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Sans l’intercommunalité, nombre de petites communes seraient dans l’impossibilité d’offrir à leurs habitants le moindre service et se transformeraient en un simple bureau d’état civil !

Isabelle Dexpert, Maire de Pompéjac, prône l’intercommunalité, la seule à pouvoir s’inscrire dans une logique de territoire et d’un développement durable et raisonné.

Clara SZWARC

04 / 2008

Petite présentation de l’interviewé et de son gouvernement local:

Le canton de Villandraut est une division administrative française située dans le département de la Gironde dans la région Aquitaine.

Ce canton est organisé autour de Villandraut, dans l’arrondissement de Langon. Il regroupe 8 communes (Bourideys, Cazalis, Lucmau, Noaillan, Pompéjac, Préchac, Uzeste, Villandraut), avec un total de 3 964 habitants. Son altitude varie de 17 mètres à Noaillan à 130 mètres à Cazalis.

Isabelle Dexpert est maire de Pompéjac :

Habitants : 232 hab.

Superficie : 974 ha

Nom des habitants : Les Pompéjacais

Cours d’eau : Le Ciron et le Pompéjac

 

Quelle est votre expérience de l’intercommunalité ? Et quelles sont les étapes de la mise en place de l’intercommunalité du Canton de Villandraut ?

Même si nous avions pris l’habitude de travailler ensemble au sein de regroupements sur des actions très précises, nous avons dû, avec la loi de décentralisation, considérer comme une obligation le fait de travailler ensemble et de transférer des compétences autrefois communales à la Communauté de Communes (CDC) à partir de 2001 (cf power-point pour compétences).

A quels obstacles avez-vous été confrontée dans la « construction » de votre intercommunalité ?

Le premier obstacle fut l’élu lui-même. En effet, depuis de nombreuses années, des élus avaient pris l’habitude d’une forme de pouvoir, de toute puissance, d’être le seul maître à bord. Il n’est pas facile, dès lors, d’accepter que votre commune n’est plus seule, et que des réalisations ne se feront pas forcément sur votre territoire. Bref, de reconnaître l’intérêt communautaire d’une action.

L’autre obstacle majeur a été le peu de lisibilité de la CDC par les citoyens. Le citoyen français connaît souvent très bien les membres de son conseil municipal, le maire, le conseiller général pour son canton, mais cela s’arrête là. Le pays, la CDC sont des strates supplémentaires qui ne lui parlent pas. La grosse difficulté réside donc dans le fait de faire connaître les délégués communautaires, les compétences de la CDC, leur rôle, et de faire en sorte que le citoyen s’approprie ce nouvel outil. Cela est actuellement en train d’évoluer en France.

Quels sont, selon vous, les principaux défis relevés ? Et les défis à venir ?

Le plus grand défi a été de travailler à 19 délégués avec une vision territoriale de la conduite de projets tels que : ramassage des ordures ménagères, déchetterie, service à domicile, politique globale enfance et jeunesse, centres de loisirs, accueils péri-scolaire, transport à la demande, gestion des bases de canoé et de la piscine etc. Ce défi a été relevé.

Aujourd’hui, nous nous sommes rendus compte que pour certains de nos projets, notre territoire n’était pas « suffisant » et nous sommes donc associés à deux autres CDC pour travailler sur un espace économie-emploi-formation, sur un projet de développement touristique territorial, mais aussi sur un schéma de développement économique préconisé par le département. Actuellement, il reste difficile de faire accepter que ceux qui accueillent les populations sont en demande de partage des richesses de la part de territoires voisins qui, eux, possèdent les sites économiques et les rentrées financières ad-hoc.

Quels outils ont permis à votre communauté d’assurer son développement et de se forger une identité ?

Notre agenda 21 nous a permis, lors de forums citoyens, de présenter la CDC, de répondre aux questions des habitants, d’entendre leurs avis et leurs attentes ; mais aussi de davantage communiquer par la diffusion d’un journal sur des thématiques précises, d’un site internet (www.cc-villandraut.fr/). L’identité se forge au fur et à mesure que les projets avancent et que les élus accroissent leur implication.

