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Pesticides et sécurité sanitaire des aliments en Inde

Les industriels s’offrent du bon temps

2006

Toute substance chimique est potentiellement dangereuse. Entre poison et remède c’est la dose qui fait la différence. Il y a déjà un certain temps que le problème de la contamination des denrées alimentaires par les pesticides a commencé à retenir l’attention. En 1953, l’Assemblée mondiale de la santé, le principal organe directeur de l’OMS, adoptait une résolution où elle s’inquiétait de l’usage croissant de produits chimiques dans l’industrie alimentaire. Cela a conduit, en 1956, à la création d’un Comité mixte FAO/OMS d’experts sur les additifs et contaminants alimentaires, lequel comité avait pour mission initiale de déterminer des normes de sécurité uniquement en matière « d’additifs alimentaires ». On désignait ainsi « des substances non nutritives ajoutées intentionnellement à un produit alimentaire, généralement en petite quantité, pour améliorer son apparence, son goût, sa texture et sa durée de vie ». Par la suite, le comité doit s’occuper aussi des produits introduits de « façon non intentionnelle » dans l’alimentation : pesticides, traces de métaux…En 1961, cet aspect a été confié à une nouvelle structure, la JMPR, autrement dit la Réunion conjointe FAO/OMS d’experts sur les résidus de pesticides. La JMPR a été spécialement établie pour fournir des avis scientifiques à la Commission du Codex Alimentarius sur la question des résidus de pesticides dans les denrées alimentaires qui font l’objet d’un commerce. Les deux organismes constituent un cadre de référence international mais chaque pays peut développer ses propres normes pour limiter la pollution par les pesticides.

L’exposition aux pesticides se produit essentiellement par voie alimentaire. Il est donc indispensable de tenir compte des régimes alimentaires d’une région du monde à l’autre, d’un pays à l’autre. On se sert pour cela des données fournies par le Programme d’évaluation et de surveillance continue de la contamination des produits alimentaires (GEMS Aliments) de l’Organisation mondiale de la santé. Mais il est évidemment souhaitable que chaque pays affine ces données à l’aide de repères complémentaires.

Les industriels s’offrent du bon temps

C’est en 1948 que l’Inde a commencé à utiliser des pesticides. On a importé de petites quantités de DDT, pour lutter contre le paludisme, et de HCH pour combattre les sauterelles et criquets. Dès l’année suivante, les pesticides faisaient leur entrée dans l’agriculture. En 1954 une première entreprise s’est mise à fabriquer du DDT et du HCH. Aujourd’hui en Inde le secteur des pesticides se situe au douzième rang mondial et au deuxième rang dans la région Asie-Pacifique, juste derrière la Chine. Cela représente un marché estimé à environ 900 millions d’euros. Dans l’économie dite « organisée », on recense quelque 57 sociétés indiennes et 10 sociétés multinationales qui fabriquent des pesticides. Il existe aussi plus de 400 petites fabriques artisanales. Les capacités de production indiennes sont très importantes : 162 760 tonnes, soit 10 pour cent des capacités mondiales. Mais les installations fonctionnent au mieux à 55-60 pour cent. La majeure partie de la production indienne est hors brevet et reste donc bon marché. C’est pour cela qu’elle ne représente que 2,5 pour cent des ventes mondiales.

La consommation de pesticides en Inde reste à première vue très faible : environ 0,57 kg par habitant. En Thaïlande, c’est 1,4 kg, en Corée 6,6 kg, au Japon 10,8 kg. Ce que le chiffre indien ne précise pas c’est que nous utilisons des pesticides parmi les plus toxiques. Ici, plus de 80 pour cent des ventes sont des insecticides, toxiques et persistants. Aux Etats-Unis par contre, les insecticides ne représentent que 18 pour cent de l’ensemble des pesticides. Pour l’Europe, le chiffre est de 20 pour cent, pour l’ensemble du monde de 36 pour cent. Il faut noter également qu’en Inde plus de la moitié des pesticides servent à traiter les champs de coton. Il s’agit donc d’optimiser les revenus et non plus de produire suffisamment de nourriture.

Mots-clés

pollution, agriculture et alimentation, agriculture et santé


, Inde

dossier

CSE - Multinationales du coca : David contre Goliath (Notre Terre n°20, décembre 2006)

Notes

Traduction en français : Gildas Le Bihan (CRISLA)

Source

CRISLA, Notre Terre n° 20, septembre 2006. Sélection d’articles de Down To Earth, revue indienne écologiste et scientifique, publiée par CSE à New Delhi.

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