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La signature des accords de paix au Salvador pose le problème de l’intégration économique des communautés de déplacés et réfugiés à l’économie de marché

Clément SAN SEBASTIAN

11 / 1993

La guerre civile au Salvador a déplacé près d’un million de personnes. La plupart d’entre elles ont quitté le pays, mais plusieurs centaines de milliers d’entre elles sont restées à l’intérieur du pays. Elles ont formé des campements dans des villages abandonnés par leurs occupants, et ont organisé les conditions de leur survie, avec l’appui d’organisations caritatives et de solidarité nationales et internationales. De 1980 à 1985, l’appui apporté par ces organisations s’est limité à la fourniture d’aliments, de logements et de services de santé. Progressivement, les villages de réfugiés se sont organisés, et les réfugiés eux-mêmes ont mis en place les conditions de leur survie : de petites structures autogérées de santé, d’éducation, de production artisanale se sont créées.

La signature des accords de paix en 1992 au Salvador a provoqué une crise au sein de ces communautés, qui ont dû en quelques mois, redéfinir le cadre de leur insertion dans la communauté nationale.Les accords de paix prévoient en effet la libre circulation des personnes dans les deux zones du pays : la zone aux mains des troupes gouvernementales, et la zone contrôlée par les guérillas regroupées au sein du FMLN.

Les communautés sont principalement installées dans la zone contrôlée par le FMLN, ce qui durant la guerre les a presque totalement soustrait au marché. Elles se sont de ce fait structurées hors de toute préoccupation de rentabilité économique, le flot régulier de l’aide internationale leur assurant des revenus stables, sans relation avec les activités productives mises en place.

La libre circulation des biens consécutive aux accords de paix, l’impossibilité de se soustraire à celle-ci dans un pays de petite taille doté de voies de communication correctes, et la diminution des montants alloués par la solidarité internationale, placent maintenant ces communautés face à une difficile mutation.

Cette transformation est d’autant plus difficile que les organisations d’appui (aide technique, structures de coordination, etc.), qui tiraient leur raison d’être et leur revenus de leur activité auprès des communautés, freinent les mutations au sein des communautés.

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