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Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
Les accords internationaux stabilisant les prix des matières premières sont tombés un à un.
Par exemple, l’accord sur le cacao a éclaté en 1988 et le prix de la tonne de fèves est tombé de 1100 livres à 600 livres.
Rituellement, les gouvernements africains incriminent spéculateurs et firmes multinationales. Mais n’est-ce pas se tromper d’adversaire et chercher à esquiver une remise en cause de leur propre modèle de développement ?
Il est significatif que Nestlé, par exemple, soit explicitement favorable à une augmentation des cours du cacao à condition d’avoir une qualité stable et une régularité d’approvisionnement. La montée en régime de la production de cacao en Malaisie (de 10 000 à 200 000 tonnes en 15 ans)montre aussi que les gouvernements africains devraient s’intéresser de plus près à leurs propres prix de revient, de la plantation à la livraison.
En essayant de spéculer sur les cours internationaux, en ayant une attitude individualiste, les gouvernements africains n’ont guère contribué à une régulation des productions et des prix et on ne voit pas comment les prix se redresseraient s’il y a, comme dans le cas du cacao, d’énormes exédents. "L’Afrique ne s’est pas encore remise du mythe du trésor caché (des matières premières)qui ont tour à tour pourri les Etats et asservi les populations à force de les avoir fait rêver".
Les institutions internationales de leur côté ont contribué au mythe "en tenant pour vertueuses les exportations de matières premières servant à rapporter des devises, à rembourser la dette, à financer des investissements".
Il est temps de chercher d’autres modèles de développement.
Ces réflexions rejoignent certains constats faits par la Fondation: dans le cas du sucre, par exemple, la poursuite des accords de Lomé aux termes desquels la CEE paie à ses partenaires très au-dessus du prix mondial un sucre excédentaire correspond aux intérêts des Etats sucriers, mais pas nécessairement de leurs paysans et ne fait que différer une conversion inéluctable. Un certain discours tiers mondiste sur le prix des matières premières et la responsabilité des multinationales risque d’entrenir des chimères commodes et des alliances artificielles entre des militants des pays du Nord, soucieux d’un développement équitable du Sud et des Etats du Sud. Sans doute faut-il avoir le courage de reprendre les problèmes à la base, dans leur diversité et leur complexité.
Articles et dossiers
FOTTORINO, Eric, LE MONDE, 1990/03/20 (France)
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