
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
04 / 1994
Les accords de pêche conclus entre la CEE et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique)s’effectuent dans le cadre de la Convention de Lomé qui n’a pris en compte le secteur de la pêche qu’à partir de Lomé 3, en 1983. Trois raisons ont permis que la pêche soit alors inclue dans la Convention : l’adoption d’un nouveau droit international de la mer en 1982 à Montego Bay ; les besoins des pays industriels du Nord de trouver de nouvelles zones d’exploitation à leur propre flotille industrielle, en particulier avec l’entrée dans le Marché commun de l’Espagne et du Portugal ; et enfin les besoins des pays ACP d’acquérir des devises, pays qui, de toute façon, n’ont guère les moyens d’exploiter leurs ressoures.
"La CEE, par ces accords, est tenue de verser des compensations financières calculées en fonction du poids des captures et d’attribuer une autre somme pour des programmes de recherche en matière de pêcheries, de formation et d’étude et de participation à des conférences internationales. Les accords prévoient aussi l’embauche à bord des navires de la CEE de pêcheurs autochtones afin de leur assurer une formation".
Tout n’est peut-être pas négatif dans ces accords, mais ce sont avant tout des accords commerciaux. Ce qui est certain c’est que la pêche artisanale en souffre beaucoup.
Aucun moyen de surveillance n’a été mis en place pour dire si les embauches et formations prévues ont réellement été effectuées. Quant à la recherche, elle est surtout orientée vers des objectifs commerciaux et non sur la gestion rationnelle de la pêche. De plus, la recherche ne s’est jamais intéressée à la pêche artisanale.
Les accords sont négociés entre de nombreux partenaires dont les intérêts divergent considérablement, et les artisans-pêcheurs sont rarement représentés lors des négociations. L’intérêt immédiat est le facteur déterminant dans la conclusion des accords qui ne prennent guère en compte la promotion des pêcheurs locaux et l’avenir des populations.
Pour 1991, des accords ont été signés avec la Guinée Conakry, le Mozambique, le Cap Vert, les Seychelles, l’Angola, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. On constate une baisse du nombre des pays désireux de passer des accords.
"Les pays du Sud en auraient-ils assez de constater que ces accords aboutissent, en fait, à sur-exploiter leurs ressources halieutiques sans leur procurer en contrepartie des moyens sérieux de développement de leurs propres pêcheries" ?
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