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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Le Réseau Voix du Silence - Communication à la base

Catherine GUERNIER

02 / 1994

La Fondation pour le Progrès de l’Homme avait dans ses premières années d’existence, soutenu divers projets de développement dans des régions très défavorisées. En Colombie, à Bogota précisément, l’ENDA-AL travaillait depuis longtemps avec les enfants récupérateurs d’ordures. Dans le Nord-Est du Brésil, à Fortaleza, CEARAH GRET avec les habitants des favelas, dans une tâche de réhabilitation des bidonvilles, de lutte pour le droit à l’habitat et l’émergence d’une prise de conscience par les habitants eux- mêmes que leur quartier a une histoire et qu’ils doivent la raconter. A Florianopolis, le Centre Vianei, relayé en 93 par l’Association DIALOGO-CULTURA E COMUNICACAO s’impliquait complètement dans le drame des paysans sans terre, des petites agricultrices, des enfants des favelas. En Afrique, au Mali, l’ORDIK, était un cas assez particulier puisque cette région paysanne était une de celles d’où étaient originaires un grand nombre des migrants africains en France. Ceux-ci envoyaient régulièrement à leurs familles restées au pays des sommes d’argent que petit à petit ils ont pensé mieux utiliser en permettant d’initier sur place des petites actions de développement. En Inde, dans le Maharashtra, le contexte était encore différent : là la société de castes et certaines coutumes confinent les femmes intouchable dans des situations particulièrement tragiques : le CENTRE FOR COOPERATIVE RESEARCH IN SOCIAL SCIENCES travaille au milieu d’elles. Un branche de l’ENDA s’installa au Maroc afin d’y travailler sur la communication avec des ONG déjà en place et l’Assoc. Marocaine de lutte contre le Sida. Le point commun entre toutes ces actions a donné naissance au programme "Voix du Silence, communication à la base". Tous ces organismes en effet travaillaient avec les groupes les plus défavorisés et marginalisés ; et pomrtant, malgré leur faiblesse, ceux-ci arrivaient à crier, à faire entendre leur voix, leur culture, et à prouver ainsi qu’ils existaient. La FPH a donc choisi de réunir à Fortaleza en 1992 ces partenaires, épars dans plusieurs continents, qui ne se connaissaient pas entre-eux, qui avaient tant de choses en commun et tant à se raconter. Ils avaient été soutenus depuis 3 ans au titre d"Observatoires des pratique de la communication à la base", chargés d’ étudier plus attentivement comment au quotidien ces exclus avec lesquels ils travaillaient trouvaient les outils et les pratique pour se faire entendre, et réfléchir sur leur action dans ce domaine. Ils raconteraient leurs expériences, non sous forme de rapports, mais simplement en fiches DPH Tous avaient montré en effet leur souci de promouvoir davantage le "discours de" que le "discours sur", de valoriser les modes d’expression populaire, de renforcer le droit de chaque homme et chaque groupe à avoir accès, en tant qu’acteur, aux outils de communication du monde moderne. Au terme de ces trois ans, il ne fallait pas que cette dynamique d’échanges d’information ne devait pas se tarir, et la FPH a pensé souhaitable de créer une tête de réseau DPH sur le thème "Voix du silence" dans chacune des grandes régions (Europe, Asie, Amérique Latine, Afrique). D’autre part, un des Observatoires, s’étant révélé particulièrement dynamique (Dialogo-Cultura e Comunicaçao, Brésil)qui pratique non seulement DPH pour la réalisation de fiches, mais également dans son fonctionnement interne et déjà dans l’information et le travail avec ses partenaires ainsi que dans des articles parus sous forme de fiches dans la presse régionale,a accepté d’être le premier pôle central DPH pour l’Amérique Latinede ce réseau Voix du Silence. Il doit commencer très prochainement en continuant à tisser ses échanges, à renforcer son action avec les nombreux partenaires qu’il a déjà (Universités, groupes, associations régionales, organismes internationaux,), maintenir les liens avec les autres Observatoires afin d’analyser de renforcer et de diffuser par des rencontres, des échanges, les expériences innovantes : video légère, et participative, théâtre ou littérature populaire, manifestations, radios locales, qui seront traduites en fiches DPH par eux- mêmes et leurs partenaires afin de contribuer à ne pas laisser aux seuls professionnels occidentaux ou occidentalisés le monopole de la prise de parole ou d’images.

Mots-clés

communication, audiovisuel, radio, vidéo, médias, valorisation des savoirs traditionnels, culture populaire, identité culturelle, démocratie


, Amérique Latine, Brésil

Commentaire

A la différence des autres réseaux DPH, celui-ci ne commence effectivement à fonctionner qu’en mars 1994. Cependant, il ne part pas de rien. Il démarre chargé de toute l’expérience personnelle des animateurs de DIALOGO CULTURA E COMUNICACAO depuis une dizaine d’années et de leur activité dans le groupe d’Observatoires des pratiques de la communication à la base FPH qui leur a permis d’élargir encore plus leur champ d’action en Amérique Latine, et de les renforcer vis-à-vis des groupes défavorisés d’une part et des autorités institutionnelles et des pôles des medias et du pouvoir d’autre part.

Source

Personne ressource

FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme) - 38 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, FRANCE - Tél. 33 (0)1 43 14 75 75 - Fax 33 (0)1 43 14 75 99 - France - www.fph.ch - paris (@) fph.fr

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