de revenus, respectivement la menuiserie et l’exploitation du moulin à maïs.

Au niveau du village Tangui, la société portant le même nom a participé à la remise en fonctionnement d’un forage, et la commune est en pourparlers avec les Brasseries du Cameroun pour que soient reversés des droits d’auteur au village, du fait de l’exploitation du nom de la localité par la société.

Mots-clés

aménagement du territoire, accès à la terre, surexploitation des ressources, développement local, gouvernance


, , Bafoussan, Cameroun

dossier

Les peuples de montagne dans le monde

Commentaire

Nécessité de renforcer les acteurs locaux

L’actuel défi du maire de la commune est de rassembler le maximum de personnes autour de ces différents projets, de partager avec elles les problèmes inhérents à l’exploitation des ressources disponibles, de travailler à la conservation des paysages. Il s’agit de faire comprendre aux populations qu’elles ne sont pas les laissées-pour-compte de la société, qu’elles ont des droits, des privilèges et des opportunités du fait d’être habitants de ce territoire. Le risque est grand, en effet, de créer des situations de malentendus dont les conséquences sont susceptibles de menacer la paix sociale. Pour éviter cela, il est nécessaire de mettre en place des passerelles entre les populations et les différents acteurs pour les points de vue des habitants soient pris en compte dans les mécanismes de prise de décision. L’avènement de la décentralisation au Cameroun constitue une opportunité pour un nouvel ordre du développement local des territoires de montagne.

Notes

Cet entretien a été réalisé par ALMEDIO Consultores avec le soutien de la Fondation Charles-Léopold Mayer pendant la rencontre régionale organisée par l’Association des Populations des Montagnes du Monde - APMM.

Source

Entretien

Entretien avec Djouokou Jean Blaise, maire de la commune de Mombo

B.P. 78 Mbanga, Cameroun

Tél : 771 37 38

E-mail : mombo_95@yahoo.fr

APMM (Association des Populations des Montagnes du Monde) - 50 boulevard Malesherbes, 75008 Paris, FRANCE - Tel:+33.1.42.93.86.60 – Fax:+33.1.45.22.28.18 - France - www.mountainpeople.org - contact (@) mountainpeople.org

CERAI (Centro de Estudios Rurales y de Agricultura) - C/ Del Justicia, nº 1, puerta 8, 46004 Valencia, ESPAÑA - Tel.: +34 963 52 18 78 - Fax: +34 963 52 25 01 - Espagne - www.cerai.es - administracion (@) cerai.es

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