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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Un réseau radiophonique associatif permet aux aborigènes australiens de prendre la parole

Louise BOIVIN

11 / 1994

Il y a un peu plus de dix ans, un groupe de personnes se réunissait a Alice Springs, ville touristique du centre de l’Australie, afin de produire des émissions de radio pour les aborigènes. L’Association des médias aborigènes du centre de l’Australie (Central Australian Aboriginal Media Association)prenait son envol.

Aujourd’hui, avec un réseau radiophonique (8 KIN), un studio d’enregistrement pour les groupes musicaux aborigènes, une station de télévision, des services de diffusion par satellite et par ondes courtes afin de rendre ses services accessibles dans un territoire aussi grand que l’EUROPE OCCIDENTALE, CAAMA fait figure de géant de la communication aborigène.

«Le rôle central que joue la radio résulte en partie de l’histoire de notre organisation. Après tout, c’est comme ça que le CAAMA a débuté. Malgré la croissance rapide d’autres secteurs, la radio a conservé son influence et son statut, en raison de l’importance de la tradition orale dans la société aborigène. La radio présente de grands avantages, comparativement à d’autres médias, parce qu’elle est accessible à l’auditoire de CAAMA, qui comprend un grand nombre de bushmen et d’habitants des «camps urbains».

«La radio du CAAMA, c’est ma famille», dit Barbara Richards, l’une des productrices radiophoniques. Plus de 200 lettres et coups de fil, provenant de communautés isolées, aussi bien que des villes, sont reçus à chaque semaine. «Des demandes nous arrivent de partout. Nous demandons toujours aux gens de nous faire parvenir des informations par téléphone, de façon à ce que nous puissions les diffuser par radio».

Les émissions diffusées par CAAMA sont produites localement, à l’exception d’une demi-heure quotienne d’informations nationales. Par le biais des émissions musicales, où les enregistrements de plus en plus nombreux des groupes de musiciens aborigènes occupent une place prépondérante, des sujets comme la toxicomanie, les litigieuses questions de propriété des terres, ainsi que le mécontentement ressenti par une population de plus en plus marginalisée, sont abordés. Des documentaires et des émissions spécialisées, notamment des émissions pour enfants, ont remporté des prix en Australie ou lors de concours internationaux. Il existe aujourd’hui une centaine d’organisations de communication aborigène en Australie, produisant une centaine d’heures d’émissions par semaine dans neuf langues différentes. Deux figures clé de la CAAMA, Freda Glynn et Philip Batty, recevaient il y a quelques mois le prix McLuhan Téléglobe Canada, administré par la Commission canadienne de l’UNESCO et remis à des personnes qui se sont distinguées par leur apport particulier à la compréhension de l’influence des médias et des technologies de communication sur la société.

Mots-clés

radio communautaire, communication, radio, minorité nationale


, Australie

Source

Articles et dossiers ; Entretien

FOY, Evelyne, AMARC=ASSOCIATION MONDIALE DES RADIODIFFUSEURS COMMUNAUTAIRES, AMARC in. INTERADIO, 1994/01 (CANADA), Vol.6 No2

AMARC (Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires) - Sécrétariat international : 705 rue Bourget, bureau 100, Montréal, Québec, CANADA, H4C 2M6 - Tél : + 1-514 982-0351 - Fax : + 1-514 849-7129 - Canada - www.amarc.org - secretariat (@) si.amarc.org

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