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Quand l’initiative d’un SIVOM favorise l’émergence de projets locaux

Histoire de la Société des Quatre Villages, à Najac en Aveyron

Betty WAMPFLER

05 / 1994

Le canton de Najac se situe dans l’Ouest aveyronnais. Plus marqué par son ouverture sur le grand Sud Ouest que par l’identité montagnarde du reste de l’Aveyron, ce canton reste très agricole, avec des exploitations de petite dimension (20-25 ha), dans lesquelles la production principale (bovin lait ou viande)est complétée par des "petites productions" (canards, tabac, semences ...). Najac est aussi un canton touristique.

En 1988, le SIVOM de Najac choisit de se donner une vocation d’acteur du développement économique. Après consultation de la population, différents axes d’interventions sont dégagés. Dans le domaine agricole, le SIVOM choisit d’investir dans la construction d’une salle d’abattage et de découpe répondant aux normes européennes en matière d’abattage de volailles fermières.

Cette initiative conduit un groupe de petits producteurs de canards jusque là regroupés en association pour la vente directe de leurs produits, à réfléchir à un projet de structure de transformation et de vente, leur permettant de réaliser des actes de commerce de plus grande envergure.

Novices dans la création d’entreprise, les quinze agriculteurs (en fait surtout des agricultrices)qui composent le groupe, font appel à une association de formation-développement, l’ADEFPAT (Fiche 34)pour aider à la définition du projet et au financement des formations nécessaires à sa réalisation. Après une formation à la création d’entreprise, aux techniques de transformation et à la conception d’une stratégie commerciale, les quinze agriculteurs créent la "SARL des 4 villages".

La SARL permet une combinaison originale et souple de fonctionnement collectif et individuel

Les canards sont produits par chaque agriculteur individuellement. L’abattage, la découpe et la transformation sont collectifs et réalisés dans la salle de découpe de Najac, louée pour l’occasion par la SARL, les mêmes recettes culinaires garantissent un produit final homogène. Chaque sociétaire achète ensuite les boîtes de conserve, étiquettes et dépliants à la SARL. La vente est réalisée pour partie individuellement par chaque producteur (3O %), et pour partie par la SARL. Celle-ci achète les produits dont elle a besoin au fur et à mesure aux agriculteurs et n’a ainsi jamais de stock à gérer. Elle les commercialise soit par catalogue, soit dans son magasin de Najac ou encore dans les salons, foires, marchés.

La vente en magasin et sur les marchés est assurée à tour de rôle par les agriculteurs aidés de stagiaires pendant les périodes de pointe de travail. La stratégie commerciale reste sommaire plus fondée sur la confiance dans la qualité du produit que sur un ciblage précis de marché. La gamme de produits limitée au départ s’est progressivement étoffée (3O produits)à la fois pour répondre à la demande (produits différents, conditionnements...)et pour valoriser toutes les parties du canard.

Au bout de quatre ans, la SARL est arrivée à un fonctionnement de croisière avec un "noyau" d’une dizaine de producteurs (7 productrices, 3 producteurs)qui assurent le plus gros de la transformation (25OO c/an)et un chiffre d’affaire de l’ordre de 7OO OOO Frs à la SARL.

Avec une marge de 1OO Frs par canard, un atelier moyen génère un revenu net de l’ordre de 3O OOO Frs par an, ce qui est un complément non négligeable dans des petites structures agricoles.

L’augmentation de la production ne figure pas parmi les projets prioritaires de la SARL qui semble avoir trouvé un équilibre entre l’apport en revenu, la disponibilité en travail et la part de marché accessible.

Un équilibre précaire cependant qui risque d’être remis en cause par le départ à la retraite imminent des producteurs les plus importants. La SARL sera amenée alors à redéfinir une nouvelle stratégie : augmentation de la production individuelle de ceux qui vont rester (avec un risque de saturation en travail)ou recrutement de nouveaux actionnaires (avec les difficultés d’adaptation qui y sont liées).

Mots-clés

milieu rural, organisation paysanne


, France, Aveyron

Commentaire

L’exemple de la SARL des Quatre Villages montre commentune initiative fondée sur des éléments considérés a priori comme secondaires dans le monde agricole (une "petite" production "complémentaire", dévolue aux femmes d’agriculteurs), peut aboutir à la création d’un outil économique "solide" et de bonne envergure, participant au développement local (par l’ouverture d’un magasin, par la participation à des animations festives...)

Cette initiative a pu se concrétiser et se pérénniser grâce à l’invertissement réalisé par le SIVOM local, (les producteurs n’ayant pas à leur charge les investissements d’infrastructures de transformation, valorisent mieux leurs produits)et grâce à l’appui d’une structure de développement ayant pour vocation de favoriser l’émergence de projets ruraux, l’ADEFPAT.

Source

Entretien

ENSAM (Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Montpellier) - L’ENSAM fait partie depuis janvier 2007 de Montpellier SupAgro qui est née de la fusion de 4 établissements : ENSAM, Centre national d’études agronomiques des régions chaudes (CNEARC), Département industries agroalimentaires régions chaudes de l’École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (ENSIA-SIARC) et Centre d’expérimentations pédagogiques de Florac (CEP Florac). 2 place Pierre Viala, 34060 Montpellier Cedex 1, FRANCE - Tél. 33 (0)4 99 61 22 00 - Fax 33 (0)4 99 61 29 00 - France - www.agro-montpellier.fr - contact (@) supagro.inra.fr

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