
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
Le neuvième congrès mondial sur l’air pur s’est tenu à Montréal en septembre 1992. Il a réuni 400 scientifiques venant de 40 pays.
Gilles Baudet, astrophysicien à l’Université de Montréal, a affirmé que "l’espoir pour l’avenir de la planète trouvera sa réponse dans le développement durable et l’éducation sous toutes ses formes. Cela prendra du temps mais c’est l’héritage qu’il faut lèguer à nos descendants". C’est au cours de la séance pleinière consacrée à la "Prévention de la pollution et son rôle dans le développement durable" que Gilles Baudet a fait cette déclaration. L’astrophysicien a fait un vibrant plaidoyer en faveur de l’énergie solaire considérée comme le "parent pauvre" des ressources énergétiques. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une forme d’énergie inépuisable et accessible à tous. Apprivoiser cette énergie solaire nécessitera des investissements considérables mais, dit Gilles Baudet, "il faudra nécessairement passer par là", d’autant que, à plus long terme, ce sera moins coûteux. Détail intéressant: le vice-président environnement, santé et sécurité de la multinationale de la chimie Dow chemical Cy a estimé de son côté qu’il faut encourager la recherche dans le domaine de l’énergie solaire. Il pense que la technologie sera la planche de salut pour y arriver mais "il faudra en même temps modifier la politique et les échelles de valeur".
Pour d’autres participants, l’énergie thermonucléaire est une solution mais seulement de "rechange".
Autre thème débattu: "les nouvelles générations vont être plus éveillées que la nôtre". Les gens se sentent responsables et le professeur coréen Sang-Gon-Lee affirme qu’il faut encourager les valeurs de citoyenneté et non pas de consommation. Le congrès a aussi débattu de la démographie, de l’urgence à y réfléchir et à trouver des solutions: la terre aurait onze milliards d’habitants à la fin du siècle. Opinion des participants: il faut augmenter le niveau de vie du Sud.
Y. Menuhin rêve de "déserts couverts de centrales solaires qui produiraient de l’électricité en abondance et feraient oublier le pétrole, polluant, objet de litiges sans fin, cause de guerres cruelles". Encore un congrès axé sur les solutions technologiques! Qui ne réussissent pas toujours à l’Afrique comme le prouve la centrale solaire installée dans un méandre du fleuve Niger au Mali et qui n’a jamais fonctionné faute d’énergie pour pomper l’eau du fleuve, donnant un nouvel "éléphant blanc" à l’Afrique. Nul n’a mis en exergue le fait que l’énergie solaire est aujourd’hui non compétitive du fait du prix du pétrole, trop bas. On voit l’absurdité de ce paradoxe: le pétrole, polluant et contribuant à l’effet de serre, empêche le développement d’une énergie qui permettrait précisément de contribuer à sauver la biosynthèse. Mais soyons réalistes: pour réaliser les panneaux solaires et les semi-conducteurs nécessaires à l’énergie solaire, il faudra minerais et solvants, formes de pollution plus faciles à contrôler cependant.
Articles et dossiers
LAMON, Georges in. LA PRESSE DE MONTREAL, 1992/09/03 (Canada)
