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La priorité donnée aux actions de développement de type productif marginalise les projets de type éducatif

au Nicaragua, au nom de la soutenabilité, les organismes de coopération risquent de favoriser des modèles de développement condamnés à terme

Clément SAN SEBASTIAN

11 / 1993

Au Nicaragua comme dans bon nombre de pays du Sud, les budgets publics consacrés à l’éducation stagnent, voire diminuent sous l’effet conjugué des exigeances des institutions de Bretton Woods et de l’inflation. Dans ce pays, où l’effort d’alphabétisation et d’éducation a été très important, ce recul des dépenses publiques est très sensible.

Bon nombre d’organisations non gouvernementales, commme l’INIEP (Instituto Nicaraguense de Investigación y Educación Popular)ont cherché, souvent dans un cadre régional, a paillier ce déficit éducatif en mettant en oeuvre des programmes d’alphabétisation et, plus largement, de formation de base. Mais ces institutions rencontrent des difficultés financières, car les bailleurs de fonds, quelque soit leur nature (coopération bilatérale, multilatérale ou non gouvernementale), hésitent à financer de telles actions, et donnent la priorité au soutien aux activités productives. Dans le domaine de la formation, seule la formation professionnelle réussit à obtenir des crédits supplémentaires, si elle s’articule à la mise en place d’un projet de développement des capacités productives.

Le père Fernando Cardenal, directeur de l’INIEP et ancien ministre de l’éducation du gouvernement sandiniste, fait part de sa préoccupation à ce sujet, et souhaite qu’à nouveau, l’éducation soit considérée comme un élément fondamental du développement d’un pays.

Mots-clés

politique de l’éducation

alphabétisation

éducation populaire

dimension culturelle du développement

culture et développement

ONG


Nicaragua

Commentaire

Ces réflexions amènent des commentaires de plusieurs ordres :

1 Peut on sciemment, dans un effort productiviste, sacrifier la formation générale des populations du Sud, et sacrifier une ou deux générations, qui seraient chargées du décollage économique de leur pays, et remettre l’effort éducatif à plus tard ?

2 Quel financement, et quel type d’éducation, peut on mettre en place dans les pays du Sud ? Faut il, comme le fait l’INIEP de plus en plus, adosser la formation à de petits projets productifs, quitte à consacrer plus de temps à la mise en route desdits projets qu’à une réflexion approfondie sur le type d’éducation à mettre en oeuvre ?

3 Le rôle des bailleurs de fonds n’est il pas dans ce domaine prédominant ? Ne devrait il pas exister de clause prévoyant un prélèvement minimal sur les actions de développement du secteur productif, permettant de financer les secteurs non rentables, mais indispensables au développement humain ?

Notes

Cette fiche est issue d’un long entretien avec le père Fernando CARDENAL.

Source

Personne ressource

SAN SEBASTIAN, Clément, CIMADE=COMITE INTERMOUVEMENT D'AIDE AUX DEPLACES ET AUX REFUGIES

CIMADE - 64 rue Clisson, 75013 Paris, FRANCE - Tél. : 01 44 18 60 50 - Fax : 01 45 56 08 59 - France - www.cimade.org - infos (@) cimade.org

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