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L’industrie de la canne à sucre en République dominicaine

Petrolina URENA

2008

Les premières plantations de canne à sucre ont été introduites en République dominicaine par les colons espagnols, au début du XVIe siècle. Aujourd’hui, l’agriculture est un des secteurs les plus importants de l’économie nationale, la canne à sucre étant le principal produit agricole. Le secteur est assuré par trois entreprises, qui contrôlent 75 % des plantations de canne : le Consejo Estatal del Azúcar (Conseil d’état du sucre [CEA]), qui détient 50 % de la production, Casa Vicini, une entreprise nationale, et la Central Romana, une entreprise étrangère. La majorité de la production est située au sud-est du pays.

Migration

Durant de nombreuses années, il y a eu des conflits aux limites frontalières entre Haïti et la République Dominicaine, qui ont été définies par un traité signé en janvier 1929. Toutefois, des milliers de Haïtiens sont restés sur le territoire dominicain, la plupart d’entre eux contraints de travailler dans les plantations de canne à sucre.

Aujourd’hui encore, le secteur dépend principalement d’immigrants haïtiens, qui représentent 90 % de la main d’œuvre chargée de la coupe de la canne. On estime de 500 000 à 1 million le nombre d’immigrants haïtiens en République dominicaine. Le propre gouvernement dominicain stimule souvent l’immigration haïtienne, afin d’obtenir de la main d’œuvre bon marché pour les cannaies. Toutefois, les immigrants n’ont pas accès aux droits fondamentaux et sont fréquemment déportés une fois que leur force de travail est exploitée.

Un des principaux problèmes de ses immigrants réside dans le fait que légalement, c’est comme s’ils n’existaient pas. Ils sont considérés comme « des apatrides », car aucun pays ne les reconnaît comme citoyens. Nombreux sont les Haïtiens qui arrivent en République dominicaine sans papiers et restent dans cette situation. Les enfants de ces immigrants nés dans le pays ne sont pas reconnus comme des citoyens et ne reçoivent pas d’acte de naissance.

Les communautés d’immigrants haïtiens sont appelées les Bateyes. Ces communautés vivent dans une extrême pauvreté et les immigrants meurent généralement entassés dans des baraques, sans lumière, sans toilettes ou eau potable. Il n’y a aucun service de santé, aucun espace récréatif ou école.

Le mot Batey provient de la langue des indiens Taínos, qui habitaient à l’origine dans la région et qui furent réduits à l’esclavage durant la colonisation espagnole. Aujourd’hui, les conditions de travail des immigrants coupeurs de canne sont semblables à celles des esclaves.

Ils sont exposés à des conditions de travail très difficiles, ils travaillent en moyenne 12 heures par jour et sont menacés de déportation lorsqu’ils cherchent à s’organiser pour garantir leurs droits. Grand nombre d’entre eux ne parle pas l’espagnol et cela complique d’autant plus leur organisation.

Les accidents durant la coupe de la canne sont fréquents et nombreux sont les travailleurs qui sont mutilés. Lorsqu’ils arrêtent de travailler, les travailleurs n’ont pas le droit à la retraite ni à une pension. Les salaires sont extrêmement bas et basés sur la quantité de canne coupée, et non sur le nombre d’heures travaillées. Les travailleurs n’ont aucun moyen de contrôle sur la pesée de leur production et souvent, ils ne savent même pas combien ils vont toucher par tonne de canne coupée.

Mots-clés

immigré, conditions de travail, canne à sucre, violation des droits humains, ouvrier agricole, production agricole


, République Dominicaine, Haïti

dossier

L’agroénergie : mythes et impacts en Amérique latine

Notes

Traduit en français par Elisabeth Teixeira (babethteixeira (at) yahoo.fr)

Les textes de ce dossier sont le résultat du séminaire sur l’expansion de l’industrie de la canne à sucre en Amérique Latine, qui a eu lieu à São Paulo, au Brésil, du 26 au 28 février 2007.

Ce dossier est aussi disponible en anglais, espagnol et portugais.

Source

Petrolina Urena, Séminaire sur l’expansion de l’Industrie de la canne à sucre en Amérique latine, du 26 au 28 février à São Paulo.

Esclavos de la caña

República Dominicana: Empoderamiento en los campos de caña de azúcar

El Movimiento Socio Cultural para los Trabajadores Haitiano

Comissão Pastoral da Terra - Rua Esperanto, 490 - Recife, BRASIL - Tel. / Fax: 55-81-3231-4445 - Brésil - www.cptpe.org.br - cptpe (@) terra.com.br

Rede Social de Justiça e Direitos Humanos - Rua Castro Alves, 945 - São Paulo, SP, BRAZIL - Tel.: 011 3271 1237/3275 4789 - Fax.: 011 3271 4878 - Brésil - www.social.org.br - rede (@) social.org.br

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