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Assainissement et protection de l’environnement à Bamako -Mali-

Cécile LACHERET

07 / 1994

Contexte et enjeux

« Le quartier de Hamdallaye, à Bamako, souffre du manque d’infrastructures sanitaires. Très étendu, il compte une population de 40 000 habitants. Lors d’une enquête, JIGUI -un groupement d’intérêt économique local- a identifié deux problèmes urgents : l’existence de dépôts d’ordures anarchiques et le déversement des eaux usées dans les rues. Il a donc développé la collecte des ordures en même temps que l’animation sanitaire et l’implication des populations dans les actions d’assainissement ».

Description de l’action

« JIGUI initie, encadre et exécute les actions avec les populations. Les autorités et les services techniques du district fournissent une aide active (évacuation des déchets vers la décharge finale) et des conseils techniques (puisards, aspects institutionnels). Le volet de l’action concernant les ordures est financé par la Caisse française de développement. La Banque africaine de développement et le Fonds d’équipement des Nations Unies interviennent sur les autres volets ».

L’action comporte trois volets :

- Opération ’Beseya’ (propreté) : Collecte quotidienne des ordures ménagères des concessions abonnées à ce service, ensuite stockées dans des dépôts de transit. Un animateur de secteur passe chaque mois ramasser le paiement (750 FCFA par concession et par mois) qui doit permettre la prise en charge de l’opération par la population. Le compost fourni par le tri des ordures sert à réaliser des pépinières pour l’aménagement d’espaces verts.

- Assainissement : réalisation de puisards individuels dans les concessions pour recueillir les eaux usées

- Travaux d’embellissement (plantations, pavages).

« L’ensemble du projet repose sur une dynamique de quartier qui est impulsée par des débats dans les concessions, des réunions hebdomadaires et des comités de sages. Des feuilles de présence aux réunions mesurent la mobilisation des habitants. La construction des puisards impliquera les artisans locaux. Canal d’information traditionnel, les crieurs et crieuses publics, appartenant parfois à la caste des griots, assurent la communication. Les animateurs de secteur, le personnel administratif (secrétaires et comptables) et le coordinateur organisent l’action dans laquelle s’impliquent fortement les habitants du quartier (leaders d’opinion)".

Historique

En s’appuyant sur ce qui ressortait des débats dans les concessions, JIGUI a d’abord déterminé « la meilleure façon d’aborder et de résoudre les problèmes liés à la gestion de l’espace de vie du quartier. Puis, il a réalisé une enquête socio-économique portant sur la faisabilité de l’opération de collecte des ordures ménagères. L’étude concluant favorablement, JIGUI a décidé de démarrer l’opération Beseya en y associant un noyau de la population appelé à s’élargir par la suite. »

Objectifs

« Répondre aux besoins de services de proximité des quartiers urbains défavorisés, assainir le cadre de vie des populations, aboutir à des solutions simples efficaces et créatrices d’emploi, rendre la population actrice des améliorations ».

Résultats obtenus

« Des charrettes à âne basculantes vident quotidiennement des poubelles mises à la disposition des concessions. Les équipages ainsi formés sont répartis entre les secteurs avec un superviseur à la tête de chaque équipe. Une pépinière dont les produits embelliront le quartier existe déjà. Elle utilise comme engrais le compost obtenu à partir des déchets ramassés. »

Problèmes rencontrés

« Les canaux de communication traditionnels ne sont pas toujours satisfaisants à cause de leur coût élevé, de l’importance de la surface à couvrir et de la récupération par les partis politiques. La mobilisation de la population est lente, car elle continue à s’en remettre à l’Etat-providence. Des difficultés existent dans le recouvrement des arriérés pour le ramassage des ordures. De leur côté, les services de voirie évacuent trop lentement les ordures. Enfin, une certaine incompréhension, voire une certaine méfiance, existe au sein des autorités communales. »

Leçons à tirer de l’expérience

« Tout indique une obligation de respecter les us et coutumes ainsi que les rythmes d’acquisition et d’appropriation de la population. L’implication des autorités communales doit avoir lieu dès le début de l’action, en parallèle avec celle des populations. Enfin, les ’leaders d’opinion’ devraient plutôt être désignés par la population et non par des intervenants extérieurs au quartier ».

Mots-clés

habitat populaire, déchet urbain, participation populaire, tradition, financement du logement, aménagement urbain, information


, Mali, Bamako

dossier

Gouverner les villes avec leurs habitants

Villes et environnement

Commentaire

Contact : Moussa Kaba, président du GIE JIGUI, B.P. 1502, Bamako, Mali. Tél. (223)22 34 25.

Notes

Rédigé à partir d’une fiche, largement citée, parue dans : L’eau et la santé dans les quartiers urbains défavorisés, Paris, GRET, 1994.

Source

Livre

GRET, 1994/05 (France)

Développement et Civilisations - Centre international Lebret-Irfed - 49 rue de la Glacière, 75013 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 47 07 10 07 - France - www.lebret-irfed.org - contact (@) lebret-irfed.org

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