
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
L’apprentissage des difficultés de la communication
08 / 1994
En 1987, se tient à Mopti un séminaire national sur la situation des filles mères, confrontées non seulement à la réprobation sociale mais également au coût économique de l’enfant, supporté, dans la majorité des cas, par la famille de la jeune femme. Cette manifestation a pour écho, à Kayes, la création de l’association Sinignasiki, signifiant en bambara, préparer l’avenir. Ce groupement bénéficiant de l’appui logistique et du soutien moral de l’AMPPF (Association Malienne pour la Protection et la Promotion de la Famille)regroupe environ cent femmes, soit des jeunes filles mères, soit des femmes avec charge de famille (veuves, divorcées...). Les activités à vocation socio-écoonomique en cours ou en projet, ne diffèrent pas de celles traditionnellement pratiquées par les associations féminines villageoises : culture de l’arachide, maraîchage, couture, teinture, alphabétisation. En revanche, Sinignasiki développe une stratégie de communication originale. Pour faire connaître leur existence et leurs différentes actions, les jeunes femmes ont recours aux ondes de la Radio Rurale de Kayes. Certaines d’entre elles, nouvellement alphabétisées, ont été employées par la Direction Régionale de l’Education comme formatrices dans les villages de brousse, assurant pendant deux mois, l’alphabétisation de groupes d’hommes et de femmes. D’autres sont utilisées par l’AMPPF comme relais pour sa politique de planning familial. Fortes de leur expérience personnelle, elles font circuler, à travers causeries et animations diverses, une information complète sur l’espacement des naissances. Mais les membres de Sinignasiki ont également enregistré plusieurs refus concernant le développement d’activités génératrices de revenus. Ainsi, plusieurs de leurs demandes pour l’attribution d’un local ou d’un champs pour leurs cultures n’ont pas été entendues. D’autre part, la coopération décentralisée liant Kayes à une ville de la région parisienne et plusieurs ONG leur ont fait des promesses qui n’ont pas été tenues. Malgré la volonté évidente de ses membres, Sinignasiki manque aujourd’hui de perspectives motivantes tant pour ses moyens que pour ses réalisations.
éducation et changement social
L’avenir apparemment incertain de Sinignasiki passe cependant par une stratégie de communication accrue comportant deux objectifs : éviter, par l’information, à d’autres jeunes filles d’être confrontées à la même situation ; faire connaître à un maximum d’interlocuteurs, l’existence actuelle de l’association, ses réalisations et ses projets afin d’assurer sa survie. Aussi, les membres de Sinignasiki espèrent-elles beaucoup de l’établissement de liens suivis de communication, voire de relations économiques (envoi de produits divers)avec les épouses des migrants maliens établis en France.
Présentation d’organisme
FONTENEAU, Anne
