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La violence

Ce qu’en disent les religions

Claire BARTHÉLÉMY

12 / 2006

La violence, dans une société primitive ou dans l’Etat de droit, reste toujours présente, même si elle est jugulée d’une autre manière. Il peut s’agir actuellement d’une violence économique, sociale, écologique. C’est par cette analyse philosophique que commence l’ouvrage sur la violence de la collection Ce qu’en disent les religions. Cela justifie de s’intéresser au rapport de différentes religions avec ce thème.

Les trois premiers développements sont consacrés au judaïsme, au christianisme et à l’islam.

Les auteurs placent tous les trois l’origine de la violence, au niveau des textes, dans l’histoire des deux frères Caïn et Abel. Ils soulignent aussi la violence qui se trouve dans les textes en général : meurtres, conquête, punition divine, sacrifices…

Certains religieux ont essayé de prendre de la distance par rapport à cette violence dans leur interprétation des textes. Ainsi les rabbins ont interprété dans le Talmud la loi du talion comme la nécessité de réparer un préjudice et ont restreint au maximum les conditions rendant possible l’application de la peine de mort, à l’absurde. Même chose pour certains théologiens de l’islam pour qui les sanctions corporelles ne peuvent être appliquées que si la justice sociale est parfaite et l’éducation religieuse de très bonne qualité. Fayçal Mawlawi, représentant d’un mouvement musulman sunnite, après les attentats du 11 septembre 2001, a déclaré que ceux-ci constituaient un acte de terreur qui était à la fois opposés aux valeurs universelles de l’islam mais aussi à l’éthique de la guerre : le visa accordé aux personnes ayant commis ces actions terroristes doit être considéré comme un acte de paix, rien ne doit donc être fait contre la sécurité du pays d’accueil.

Il est intéressant de voir, dans le rapport des religions avec différentes notions philosophiques, politiques, etc., comme le texte est important : carcan, inspiration, prétexte, soutien, il est toujours mis à contribution, discuté. A ce propos, Mehrézia Labidi-Maïza, qui rédige la partie concernant l’islam, soulève le problème du caractère sacré du Coran, pour lequel il n’y a pas de liberté de lecture, or pour l’auteur le contraire de la violence est la discussion.

De plus la violence est présente dans l’histoire des religions. A ce titre, le développement sur l’hindouisme montre qu’à côté de la référence à la non-violence de Gandhi, il existe dans l’histoire une violence des renonçants (les brahmanes), censés être non-violents, en partie pour se défendre contre la conquête musulmane au 16e siècle, mais aussi dans des affrontements entre renonçants, puis contre les anglais.

Ainsi la violence est-elle aussi utilisée pour la protection du peuple et de sa religion, elle est alors considérée comme légitime. C’est aussi le cas du Djihad dans l’islam et de la nécessité décrite dans la bible d’exterminer les autres peuples présents sur le territoire où le peuple d’Israël doit s’installer. Au sens plus large, cela se retrouve dans l’hindouisme dans la responsabilité du roi et des guerriers d’assurer l’ordre du monde ou dans les incarnations de Vishnu et du Christ. Le bouddhisme quant à lui développe un rapport sacré à la violence, qui peut être une destruction saine. Le bouddhisme cherche aussi à ce que l’être humain se défasse de sa violence dans la méditation et l’abandon. La violence y est traitée sur un plan personnel (c’est aussi le cas du second sens attribué au concept de Djihad dans l’islam), alors que dans les autres religions interviennent les aspects social, politique et mythologique de la violence.

Les différents auteurs donnent aussi leur opinion sur la question de savoir s’il faut supprimer les religions pour éradiquer la violence. F. Clavairoly a à ce propos une remarque très juste : vouloir supprimer les religions, c’est contourner l’histoire, vouloir supprimer les cultures et les liens entre les hommes. Il faut plutôt recentrer la religion sur sa raison d’être, guider l’être humain, et éradiquer les causes de la violence de la société : c’est la conclusion à laquelle arrivent les différents auteurs.

Mots-clés

religion et violence, violence, philosophie

Source

Livre

Collectif, sous la direction de Philippe GAUDIN. La Violence. Paris : Editions de l’Atelier. Coll. Ce qu’en disent les religions. 175 p.

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