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Valoriser des atouts locaux, une démarche commune à beaucoup de projets de développement local

Le cas de la commune de St Parthem

Betty WAMPFLER

02 / 1994

Le projet de développement de St Parthem est né avec l’arrivée d’une nouvelle équipe municipale en 1989. Quelques réflexions recueillies au sein de cette équipe, traduisent la "philosophie" qui fonde ce projet. "La survie du monde rural ne viendra pas de l’extérieur. Seul un sursaut interne peut encore changer les choses". "Un pays, on l’aime parce qu’on y est bien, et pas seulement parce qu’il est beau". "Le patrimoine, c’est bien, il faut le respecter, le réhabiliter, mais pas le figer. Au centre du développement, il y a l’homme et ses besoins d’aujourd’hui. Pourquoi seuls les anciens auraient-ils fait de belles et bonnes choses?"

Cette attention portée au patrimoine n’est pas anodine. Dans la vallée du Lot où se situe la commune, l’une des seules activités touristiques encore vivantes est un tourisme fondé sur le patrimoine écologique et architectural. Or, le projet adopté à St Parthem va modifier l’aspect de certains sites et batiments.

L’objectif du projet est de promouvoir un développement socio-économique de la commune, répondant strictement aux besoins de ses habitants. Quatre axes ont été dégagés: utiliser le patrimoine pour le développement économique; créer des logements; maintenir l’agriculture; créer des fonds propres communaux garantissant l’autonomie de la démarche.

L’originalité du projet de St Parthem réside moins dans ses objectifs que dans les moyens pour les réaliser dont s’est dotée cette commune, au budget de fonctionnement dérisoire. Au centre du dispositif, il y a la création, sur la rivière traversant le village, d’une micro-centrale électrique qui, par la patente versée par l’EDF, génèrera les fonds propres dont la commune a besoin. Le paysage pittoresque de la rivière en sera modifié? Qu’à cela ne tienne. L’équipe municipale n’hésite pas à amplifier les changements en décidant l’aménagement de ruisseaux latéraux et le creusement de deux petits lacs permettant la création de parcours de pêche sportive et d’éclosoirs à truites. Le vieux "musée de la rivière" poussiéreux est rénové. Les sentiers de bord de rivière sont aménagés, un circuit de randonnée est crée entre trois villages de la rivière, un camping est en projet.

Suite à l’ouverture d’une déviation routière, la rénovation de vieux batiments communaux fournit des opportunités de logements et d’ateliers-relais. Le café et la station service renaissent ainsi. Un projet de HLM est en cours d’élaboration, ainsi qu’une zone artisanale. Sur le plan agricole, un marché de pays nocturne a été crée pour permettre aux producteurs locaux de mieux valoriser leurs produits; l’irrigation rendue possible par la micro-centrale électrique, va permettre l’installation d’un maraicher. La forêt dominant le village a été mise en exploitation et de nouvelles plantations ont été effectuées, en essences résineuses à croissance rapide essentiellement.

Mots-clés

développement local, milieu rural, développement rural


, France, Aveyron

Commentaire

Le projet de St Parthem est un exemple de ce que peut réaliser, en un laps de teps limité, une municipalité pauvre, mais fortement motivée. Parmi les facteurs de réussite de la démarche, la création de fonds propres est déterminante.

Cependant, la stratégie "de faire feu de tout bois" qui fonde ici la démarche, induit un développement tous azimuts qui pose le problème de la mise en cohérence des projets : comment concilier une micro-centrale électrique ou une zone de HLM, avec un tourisme patrimonial? Des plantations résineuses avec un tourisme "écologique", etc...

L’exemple de St Parthem est intéressant à un autre point de vue: tout en étant défini sur une base communale résolument autonome, le projet est devenu rapidement l’un des moteurs d’une dynamique de développement plus large, à l’échelle de six communes environnantes de la Vallée du Lot.

Source

Entretien

ENSAM (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Montpellier) - L’ENSAM fait partie depuis janvier 2007 de Montpellier SupAgro qui est née de la fusion de 4 établissements : ENSAM, Centre national d’études agronomiques des régions chaudes (CNEARC), Département industries agroalimentaires régions chaudes de l’École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (ENSIA-SIARC) et Centre d’expérimentations pédagogiques de Florac (CEP Florac). 2 place Pierre Viala, 34060 Montpellier Cedex 1, FRANCE - Tél. 33 (0)4 99 61 22 00 - Fax 33 (0)4 99 61 29 00 - France - www.agro-montpellier.fr - contact (@) supagro.inra.fr

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