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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Une nouvelle donne institutionnelle dans les quartiers défavorisés de Yaoundé -Cameroun-

Cécile LACHERET

07 / 1994

Contexte.

Le quartier de N’Konldongo, dans la commune de Yaoundé, ne dispose d’aucune borne-fontaine publique. Ses habitants achètent l’eau potable à ceux, plus aisés, qui disposent d’un branchement SNES (coût d’un branchement : 300 $US). La moitié des familles n’a pas les moyens d’acheter l’eau et utilise les points d’eau traditionnels (puits et sources), souvent pollués faute d’aménagements de qualité. Par manque de ressources, les communes assurent difficilement le service des ordures ménagères. La tranche aisée de la population recourt à de petites entreprises privées. Les autres transportent leurs ordures dans des dépôts sauvages.

Historique

A la suite de demandes adressées à l’AFVP (Association française des volontaires du progrès)par le maire de Yaouné IV et une association de base du quartier N’Konldongo, le GRET (Groupe de recherche et d’échanges technologiques)et l’AFVP ont entrepris en 1991 un travail de développement urbain dans ce quartier, visant en particulier l’émergence de nouveaux opérateurs locaux et de nouveaux mécanismes de gestion urbaine.

Objectifs.

"L’accompagnement et l’encouragement des initiatives individuelles ou de groupes est le principe de base à partir duquel ont été définis plusieurs objectifs : avancer dans la compréhension des dynamiques urbaines (différentes des dynamiques rurales), identifier et promouvoir les acteurs les plus énergiques et les leaders du développement local, aider la population à surmonter sa résignation à l’égard des services publics, tester au travers d’actions concrètes des mécanismes alternatifs de gestion des services publics, réunir différents acteurs (commune, ONG, etc.)et mettre en place des dispositifs pérennes de concertation.

Il s’agit de promouvoir les structures locales (associations de jeunes, de femmes, de quartiers)qui peuvent jouer un rôle dans le développement de services publics à faible coût et adaptés aux besoins : gestion des bornes-fontaines par des comités d’usagers (contrôlant le vendeur d’eau qui est souvent un artisan privé), assainissement du bas-fond grâce à des travaux communautaires réalisés par des jeunes du quartier qui veulent installer un terrain de foot, amélioration des points d’eau existants (puits et sources)en mobilisant les énergies communautaires et l’épargne locale.

Le projet a également pour objectif de promouvoir le renforcement et la création d’ONG ou de bureaux d’études locaux spécialisés dans l’ingénierie urbaine".

Résultats obtenus.

Le quartier de N’Konldongo a montré un dynamisme extraordinaire. Par exemple, les jeunes du quartier ont formé des associations de trente à cinquante personnes pour s’occuper du bas-fond. Cette explosion du mouvement associatif dans toute la communauté résulte du succès des opérations qui a prouvé aux habitants leur capacité à réaliser des ouvrages".

Problèmes rencontrés.

Les actions-tests (passerelles, bas-fond, sources), bien appropriées par la population, restent limitées faute de moyens. Les négociations avec certains partenaires institutionels incontournables ont été serrées. L’aboutissement de certaines actions (bornes-fontaines, ramassage des ordures...)a été ralenti par l’immobilisme des services techniques centraux. Cependant, face au poids des événements, les institutions ont dû céder et se montrent plus ouvertes à une collaboration à des actions soutenues par les populations".

Leçons à tirer de l’expérience.

"Pour relancer la ’machinerie sociale’ dans des quartiers comme N’Konldongo, il faut avant tout s’attacher à répondre à la demande des populations, les aider à surmonter leur résignation à l’égard des services d’Etat, les convaincre de leur propre capacité à entreprendre. Ce genre de projet exige la mobilisation d’opérateurs spécialisés sur le terrain. Créer des lieux de médiation entre les différents partenaires (communes, services techniques nationaux)et permettre aux représentants des quartiers défavorisés de se faire écouter est indispensable".

Mots-clés

habitat populaire, eau potable, déchet urbain, participation populaire, aménagement urbain, développement urbain, association, travail communautaire, organisation communautaire, financement du logement


, Cameroun, Yaoundé

Commentaire

Contact : Isabelle de Boismenu, architecte-paysagiste, GRET, 213 rue La Fayette, 75010 Paris (France). Tél.(1)40 35 13 14. Fax (1)40 35 08 39.

Notes

Rédigé à partir d’une fiche, largement citée, parue dans : L’eau et la santé dans les quartiers urbains défavorisés, Paris, GRET, 1994.

Source

Livre

GRET, 1994/05 (France)

Développement et Civilisations - Centre international Lebret-Irfed - 49 rue de la Glacière, 75013 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 47 07 10 07 - France - www.lebret-irfed.org - contact (@) lebret-irfed.org

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