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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les chantiers ruraux de jeunes à Rio de Janeiro - 2

Pierre KREMER

09 / 1994

2. EVALUATION ET MISE-EN-PERSPECTIVE

EVALUATION DES RESULTATS : L’évaluation en termes académiques est réalisée par le lycée agricole, tandis que de façon plus générale, l’association suit les "itinéraires de vie" des anciens des chantiers, selon certains indicateurs (poursuite des études, perfectionnement sur les relations internationales, mobilité, engagement militant). Les résultats en termes académiques sont jugés satisfaisants puisqu’un "module d’initiative locale" de 40 h sur l’économie des pays en voie de développement à travers l’exemple du Brésil est reconduit chaque année au niveau du BTS. Les anciens du chantier et des invités brésiliens participent par ailleurs à des sessions intégrées dans la scolarité aux autres niveaux. Même si les bases de comparaison relatives à la population générale des anciens élèves de lycée agricole manquent, quelques faits notables se dégagent : les anciens du chantier occupent des postes professionnels caractéristiques de leur formation; ils y introduisent une dimension relations internationales (pas seulement en direction des PVD)originale dans leur fonction; ils poursuivent leurs études plus volontiers que la moyenne, dans deux directions : agronomie tropicale et commerce international; un nombre significatif d’entre eux prolonge son expérience en qualité de coopérant ou d’objecteur de conscience dans des associations de solidarité internationale ou de protection de l’environnement.

NATURE DES DIFFICULTES : Une grande difficulté est la "volatilité" de ce public jeune, plus mobile que la moyenne, qu’il est parfois difficile de suivre à la trace. De même, la continuité de l’action repose sur les seuls acteurs qui restent en place, à savoir les professeurs et les ONG. La difficulté pressentie entre une structure régie par l’arsenal des règles administratives et des associations plus souples n’est pas déterminante. une difficulté inattendue au départ mais très contraignante est le peu d’intérêt soulevé auprès des partenaires institutionnels (ministère de l’agriculture mis à part)qui ont du mal à s’engager dans des actions ailleurs qu’en Afrique d’une part, et d’autre part à intégrer que l’on puisse travailler sur l’agriculture à Rio. Enfin, les limites du bénévolat sont un frein classique.

CONDITIONS DE REUSSITE : Une condition déterminante tient à l’intégration de l’éducation au développement comme dimension de formation à part entière (troisième mission de l’enseignement agricole)par le lycée agricole. D’autre part, des affinités personnelles et la situation professionnelle des responsables d’ONG facilitent le travail en confiance entre établissement scolaire et ONG. Le contact poursuivi avec les anciens du chantier permet d’apporter le preuve vivante que partir au Brésil c’est possible et pas si compliqué que ça.

ENSEIGNEMENTS : Cette expérience semble contribuer bien plus à la formation de citoyens qu’à celle de militants tiers-mondistes. Elle a offert à des jeunes, issue d’un milieu rural souvent modeste, l’opportunité d’une ouverture sur le monde, d’une confrontation inhabituelle avec des agriculteurs d’une autre culture. De cette expérience, les jeunes inventent des formules conciliant leur ancrage dans le monde d’aujourd’hui et leurs exigences éthiques.

CONSEILS : Dans l’association peu habituelle d’un établissement d’enseignement (lycée agricole de Laval)et d’une ONG (AMAR), il paraît important de bien cerner les limites du rôle de chacun. Le lycée doit rester dans ses attributions de formateur, alors que l’ONG peut apporter la plus-value d’une convivialité indispensable à la pérennité d’un projet. Un week-end de préparation ou de bilan doit avant tout être un moment où l’on s’amuse, où l’on a plaisir à se rencontrer. Inspirons-nous pour cela de nos partenaires du Tiers-Monde.

Mots-clés

jeune, coopération Nord Sud, éducation au développement, interdépendance culturelle


, France, Brésil

Commentaire

Fiche réalisée sur la base du retour-questionnaire envoyé par le Bureau Coopération Internationale du Ministère de l’Agriculture.

Source

Enquête

BUREAU COOPERATION INTERNATIONALE DU MINISTERE DE L'AGRICULTURE (France)

CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) - 4 rue Jean Lantier, 75001 Paris, FRANCE - Tel 44 82 80 00 - Fax 01 44 82 81 43 - France - www.ccfd.asso.fr - webmaster (@) ccfd.asso.fr

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