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Petites entreprises, initiatives locales et artisanat à Bozhou, Tianchang et Xiema (provinces du Anhui et du Sichuan, Chine)

Sylvie DIDERON

04 / 1993

Depuis la libéralisation de l’économie au début des années 1980,beaucoup d’activités auparavant collectives ont été privatisées, et de nombreuses entreprises ont été créées dans des domaines extrêmement variés.

1. La commune de Yongguang occupe une superficie cultivée de 1700 hectares pour une population de 13.000 habitants. Elle comptait avant les réformes 3 entreprises rurales collectives dont les activités étaient toutes en rapport avec l’agriculture: moulins, fabrication de farine et de nouilles à base de légumineuses et de patates douces,... En 1990, 91 entreprises sont installées sur son territoire, dégagent chaque année un produit brut de 4.200.000 yuans (1 yuan=0,2 US$)et emploient 500 agriculteurs. Parmi elles, 6 sont gérées par la collectivité communale, 25 par les collectivités villageoises. Leurs activités sont très diverses, allant de la fabrication de meubles à celle d’objets en plastique en passant par le montage d’accessoires électriques pour une usine de Shanghai. Mais les entreprises artisanales familiales sont de loin les plus nombreuses (une soixantaine), quoique le capital qu’elles mobilisent soit nettement moindre. Leurs domaines d’action sont également très variés. Beaucoup sont des ateliers dont la production est destinée à l’usage local: menuiserie/charpenterie (meubles, outils agricoles), forge (parties travaillantes des outils agricoles), couturiers, ... D’autres concernent la transformation des produits agricoles: petits moulins, fabriques de pâtes alimentaires, fabriques de doufu ("fromage de soja"), huileries dont les produits (farine, pâtes, huile de sésame)sont écoulés sur les marchés de la commune ou du chef-lieu de district. Enfin, une minorité de familles a réussi à conclure avec des usines de grandes villes proches (Shanghai, Nankin)des contrats de sous-traitance. Les usines leur fournissent les machines nécessaires à la production et les matières premières, elles fabriquent les articles de confection (gants, vêtements, chaussures)selon les patrons de l’entreprise-mère.

Malgré ce développement rapide, beaucoup de ces entreprises, qu’elles soient collectives ou privées, périclitent. Les responsables locaux mettent en avant les problèmes de gestion. Les autres difficultés auxquelles ont à faire face ces nouvelles entreprises sont les problèmes d’approvisionnement en énergie. La production d’électricité est largement insuffisante dans le district par rapport aux besoins et les coupures sont fréquentes. L’essence est rationnée. Par ailleurs, les banques ne suivent pas toujours le besoin de prêts ou de crédits, particulièrement pour les entreprises familiales. Enfin, la formation des agriculteurs employés dans les usines et l’apprentissage de nouvelles techniques ne sont pas toujours au point localement. Lorsque la qualité n’est pas obtenue assez rapidement, les usines-mères préfèrent se tourner vers d’autres sous-traitants.

2. Pour les régions plus enclavées, pas de sous-traitance possible. Par contre, partout artisanat et commerce en laison avec l’agriculture et l’alimentation trouvent des débouchés. A Bozhou, outre la transformation des produits agricoles et la fabrication d’outils (houes, faucilles, bêches, râteaux mais aussi tombereaux, charrues, herses et semoirs), la restauration est un domaine où les clients abondent. Petites gargottes ambulantes où l’on mange sur le pouce ou bien restaurants avec pignon sur rue, la grande majorité est tenue par des paysans. Une activité spécifique de la région est le commerce des plantes médicinales. Le marché de Bozhou est réputé depuis des siècles et, dès la libéralisation du commerce, la place a été occupée par une multitude de petits marchands, souvent double-actifs.

3. Le développement des entreprises rurales est une priorité du gouvernement chinois afin de créer des emplois locaux pour les paysans et d’enrayer ainsi l’exode rural. Cependant, même dans les zones où les opportunités de création d’entreprises sont les plus importantes (infrastructures de transport développées, proximité de grandes agglomérations), les résultats escomptés n’ont pas toujours été atteints. A Yongguang, moins de 10% des actifs agricoles ont pu accéder à un emploi dans les entreprises locales. Les candidats sont très nombreux et les places chères. Les critères de sélection sont souvent prohibitifs: avoir été au collège, apporter une part du capital de l’entreprise. Du point de vue financier, les collectivités sont favorisées par les banques par rapport aux familles qui n’ont quasiment pas accès aux emprunts ni au crédit.

Mots-clés

milieu rural, entreprise, entrepreneur, commerce, rôle de l’Etat, industrialisation, emploi, technologie de pointe, politique de développement


, Asie, Chine, Anhui

Commentaire

Dans le domaine des petites entreprises locales et de l’artisanat, les initiatives locales ne sont pas toujours soutenues par l’Etat et les banques (toutes étatisées), ni en ce qui concerne la formation, ni en ce qui concerne les crédits, ni -enfin- en ce qui concerne les infrastructures.

Notes

Ma thèse (Institut National Agronomique Paris-Grignon; en cours)résulte d’un travail de recherche de terrain, d’observations et d’enquêtes menées auprès des acteurs de l’agriculture locaux: paysans, cadres,...dans plusieurs districts chinois.

Source

Thèse et mémoire

DIDERON, Sylvie, INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE PARIS-GRIGNON, 1993/00/00 (Suisse)

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