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Améliorer son revenu agricole par la qualité plutôt que par l’agrandissement

Histoire de M.B., producteur laitier pour la coopérative Jeune Montagne

Betty WAMPFLER

02 / 1994

M.B. a repris en 1981, une exploitation familiale, de bonne taille, mais souffrant du handicap d’être en montagne (pentes, hivers longs, intensification difficile). Il choisit d’abandonner la production mixte de lait et de viande pratiquée par ses parents , pour se spécialiser en production laitière et adopte un système de production intensif, centré sur la race de vache Holstein. Le lait est vendu à la coopérative Jeune Montagne, qui fabrique le fromage de Laguiole.

L’exploitation se développe jusqu’au moment où l’application des quotas laitiers (en 1987, en Aveyron)bloque sa dynamique d’expansion, jusque là exclusivement fondée sur l’augmentation des quantités.

Son revenu agricole étant encore insuffisant, M.B. est alors confronté à un choix entre deux voies de développement possibles. Il peut agrandir son exploitation et produire de la viande sur les nouvelles surfaces acquises. Sans problème technique et inscrite dans une tradition locale, cette solution occasionnerait, par contre, un surcroît de travail important, difficile à assurer par M.B.

L’autre voie lui est offerte par la coopérative Jeune Montagne, qui, confrontée à une baisse inquiétante de la qualité fromagère du lait qu’elle traite, cherche à reconvertir le troupeau laitier vers une race de vaches plus adaptée à ses exigences. C’est la Pie rouge de l’Est qui a été retenue pour la qualité de son lait, mais aussi parce qu’elle permet une meilleure valorisation de la viande produite et qu’elle est plus adaptée que la vache Holstein aux zones herbagères.

Bien que la démarche soit très innovante, difficile et non exempte de risques, c’est cette seconde voie que choisit M.B., avec le soutien financier de la coopérative.

La reconversion du troupeau se fait en 4 ans, au prix d’un effort technique et financier (les remboursements d’emprunt sont majorés de 30 000F par an pendant 6 ans).

Quand, en 1992, la coopérative met en place une nouvelle grille de paiement du lait qui renforce les écarts de prix en fonction de la qualité (35cm/litre d’écart entre les meilleurs et les moins bons laits), la démarche de M.B. s’avère payante. L’amélioration de la qualité du lait produit avec les Pie rouge, combinée à une meilleure valorisation de la viande, permet une augmentation de 68% de son revenu agricole initial. Celui-ci est maintenant satisfaisant (de l’ordre de 200 000F/an)et a été obtenu sans augmentation notable du temps de travail.

L’amélioration de la qualité du lait est donc une manière de contourner le problème des quotas laitiers. A titre d’illustration, en convertissant en équivalent litres de lait, la totalité des produits de l’exploitation de M.B., le "quota théorique global" ainsi obtenu, passe de 190 000 litres en situation initiale, à 275 000 litres en situation finale.

Plusieurs raisons ont conduit M.B. à jouer la carte qualité plutôt que celle de l’agrandissement. Cette démarche était plus maîtrisable en termes de travail, elle lui semblait professionnellement plus stimulante; enfin, elle devrait aussi, selon lui, permettre de conserver davantage d’exploitations agricoles, alors que la logique de l’agrandissement, de la concentration de la terre et des droits à produire dans quelques grosses exploitations, finira par transformer le pays en désert...

Mots-clés

agriculture, innovation technique


, France, Aveyron

Commentaire

Le cas de M.B. est extrême, en termes de résultats économiques, liés notamment à une excellente pratique profesionnelle, mais aussi au choix radical de la qualité fait par la coopérative Jeune Montagne, concrétisé par sa grille de paiement du lait. Cependant, même si c’est dans des proportions moins importantes, d’autres filières, d’autres productions, offrent des exemples d’amélioration significative des revenus, obtenus à travers des stratégies de qualité.

Source

Entretien

ENSAM (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Montpellier) - L’ENSAM fait partie depuis janvier 2007 de Montpellier SupAgro qui est née de la fusion de 4 établissements : ENSAM, Centre national d’études agronomiques des régions chaudes (CNEARC), Département industries agroalimentaires régions chaudes de l’École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (ENSIA-SIARC) et Centre d’expérimentations pédagogiques de Florac (CEP Florac). 2 place Pierre Viala, 34060 Montpellier Cedex 1, FRANCE - Tél. 33 (0)4 99 61 22 00 - Fax 33 (0)4 99 61 29 00 - France - www.agro-montpellier.fr - contact (@) supagro.inra.fr

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