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Le bois de l’étang à la Verrière (Yvelines)

Paul DALMAS ALFONSI

12 / 1993

Située le long de la route nationale 10 et incluse dans la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, la commune de La Verrière compte 6300 habitants, parmi lesquels 35% d’immigrés. La population est modeste. Le parc est constitué aux 3/4 de logements sociaux. Il s’agissait, à l’origine, d’un territoire très réduit -60 ha jusqu’en 1925- progressivement agrandi par la réalisation d’une cité-jardin dans les années 30, puis la construction d’ensembles tels que celui du Bois de l’Etang (début des années 70), édifié sur un terrain produit d’un échange avec la commune voisine d’Elancourt. Représentant la moitié de la population de La Verrière, il a été l’objet d’une réhabilitation récente. 616 appartements et un important foyer de 500 chambres géré par la SONACOTRA : les bâtiments, concentrés et très hauts (de 10 à 14 étages), sont pris entre routes et voies ferrées, non loin d’une ligne haute tension et d’un oléoduc... Le peuplement initial : 55% attribués par la préfecture qui entendait résoudre des problèmes de résorption d’habitat insalubre et, aussi, 25% par la Régie Renault. Les équipements sont totalement absents.

- 1974 : le préfet réunit l’ensemble des partenaires; on prend les premières mesures. La commune interviendra beaucoup, et de plus en plus : écoles et gymnase, d’abord. On se demande ensuite comment intégrer ce quartier à la ville : en modifiant le site de la mairie, en créant un centre de loisirs pour toute la commune, en édifiant une maison de quartier. En 1984, on s’engage, parallèlement, dans l’action Banlieue 89. Une dizaine d’objectifs : aménagement urbain, réduction du foyer SONACOTRA, réhabilitation (avec cette conscience que, pour les résidents, l’opération est plus globale et doit se situer au-delà du bâti, car il y a attente de sociabilité, malaisée à obtenir)...En 1989, l’Etat propose à la commune de participer au programme Développement Social des Quartiers (DSQ). Il s’agira ici d’une action de Développement Social Urbain (DSU): le périmètre retenu n’est plus strictement le quartier mais la ville elle-même. Le programme est contractualisé après la tenue, sur 9 mois, de plusieurs dizaines de rencontres entre les partenaires. Alors que le dossier Banlieue 89, monté sans grande concertation, fonctionne mal ("le problème n’est pas d’octroyer mais de construire avec les jeunes, avec les locataires"), on rencontre ici un projet longuement mûri et opérationnel dès signature de la convention. S’impose la nécessité d’étendre la représentativité des habitants et d’obtenir plus de synergie entre les intervenants. Le contingent municipal d’attribution s’accroît notablement, permettant d’envisager le logement de tous les descendants issus de La Verrière, quelle que soit leur origine.

Une vingtaine de personnes interviennent en permanence, aidant les associations à élargir leur audience; la collaboration est étroite avec les élus (objectif : stabiliser les équilibres de peuplement actuels avant de chercher à les modifier). Après un long temps d’abandon, le divorce est net entre le bailleur et les habitants. Découvrant le projet de réhabilitation, ceux-ci ont d’abord l’impression d’un fait accompli. Au fil des réunions, une entente se dégage. D’un refus initial de toute hausse de quittance, on en vient au principe d’augmentations limitées. La satisfaction naît de travaux bien exécutés, mêm s’ils occasionnent une forte gêne en cours de réalisation. "La cité commence à ressembler à une résidence", entend-on. On se pose ensemble, désormais, les questions de la conservation et de l’intervention en cas de "casse" ("il faut tout de suite réparer"). Cela suppose le principe d’un renforcement du gardiennage mais aussi celui d’un maintien des interlocuteurs, élément essentiel de suivi dans la motivation. Le bailleur (SA HLM 3 Vallées)a fait montre de son expérience avec sa gestion décentralisée et son chargé de mission pour l’insertion par l’économique. Elle a supervisé le décor des halls par les enfants des bâtiments concernés, sponsorisé une équipe de football, engagé des débats pour une régie de quartier.

Mots-clés

logement, logement social, réhabilitation de l’habitat, peuplement, partenariat


, France, Yvelines, La Verrière

Commentaire

Malgré l’investissement des habitants, il faut s’interroger sur la perennisation des actions. Il y a risque que tout s’arrête après la réhabilitation ou en fin de convention DSU (son rôle n’est pas d’accompagner éternellement les résidents). Il faut donc savoir travailler à changer les esprits et comportements, trouver des interlocuteurs qui durent. A l’origine, ici, il n’y avait pas d’amicales de locataires. Il faut désormais la seconder dans son élan, sans se substituer à elle. Un projet longuement mûri et bien exécuté, s’inscrivant dans l’histoire du quartier. Une option claire en matière de peuplement : stabiliser les équilibres. Le problème est maintenant d’assurer la perennisation des actions.

Notes

Cette fiche a été réalisée dans le cadre de l’évaluation de la politique de réhabilitation du logement social, animée par la Direction de l’Habitat et de la Construction du Ministère de l’Equipement, du Logement et des Transports, Arche de la Défense, Paroi Sud, 92055 Paris-La Défense Cedex 04.

Source

Littérature grise

DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L'EQUIPEMENT DES YVELINES (DDE 78); GROUPE LOCAL D'EVALUATION DE LA REHABILITATION DES YVELINES (France)

CEDIDELP (Centre de Documentation Internationale pour le Développement les Libertés et la Paix) - 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 40 09 15 81 - France - www.ritimo.org/cedidelp - cedidelp (@) ritimo.org

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