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NREGA, l’opportunité saisie par les femmes

Richard MAHAPATRA

11 / 2010

Davantage de femmes que d’hommes travaillent dans le cadre du programme national qui garantit un emploi à la population rurale. Jusqu’au mois d’octobre de l’année fiscale, les femmes ont bénéficié de plus de 50% des emplois créés grâce à la loi nationale Mahatma Gandhi sur la garantie de l’emploi en milieu rural (MGNREGA). Leur participation a continuellement augmenté depuis l’entrée en vigueur de la loi en 2006. Ce phénomène est remarquable étant donné que seulement 28,7 % des femmes font partie de la population active du pays, selon les dernières données disponibles pour le pays, fournies par la National Sample Survey Organisation pour 2004-2005.

Par le passé également, les programmes publics pour l’emploi attiraient davantage de femmes qu’initialement prévu. Entre 1970 et 2005, l’Inde a mis en place 17 programmes principaux axés sur l’emploi ou l’auto-emploi.

En 2000, la part des femmes dans les programmes d’emploi – tels que le National Rural Employment Programme, le Rural Landless Employment Guarantee Programme, le Jawahar Rozgar Yojana et le plan Employment Assurance Scheme – représentait un quart du total des emplois créés. Les programmes en faveur de l’auto-emploi, tels que le programme intégré de développement en zone rurale (Integrated Rural Development Programme) et la formation pour l’auto-emploi des jeunes en zones rurales (Training for Rural Youth in Self-employment), bénéficiaient davantage à des femmes : 45 % en 2000.

La participation des femmes à la NREGA fait ressortir certains aspects, souvent contradictoires. Premièrement, les États dont la participation féminine dans la population active n’est pas significative enregistrent un taux élevé de femmes qui participent au programme. Au Kerala par exemple, les femmes représentent environ 15 % de la population active. Avec la loi NREGA, elles représentent désormais 79 % des emplois créés. Deux autres États, le Tamil Nadu et le Rajasthan, dont la part des femmes actives est faible, possèdent respectivement 82 % et 69 % de femmes qui travaillent dans le cadre de la NREGA. Deuxièmement, les États pauvres caractérisés par des possibilités d’emploi occasionnel tels que l’Orissa, l’Uttar Pradesh et le Bihar, enregistrent une faible participation féminine (22 à 33 %). Cela contredit l’affirmation selon laquelle la pauvreté oblige les femmes à accepter des emplois occasionnels. Troisièmement, on croit que dans certains États, le modèle d’agriculture à forte densité de main d’œuvre, tel que la culture du riz, favorise la participation féminine à la population active. Les données liées à la NREGA indiquent le contraire dans les États de l’Orissa et du Bengale occidental, qui pratiquent la culture du riz à forte densité de main-d’œuvre.

Certains points de la NREGA peuvent contribuer à créer des tendances contradictoires. Dans le cadre de la loi, un ménage se voit garantir 100 journées de travail manuel par an. Les membres adultes du foyer peuvent partager cette garantie et le salaire est le même pour la femme et pour l’homme. Cela permet aux ménages de faire des prévisions de budget en fonction de leurs revenus de travail. Alors que les hommes émigrent dans les villes, les femmes restent dans les villages pour travailler dans le cadre de la NREGA. La loi augmente les revenus des ménages car auparavant les salaires des femmes étaient moins élevés que ceux des hommes.

Les femmes saisissent cette opportunité en vue de posséder leur indépendance économique. Au-delà de l’égalité des salaires, la loi est axée sur la conservation de l’eau. Elle permet aux membres des communautés des castes et tribus répertoriées d’accepter un emploi sur leurs propres terres et d’être payés pour cela. Les femmes qui participent au programme reprennent l’exploitation de leurs fermes détruites ou bien réalisent des travaux pour assurer l’approvisionnement en eau. Dans l’État du Tamil Nadu, ce phénomène est marqué, comme plusieurs études locales l’ont indiqué. Dans les États d’Uttar Pradesh et du Madhya Pradesh, les ménages de la région du Bundelkhand frappée par la sécheresse ont adopté cette stratégie.

Plus de 90 % de femmes actives sont des ouvrières agricoles ou des cultivatrices. Leur travail est en grande partie non rémunéré car elles travaillent dans leurs fermes. La NREGA a changé la donne. Désormais, une partie des tâches effectuées par les femmes, telles que les opérations de nivellement des terrains et d’excavation de bassin dans leurs fermes, sont désormais rémunérées. Dans les régions sujettes à la sécheresse, telles que la région du Warangal dans l’État d’Andhra Pradesh et celle d’Ahmadnagar dans l’État du Maharashtra, les membres de la communauté ont indiqué que cela a attiré les femmes dans le programme.

Dans les États du Kerala, du Tamil Nadu et du Rajasthan, l’histoire de la mobilisation des femmes au sein des plans et campagnes d’action semble avoir contribué à la hausse de leur participation. Dans le Rajasthan, la campagne d’action en faveur des bilans sociaux, dans laquelle les femmes jouent un rôle majeur, a contribué à favoriser la prise de conscience et la hausse de la participation dans le cadre de la loi NREGA. Les lieux de travail de la NREGA sont dotés de bonnes installations pour les enfants et les femmes. Dans l’État du Kerala, la gestion des lieux de travail et les autres tâches logistiques de mise en œuvre sont confiées à des groupes d’entraide féminins dans le cadre de la mission Kudumbashree d’éradication de la pauvreté. En conséquence, la plupart des membres des groupes d’entraide se sont joints au programme.

L’augmentation de la participation des femmes dans la loi NREGA peut permettre de réaliser de manière effective son objectif clé : le renouveau écologique local. Il est désormais obligatoire que 50 % des femmes élues dans les panchayat aient des rôles clés dans la réalisation du programme, comme la préparation du plan de développement du village. Si les femmes remplissent des fonctions de contrôle dans les panchayats et que cela coïncide avec la prédominance du nombre de femmes qui travaillent, le programme ainsi que les villages seront gagnants.

Mots-clés

participation des femmes, travail des femmes, développement rural, économie rurale


, Inde

Notes

Lire l’article original en anglais : How women seized NREGA

Traduction : Agnès CARCHEREUX

Source

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Richard MAHAPATRA,« How women seized NREGA », in Down To Earth, 16 Nov, 2010

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