Donnez-moi les clés pour un bon fonctionnement et un bon développement de l’intercommunalité.

L’écoute, l’explication des actions retenues, l’intérêt communautaire clairement identifié et reconnu, la communication et, pour faire un peu d’humour (tout de même!), des élus « corvéables » et disponibles pour assister aux innombrables réunions de commission.

Quel regard portez-vous sur l’intercommunalité en général ?

En France, bien que subie au début, nous devons reconnaître qu’elle est la solution à une logique de territoire et à un vrai développement durable et raisonné.

Quelle est son utilité ?

Elle est tout simplement évidente. Sans l’intercommunalité, nombre de petites communes seraient dans l’impossibilité d’offrir à leurs habitants le moindre service et se transformeraient en un simple bureau d’état civil !

A quels obstacles est-elle confrontée ?

Aux élus eux-mêmes et aux citoyens, à l’esprit de clocher, à leurs faibles ressources dans le cas de CDC rurales comme la nôtre, notamment mettre en place des services.

Quels sont les enjeux dans un avenir proche ?

Avec les élections municipales de mars 2008 en France, il va falloir être vigileants afin que ce bel outil continue à fonctionner et expliquer aux nouveaux élus son intérêt et son rôle primordial.

Quels sont les apports du Séminaire de Chiloé ?

Je trouve les thèmes abordés intéressants, même si je regrette de ne pas avoir eu connaissance des sujets un peu plus en amont… Quant à l’organisation, je la trouve moyennement bien mise en oeuvre par l’association des maires de Chiloé et son cabinet.

Quels points positifs retiendrez-vous ?

Les échanges intéressants, la rencontre avec de nouvelles personnes, la confrontation avec de nouvelles expériences.

Parmi les initiatives exposées, certaines seraient-elles envisageables à l’échelle de votre intercommunalité ?

J’ai beaucoup apprécié l’expérience de San Andres (Grand ABC), au Brésil, même si chez nous, c’est plutôt le travail des chambres consulaires. Egalement toutes les présentations qui ont démontré, si cela était nécessaire, que le regroupement et l’intercommunalité font avancer les territoires.

Quel a été, selon vous, l’apport pour les participants de votre intervention sur le thème « Intercommunalité et coopération décentralisée » ?

Elle n’a de valeur que sur notre territoire en tant qu’unique solution pour nous. J’espère simplement avoir pu démontrer l’intérêt pour un territoire d’échanger et de partager pour construire et vivre.

Quelle est votre perception de la coopération décentralisée ?

C’est toujours un grand plaisir, même s’il est évident aujourd’hui que nous n’attendons pas tous les mêmes choses et que certains vont jusqu’à dire que les expériences présentées ne sont pas intéressantes pour leur cas.

Dans le cadre de la coopération décentralisée, comment s’associer, et à quelle échelle ?

Je pense qu’il faut avant toute chose bien définir les enjeux des échanges, bien cibler, expliquer le vocabulaire choisi, et sûrement mieux expliquer dès le départ nos différences culturelles, administratives afin de mieux comprendre nos différences tout autant que nos similitudes.

Comment envisagez-vous l’avenir de ces séminaires de collectivités locales entre la France et le Cône Sud ?

L’idée d’intégrer le programme Urbal est intéressante. Elle intervient toutefois peut-être un peu tôt. Est-ce que chacun va pouvoir s’y « retrouver » ?

Mots-clés

participation communautaire, décentralisation, développement communautaire, collectivité locale


, France, Bordeaux

dossier

Asociativismo municipal y cooperación descentralizada : la gestión común de políticas públicas locales

Source

Entretien

Isabelle Dexpert

Conseillère générale du canton de Villandraut

Mairie de Pompéjac Esplanade Charles-de-Gaulle 33074 - Bordeaux cedex

Tél : + 33 5 56 25 49 49 / Mail: canton.i.dexpert@wanadoo.fr

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