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Aménagement de l’environnement dans un quartier populaire de Quito -Equateur-

Cécile LACHERET

07 / 1994

Contexte.

Sur les flancs du volcan Pichincha, entre 2 900 et 3 000 m d’altitude, s’étendent les quartiers populaires du nord-ouest de Quito. Regroupés en Fédération (FBPNQ), ces quartiers forment une unité territoriale conjuguant densité élevée et carence en infrastructures : 36 % seulement des familles ont accès à l’eau potable à domicile, 35 % sont équipées d’un système d’évacuation des eaux usées et pour 16 % les dépôts d’ordures sont les terrains vagues.

Description de l’action.

En 1992, la Fédération, avec l’appui du centre de recherche CIUDAD, a engagé un plan de développement local : aménagement territorial, développement économique et culturel, communication et appui institutionnel.

Ce programme bénéficie du concours d’institutions diversifiées nationales et internationales : l’entreprise municipale de l’eau de Quito réalise un réseau d’évacuation des eaux usées dans le quartier de San Rafael ; une organisation non gouvernementale (ONG)espagnole aménage des espaces verts et récréatifs et un système d’évacuation des eaux pluviales.

Historique.

Le projet "Eau et développement" constitue un volet de ce programme. Impulsé par CIUDAD, il est financé par le programme des volontaires des Nations Unies. Il s’inscrit dans un programme national de protection du milieu et de gestion de l’environnement. Il est animé par un comité de gestion composé de vingt femmes élues représentant leurs quartiers, deux représentants de la Fédération et un représentant de CIUDAD.

Objectifs.

L’objectif majeur est d’améliorer l’habitat, les conditions sanitaires et l’environnement des quartiers, tout en protégeant les habitants contre les risques encourus par une installation sur les pentes du volcan.

Basé sur la gestion populaire, le projet cherche à impulser une dynamique locale en prenant en compte l’ensemble des impératifs sociaux, urbains et environnementaux.

Des objectifs intermédiaires ont été définis :

- approvisionnement en eau potable par réseaux enterrés à partir d’un processus participatif et de travaux communautaires,

- gestion des eaux de ruissellement et formation au respect de l’environnement et à la protection de la ressource,

- amélioration des conditions sanitaires et valorisation de l’identité du quartier par des campagnes de sensibilisation et de réalisations d’espaces verts à partir de pépinières locales.

Résultats obtenus.

La ’Minga por la vida’, organisée le 24 avril 1993 en prévention des catastrophes prévisibles, a été le point de départ des actions. Habitants, comités de quartier, écoles et collèges ont nettoyé les rues, ouvrages et espaces publics, avec la participation de nombreux organismes publics et privés.

De cette mobilisation est né le comité de gestion chargé de conduire, administrer et évaluer le projet. Un fonds a été constitué. Géré par le comité, il a permis d’installer la pépinière. Le comité a aussi bénéficié de diverses formations et appuis en matière d’organisation sociale, de production de plantes et de protection de l’environnement. Sa légitimité se fonde sur un système d’élection par suffrage direct et l’adoption d’un système de contrôle comptable transparent.

L’accord initial avec les volontaires des Nations Unies prévoyait de rémunérer un groupe privilégié de sept personnes pour des travaux de réhabilitation habituellement réalisés de façon communautaire. La Fédération a préféré indemniser vingt jeunes femmes et les former à un rôle plus important dans les organisations de quartier.

Des travaux communautaires ont permis la construction d’un réservoir d’eau de 65 m3 à Santa Isabel, le semis de mille arbres et la réalisation de la pépinière.

Problèmes rencontrés.

La gestion des moyens financiers a suscité quelques tensions entre les multiples intervenants, la Fédération et le comité. Les membres du comité ont dû être formés à la comptabilité et à la programmation des actions.

Selon les termes de référence, les ’éco-volontaires’ doivent bénéficier d’un contrat. Or la Fédération ne peut rémunérer des membres de la collectivité sans risquer d’apparaître à même de financer les actions sur le quartier, image qui compromettrait la mobilisation bénévole des habitants. Le mode de sélection des éco-volontaires est mal défini et peut être motif de conflit entre habitants. Les termes de participation, volontariat, organisation... sont très galvaudés ; il est important qu’ils soient définis localement et respectent les formes de structuration adoptées par la population. Clientélisme, mécanismes de dépendance financière et institutionnelle rendent difficile l’essor d’un système de développement autogéré. A terme, ce sont les populations et non les ONG qui les accompagnent qui doivent proposer des solutions alternatives, faire valoir leurs droits et s’insérer dans la gestion de la cité.

Leçons à tirer de l’expérience.

Les habitants et leurs organisations ont été les acteurs du projet depuis sa conception jusqu’à son évaluation. Le projet a cherché à développer une économie solidaire qui améliore durablement les conditions de vie des habitants. Les relations entre les acteurs, l’intégration de la zone à la ville se sont développées grâce à une meilleure appropriation du fonctionnement du quartier par ses habitants.

Mots-clés

montagne, eau potable, déchet urbain, développement urbain, participation populaire, femme, projet de développement, étude de cas, travail communautaire, formation


, Équateur, Quito

Notes

Contact : Mario Vásconez, Rodrigo Barreto, CIUDAD, calle Fernando Meneses 265, Casilla 17 08, 8311 Quito (Equateur). Tél. (593-2)23 47 05. Fax (593-2)50 03 22.

Reproduction d’une fiche parue dans : L’eau et la santé dans les quartiers défavorisés, Paris, GRET, 1994, p. 120-121.

Source

Livre

GRET, 1994/05 (France)

Développement et Civilisations - Centre international Lebret-Irfed - 49 rue de la Glacière, 75013 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 47 07 10 07 - France - www.lebret-irfed.org - contact (@) lebret-irfed.org

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