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INDESUR -Inversiones para el Desarrollo- en Uruguay

Simone ARGOUD

1993

Société fondée en mars 1990, INDESUR a obtenu sa personnalité juridique en novembre 1990. Son siège est à Montevideo et son directoire composé de 5 personnes, toutes bénévoles (l’absence de salariés est peut-être une mauvaise option car ne répondant pas toujours aux exigences de la société). C’est dans un contexte uruguayen caractérisé par la crise des investissements et la fuite des capitaux, entraînant l’effondrement des banques et la prise en charge de leurs dettes par l’Etat, qu’est née l’idée de créer un modèle différent d’investissement, des investissements atomisés pour de petites entreprises à faible technologie. Cette société s’est donc fixé comme objectif l’appui à la création de petites entreprises ou à de petites entreprises déjà existantes, ou de consortiums de petites entreprises. Mais, d’après l’expérience des associés d’INDESUR, s’il est relativement simple d’aider des entreprises préexistantes, la création de projets neufs est un autre défi. D’où le besoin d’un outil différent, très flexible, permettant de pallier les coûts de la mise en route et d’assurer le maintien et la rentabilité du projet.

La création de cet outil a été un processus lent et rempli d’embûches, qui a commencé en 1987-88 avec la SIDI (Société d’investissements pour le développement international). Actuellement, INDESUR s’est consolidée, moins par rapport à son activité que par rapport à ses partenaires. En effet, INDESUR privilégie le partenariat avec les entreprises formelles. Elle compte utiliser le leasing : leasing "casero", "popular", avec accords sur les échéances et les modalités. De par la législation uruguayenne, qui interdit aux banques d’avoir dans leurs actifs des actions des entreprises, INDESUR ne peut avoir d’associés bancaires. La création de consortiums fait partie de ses objectifs. Une loi de 1989 sur les sociétés commerciales a défini les caractéristiques du consortium. Deux possibilités de participation au consortium sont à l’étude.

Sa préoccupation majeure est l’emploi des jeunes, population la plus frappée par le chômage en Uruguay. Elle appuie la création d’entreprises par les jeunes pour qu’à leur tour ils emploient des ouvriers sous- ou non qualifiés dans des entreprises utilisant, avant tout, les matières premières du pays.

Son financement provient de diverses sources :

-la SIDI (Société d’Investissement et de Développement International)pour 30 %,

-FUNDASOL pour 29 %. FUNDASOL est une association de grandes coopératives de commercialisation essentiellement agricoles qui ont mis en place des lignes de crédit pour le financement des coopératives et a ouvert en 1986 un programme d’appui à la petite et micro-entreprise

-la CND (Corporacion Nacional para el Desarrollo)pour 28%,

-la SCOD (Société de Coopération Oecuménique pour le Développement, Pays-Bas)pour 3 %,

-des ONGs pour 3 % .

A noter ces deux échecs :

-le projet avec de jeunes universitaires visant à l’implantation d’araires semi- industriels pour le marché national et l’exportation. Le projet et ses promoteurs étaient de grande valeur, mais il s’est avéré que ces jeunes avaient plus une vocation de consultants que de dirigeants d’entreprise.

-le projet d’association avec une entreprise fabriquant des matelas et des sacs. Un bon projet avec un entrepreneur très qualifié. Il n’a pu se réaliser car il était impensable pour l’entrepreneur de payer les impôts et les diverses taxes exigées, tout comme il était impensable pour INDESUR, avec des partenaires tels que la CDC, de passer outre. L’entreprise, viable avec un certain degré d’informalité, se serait effondrée en se formalisant.

Les problèmes rencontrés sont amplifiés par le sentiment de solitude des promoteurs d’INDESUR, en l’absence d’une structure permanente de consultation avec ses partenaires (surtout SIDI et INDES, trop lointaines), et par la difficulté de devenir, face aux propositions financières de grands organismes régionaux ou mondiaux (Corporación Latinoamericana de Inversion, ou BID), des interlocuteurs valables.

Mots-clés

création d’entreprise, petite et moyenne entreprise, crédit, investissement, chômage, jeune, échec


, Uruguay

Notes

Fiche extraite du rapport de mission réalisée par Béatrice Trouville, à l’occasion du Séminaire international des Sociétés d’investissement -Chili et Brésil -, mars/avril 1991./Présentation faite par J. Naya, doublée par un entretien.

Source

Rapport

TROUVILLE, Béatrice, CEDAL FRANCE=CENTRE D'ETUDE DU DEVELOPPEMENT EN AMERIQUE LATINE

CEDAL FRANCE (Centre d’Etude du Développement en Amérique Latine) - France - cedal (@) globenet.org

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